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Rooter son smartphone ou sa tablette Android : généralités, explications, exemples

Rooter son appareil est, pour certains, le premier réflexe après l’acquisition d’un nouveau smartphone ou tablette. Pour d’autres, cela représente la meilleure manière d’avoir des soucis au moment de faire jouer la garantie et j’imagine que pour une certaine partie des utilisateurs d’Android, le mot root s’arrête à sa traduction anglaise et ignorent qu’ils pourraient augmenter les possibilités de leur appareil.

Cet article n’a pas pour but d’inciter les plus réticents à changer d’avis. Je me contenterai d’une petite prose informative qui n’a qu’un seul objectif : le partage de connaissances.

Rooter son smartphone ou sa tablette Android

Rooter son terminal Android, c’est facile et ça peut être très utiles. Crédits Photo : ilustrator.deviantart.com

Rooter son appareil ça veut dire quoi ?

A moins que vous ayez migré dans une cave depuis quelques années, vous avez certainement entendu parler du jailbreak sur Iphone. Cette méthode qui consiste à faire sauter les verrous mis en place par Apple pour sécuriser ses appareils est particulièrement appréciée. Le root, bien que plus poussé, est dans le même esprit.

Pourquoi plus poussé ?

Un appareil sous Android non rooté permet, de par ses spécificités, tout ce qu’un appareil sous iOS pourrait offrire une fois le jailbreak appliqué. Il est donc logique que le root apporte une dimension supplémentaire.

Oui mais à quoi ça sert ?

Bonne question. On pense éventuellement que le root permet d’utiliser des applications crackées et que forcément, c’est pour les pirates en herbe voulant accéder au catalogue de Google Play gratuitement. Et bien ce qui pourrait être une des raisons du jailbreak ne l’est certainement pas pour le root. Comme vous le savez peut-être, sur Android nul n’a besoin de quoi que ce soit pour installer des applications crackées. Il suffit de se rendre dans les paramètres du téléphone (non rooté) et de cocher la case « sources inconnues » pour que n’importe quelle app puisse être installée et ce, peu importe d’où elle vient.

Ne nous égarons pas et revenons au concret. En rootant votre appareil, vous vous autorisez à modifier le coeur de votre système. Toujours à titre comparatif, en jailbreakant un iphone, cela ne permet pas de faire sauter le verrou opérateur et il en est de même pour iOS qui restera identique quelque soit les applications que vous installerez. Sur Android c’est très différent et tout ce que vous désirez modifier, peut l’être.

Donc si ça ne sert pas à installer des applications crackées, quel est le but de la manoeuvre ?

Cela peut commencer par faire sauter le SIM lock (très facile), mais peut être bien plus drastique en installant également des versions de l’os Android modifié et plus connues sous le nom de « ROM » (moins facile pour un néophyte mais rien d’insurmontable non plus).

Entre ces deux « extrêmes » se trouve une multitude de chose bien moins barbares et bien moins compliquées à mettre en oeuvre.

Prenons un exemple tout simple. J’imagine qu’aucun d’entre vous n’apprécie de voir son petit écran (meme avec 5.5 pouces, un smartphone a un petit écran) rempli de publicités en tout genre à l’ouverture d’une page web.

Peut être que d’autres se passeraient volontiers de certaines applications venant d’office avec leur téléphone.

J’aurais du mal à croire ceux qui prétendent ne pas vouloir plus d’autonomie.

Et bien le root permet, via des applications disponibles sur Google Play, de répondre à ces problèmes.

En voici quelques exemples mais la liste est bien plus grande :

AdAway (gratuit) permet, comme son nom le suggère, d’en venir à bout des publicités sur votre appareil. On parle bien de l’appareil dans son ensemble et pas seulement des pages internet. Il est, pour plusieurs raisons, mon préféré mais il en existe d’autres tout aussi efficaces. Celui-ci est d’un design sobre, traduit en français ce qui n’est pas une généralité chez les concurrents et de plus, son développeur est du genre très calé dans ce qu’il fait.

Files Manager (gratuit mais version sans… pubs… payante) est un explorateur de fichiers venant remplacer avantageusement celui fourni par le fabricant. Il offre la possibilité d’accéder aux fichiers système, de les modifier, de les supprimer et même d’en rajouter. Il a beaucoup de concurrents, certains sont excellents comme Root Explorer (payant) par exemple, mais pour le moment c’est celui qui a ma préférence. Il est disponible pour les smartphones et pour les tablettes.

BetterBatteryStats (payant sur Google Play mais le développeur l’offre gratuitement sur XDA) ne prétend pas avoir de supers pouvoirs permettant à votre smartphone de doubler son autonomie en deux coups de cuillère à pot. Il se contente de vous informer sur l’utilisation de la batterie par les diverses applications et services se trouvant sur votre appareil. Cela peut paraître bête comme ça mais grâce à lui on peut identifier les sources énergivores et corriger les problèmes.

Titanium Backup (gratuit mais version pro payante) best seller dont je vous est déjà parlé dans mon précédent article, gagne en possibilités grâce au root. Cela vous permettra par exemple de « congeler » certaines applications système non désirables au lieu de les supprimer. L’avantage est que c’est réversible facilement via l’application contrairement à la suppression manuelle via File Manager.

USB sharer (payant) vient quant à lui redonner à Android ce qu’il a perdu au fil du temps : l’UMS pour universal mass storage. Jusqu’à il n’y pas très longtemps, un appareil sous Android était reconnu comme un disque dur ou une clé USB. Il suffisait de le brancher à n’importe quel ordinateur et un nouveau périphérique doté d’une lettre apparaissait dans l’explorateur (ou le finder sur Mac) . Cela permettait de ne pas se poser de questions quant à la bécane à laquelle on le connectait mais surtout quant à quels types de fichiers nous voulions transférer. Aujourd’hui la norme MTP (media transfet protocol) est venu compliquer certaines choses mais grace à cette app, vous pourrez avoir le meilleur des deux mondes.

Au sujet du déblocage opérateur, plusieurs applications existent sur Google Play mais sont spécifiques à chaque marque. Une petite recherche sur le store vous permettra sûrement de trouver votre bonheur.

Bon c’est bien tout ça mais on fait comment pour rooter son appareil ?

Contrairement au monde de la pomme, dans la sphère Android chaque appareil est différent et nécessite des fichiers spécifiques. Toutefois, dans les grandes lignes, la plupart ont le même procédé.

On utilise un logiciel nommé ODIN sur son ordinateur, on branche son appareil qu’on aura mis en mode download au préalable, puis grâce à ODIN, on « injecte » les fichiers spécifiques à l’appareil.

Pour trouver le nécessaire à l’opération, une recherche Google avec les mots « root » + « marque de votre appareil » + « modèle de votre appareil » vous fera certainement tomber sur des forums ou sites spécialisés traitant plus en détails la marche à suivre.

Vu le succès des hauts de gamme Samsung en 2012 et étant donné que la procédure de root de ces modèles est la plus enfantine jamais vue, je vais vous épargner la recherche Google :

  • Rendez vous sur le forum XDA à cette adresse.
  • Téléchargez l’application ExynosAbuse.
  • Installez là puis ouvrez la.
  • Cliquez sur le bouton and « boom… it works !  » (petit clin d’oeil que beaucoup comprendront).

Magique et bluffant de simplicité, cette exception est due au cafouillage de Samsung (et aux talents de Chainfire, développeur bien connu dans le monde Android) avec ses processeurs Exynos et ne fonctionne qu’avec le S2, S3, Note 2 et Note 10.1.

Et si je ne veux plus de root ?

Et bien la procédure est plutôt simple. Il suffit d’utiliser l’application SuperSu qui aura été installée durant la procédure de root. Elle permet, via ses options de supprimer toute trace de root sur votre appareil.

Mais les « ROMS » modifiée alors ça sert à quoi ?

Vaste question. Etant donné les possibilités de modifier Android, une « ROM » peut être très proche de celle fournie d’origine tout comme elle peut en être presque à l’opposé. Un développeur peut modifier, rajouter ou enlever certaines fonctions, changer des aspects cosmétiques puis recompiler le tout et la mettre à disposition du public. D’autres décident de changer drastiquement le système, en général c’est le travail de plusieurs personnes telles que les team CyanogenMod ou AOKP, et on pourrait dire que ce n’est presque plus le même téléphone à l’arrivée.

A chacun ses préférences, de mon côté aillant utilisé durant un certain temps les « roms » CyanogenMod, je ne peux en dire que du bien mais dorénavant mon choix se porte sur des modifications plus modestes.

Toujours dans le même esprit mais permettant de ne modifier que ce que l’on veut précisément, on trouve en parallèle des « roms », ce que l’on appelle des mods.

Ces fichiers ne remplaceront pas l’ensemble du système d’exploitation mais seulement une partie de celui ci. Cela peut être la fonction d’un bouton ou la manière dont une tache sera lancée. Il en existe tout un tas et seul le talent ou l’imagination de celui qui le crée peut en limiter sa portée.

Dans la même catégorie, on trouve les thèmes. Cette série de fichiers permet de changer l’aspect de votre appareil. En général, un thème ne modifie ou n’apporte pas de fonctions, il se contente de refaire la déco selon la vision de son créateur.

Roms, thèmes, mods, vous avez d’autres termes barbares que je devrais connaître ?

Hélas pour les néophytes, quelques aspects plutôt techniques peuvent encore être modifiés et d’un premier abord, cela ne semble pas familier.

Mais rien d’incompréhensible non plus, rassurez vous.

Nous avons vu ce que les « roms », mods et thèmes pouvaient modifier. Si on voulait imager tout ça et comparer cela à une voiture, ou pourrait dire que les trois catégories citées seraient, le chassis, la carrosserie et le tableau de bord (dans l’ordre qui vous plaît).

Évidemment, pour qu’une voiture avance, il faut un moteur et surtout de quoi le contrôler.

C’est ce que fait le kernel (ou noyau). Derrière ce nom peu sexy, se cache ce qui contrôle les organes de votre appareil.

Ok merci pour l’information mais concrètement je fais quoi avec ça ?

Imaginons que votre appareil soit un peu faiblard et vous le fait sentir à chaque utilisation. Et bien via le kernel, on peut lui mettre quelques coups de fouet pour améliorer son « assiduité ».

Mouai bof, mon appareil est un monstre de puissance et je ne sais même pas quoi en faire.

Et bien pourquoi ne pas justement baisser sa cadence pour augmenter son autonomie ?

Donc votre truc c’est juste pour le processeur ?

Même si le kernel est ce qui gère tout votre système, les réglages accessibles à l’utilisateur sont essentiellement axés sur le processeur mais une fois de plus, les possibilités dépendent beaucoup des développeurs. La partie graphique peut être incluse dans la liste des paramètres modifiable avec les mêmes avantages que pour le processeur. La partie son est parfois très bien prise en compte et offre des possibilités intéressantes. Il en est de même pour l’affichage, la mémoire et quelques autres.

Et tous vos trucs ça s’installe comme une application ?

Malheureusement, non. Il vous faudra passer par le recovery.

Le reco quoi ? C’est quoi ça encore ?

Le recovery (ou CWM mais encore clockwork mod pour les intimes) est une sorte de second système d’exploitation auquel on peut accéder sur « un principe de dual boot ». Une fois installé, vous pourrez redémarrer votre téléphone ou tablette en « mode recovery » et pourrez procéder à toute sorte de tâches. Cela va d’un backup des fichiers système, au remplacement complet de ce dernier. Entre deux se trouvent l’installation de vos mods, thèmes, etc.

Et comment on installe ce recovery ?

Généralement, durant la procédure de root, l’utilitaire ODIN, via votre ordinateur, l’installe directement. Pour les utilisateurs de Samsung ayant utilisé la méthode simplifiée que j’ai donné plus haut, il vous faudra passer par ODIN si vous souhaitez avoir un recovery sur votre appareil.

A noter que Mobile ODIN existe et qu’il vous permet de faire ce que fait sa version PC. Toutefois, pour l’utiliser, votre appareil doit être rooté au préalable donc si c’est pout une première installation, seuls les utilisateurs d’appareils Samsung pourront se passer complètement d’un ordinateur.

J’ai bien compris ce que vous m’avez expliqué mais en cherchant à installer une « ROM » je suis encore tombé sur des termes de science-fiction. ODEX, DEODEX ou ZIPALIGNED. Kezako ?

Dans un soucis d’optimisation, Android utilise un système de gestion de fichiers nommés ODEX. Les applications peuvent dont créer un petit fichier contenant certaines informations qui seront lues en priorité et permettant de faire démarrer l’application plus rapidement.

Ce système, bien que performant, rend certaines modifications telles que le thème plus pénibles. De ce fait, la plupart des développeurs de « ROMS », dé-ODEX-ent leur création afin de se simplifier la tache et permettre par la même occasion de les modifier par des thèmes ou toute autre chose plus facilement.

L’optimisation perdue doit donc être rattrapée d’une manière ou d’une autre et c’est là que les développeurs utilisent leur joker. En « zipalignant » leur « rom », celle ci effectuera une optimisation des applications au démarrage et permettra dans la pratique d’être même plus efficace que le système ODEX. Tout ceci étant presque anecdotique car en réalité, l’utilisateur ne sentira pas de différence entre les deux.

Bon j’ai mal à la tête, c’est fini votre histoire ?

Oui, reposez vous, vous l’avez bien mérité.

* J’ai toujours utilisé le mot rom entre guillemets car une « rom » comme étant utilisé dans le monde Android n’est pas une rom à proprement parlé. Une rom étant du hardware et non du software.

** Des mods dans leur généralité peuvent parfois se présenter sous forme de frameworks, de hacks, tweaks, etc. Au final ce sont tous des plus ou moins gros bouts de code qui ne modifient qu’une partie ciblée du système.

*** Pour le recovery, j’ai parlé du CWM mais il a un « concurrent » nommé TWRP (TeamWin Recovery Projects). Les fonctions sont similaires et comme toujours, à chacun d’utiliser son préféré. CWM est plus répandu et accessoirement c’est celui que j’utilise.

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José

Jo Co, geek depuis les années 80 et fan d'Android dès les premières versions. Il passe son temps à instruire (fatiguer) ses amis non geek pour leur plus grand bonheur... Accessoirement, il est aussi entrepreneur dans le domaine du multimédia et vous pouvez même le retrouver sur Facebook.