Revenge Porn : une nouvelle affaire sur fond d’images retouchées

Le Revenge Porn fait des centaines de victimes chaque année et les dispositions prises par nos gouvernements ne semblent pas enrayer le phénomène. Preuve en est, une nouvelle affaire de ce type a éclaté au Royaume-Uni. Cette fois cependant, la situation est un peu particulière, car la plupart des images partagées ont été retouchées avant d’être publiées.

Le phénomène n’est pas nouveau. Cette tendance est en effet née dans les années 80 avec une rubrique mensuelle publiée dans le magazine Hustler.

Revenge Porn

Toutefois, il a fallu attendre les années 2000 et la démocratisation d’Internet pour qu’elle se retrouve sous les feux des projecteurs.

Le Revenge Porn fait des centaines de victimes chaque année

Hunter Moore a en effet été un des premiers à lancer une plateforme dédiée spécialement à la chose : Is Anyone Up. Grâce à elle, les internautes avaient la possibilité de partager de leur propre chef des photos pornographiques amateurs en indiquant le nom ou même l’adresse des personnes apparaissant dessus.

Fort heureusement, les autorités ont été assez promptes à réagir et elles ont ainsi fait fermer le site quelques mois plus tard. Son créateur a pour sa part dû répondre de ses actes devant un juge et il a été condamné à plus de deux ans de prison dans la foulée.

Cette fois cependant, la situation est un peu différente.

Oliver Whiting, un Britannique âgé de trente-sept ans, s’est en effet amusé pendant plusieurs semaines à récupérer des photos de femmes partagées sur Facebook et à les publier ensuite sur un site pornographique dont le nom n’a pas été communiqué par les autorités.

Ces fameuses photos s’accompagnaient toutes de commentaires très grossiers. Parfois, l’homme lançait même des appels au viol. Il avait notamment posté des photos de sa demi-sœur Charley sur ce site, des photos prises alors que cette dernière avait seulement 16 ans. Elles s’accompagnaient d’un message court demandant aux internautes combien ils paieraient pour la violer.

Dans certains cas, il arrivait également que l’homme retouche les photos afin de greffer le visage de ses victimes sur des corps d’actrices pornos.

Il récupérait les photos sur Facebook

Pendant huit mois, Whiting a publié 1 162 messages ou photos sur ce site. Les victimes ont bien évidemment fini par se rendre compte de ses actes et elles ont décidé de le poursuivre devant la justice. L’homme a été condamné à une peine de prison de six mois avec sursis et à une obligation de suivre un programme de réadaptation des délinquants sexuels.

Les autorités britanniques ont tenté de leur côté de faire pression sur le site sur lequel ont été partagées ces photos. Sans succès, malheureusement, car ce dernier est hébergé aux États-Unis.

Pire, ses patrons ont demandé 50 $ aux victimes pour chaque image qu’elles souhaitaient voir disparaître.

Ces photos sont donc toujours en ligne à l’heure actuelle. Les victimes sont totalement désemparées et elles ne savent pas quoi faire pour faire retirer ces images, des images qui les présentent parfois en compagnie de leurs proches… ou de leurs enfants.

Whiting, de son côté, a présenté ses excuses à ses victimes. Son avocate a expliqué que l’homme avait publié ces contenus au cours d’une « mauvaise période » de sa vie, alors qu’il était au chômage et qu’il faisait face à une dépression. Elle a également indiqué qu’il pensait très sérieusement à mettre fin à ses jours et qu’il ne quittait désormais plus son domicile.