Russie : des scientifiques veulent restaurer les steppes de l’époque glaciaire en Sibérie

Il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, saviez-vous que la Sibérie était recouverte de prairies verdoyantes où vivaient plusieurs espèces herbivores géantes aujourd’hui éteintes telles que les mammouths ? Les steppes ont disparu progressivement vers la fin de l’époque de Pléistocène, soit il y a environ 2,6 millions à 11 700 ans de cela.

Des scientifiques russes se sont mis en tête de restaurer les steppes en question. Dans une étude présentée le 12 décembre 2018, lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union (AGU), les chercheurs ont dévoilé plusieurs détails concernant leur projet de créer un « parc du Pléistocène » dans le nord de la Sibérie.

L’ultime objectif est de contribuer à trouver une solution pratique et efficace pour freiner le réchauffement climatique ainsi que la fonte des glaces dans l’Arctique.

Pléistocène Park : le retour des steppes en Sibérie

Le parc existe déjà. Dans un entretien avec Live Science, Nikita Zimov, chercheuse à l’Institut de géographie du Pacifique de l’Académie des sciences de Russie et directrice du Pléistocène Park, explique que sa création remonte à une trentaine d’années.

Aujourd’hui, les steppes s’étendent sur une surface de 16 km². Sur le site web du parc, on peut voir que le site abrite de nombreuses espèces d’herbivores (rennes, bisons, chevaux…) dont les premiers spécimens ont été amenés au parc vers 1988 par Zimov et son équipe.

Malgré ses avancées encourageantes, le groupe est loin d’en avoir fini avec le projet.

Lutter contre le changement climatique

Zimov insiste bien sur le fait que Pléistocène Park n’est pas une attraction. La scientifique explique que le projet a été mis en place dans le but d’étudier l’effet positif des steppes sur le réchauffement climatique.

Zimov et ses collègues ont découvert que le sol retient mieux le carbone lorsqu’il est recouvert d’herbes hautes et d’arbustes que de forêts.

Seulement, la présence des steppes ne suffit pas. Les experts sont parvenus à cette conclusion après avoir étudié des échantillons de sol prélevé dans le parc. Résultat : les spécialistes ont découvert que la concentration de carbone dans le sol est beaucoup plus élevée dans les zones où des animaux vivent et paissent depuis une vingtaine d’années.