Sainte-Hélène et son étrange aéroport

Sainte-Hélène est une petite île britannique isolée en plein Océan Atlantique. Malgré la récente construction d’un aéroport, vous ne pourrez pas y atterrir à cause des conditions météorologiques trop dangereuses.

Sainte-Hélène se situe en plein Atlantique, à 1900 kilomètres au large de l’Afrique, et à plus de 3200 kilomètres de Recife, ville du Brésil. Elle mesure seulement 122 kilomètres carrés, et plus de 4000 personnes y vivent en autarcie.

La particularité de cette île minuscule réside donc dans son isolement exceptionnel, mais également dans sa riche histoire. En effet, elle est surtout connue mondialement grâce à Napoléon, qui y a été envoyé en exil par les Anglais en 1815. Il y mourut le 5 mai 1821.

Un endroit isolé, loin du monde

Pour rejoindre l’île, seule la voie maritime est empruntée. À moins d’être un navigateur invétéré, il vous faudra monter à bord du RMS St. Helena, unique navire à se rendre à Sainte-Hélène. Construit en 1990, il mesure 105 mètres de long et peut accueillir 128 passagers pour une croisière atypique au départ de Cape Town (Afrique du Sud). Il embarque également du fret puisque c’est l’unique bateau qui ravitaille l’île, quelques fois par mois. L’île au littoral abrupte n’a pas de port, le navire est obligé de rester au mouillage.

Le RMS St Helena, encore en service en attendant l’ouverture de l’aéroport  Crédits image

L’île volcanique possède des paysages hors normes, entre espaces rocheux et forêts sauvages. Ils donnent à l’île un aspect inhospitalier, entre effroi et mystère.

La principale ville de l’île est Jamestown. Grosse particularité : la ville est étendue en longueur entre deux pentes (très) raides, qu’il est possible de gravir par des marches qui doivent offrir une belle sensation de vertige. Elle aussi comprend un style coloré atypique, où le temps semble s’être arrêté à travers des architectures insolites.

Un escalier flippant ! Crédits image

Cet aéroport à risque va t-il être mis en service ?

L’aéroport inutilisé comporte une piste de 1950 mètres de longueur et un terminal de 3500m2. Il devait être inauguré en juin 2016, après quatre années de travaux. Deux compagnies le convoitaient à la base, mais les conditions météorologiques trop dangereuses ont eu raison de son utilisation à l’heure actuelle.

Des aménagements doivent être entrepris avant que de nouveau essais ne soient effectués, notamment concernant l’approche des avions pour l’atterrissage. Car pour l’heure, des pilotes ont dû s’y reprendre à trois fois avant de pouvoir poser difficilement leur Boeing 737.

Le terminal en construction Crédits image

Il faut dire que la situation géographique du lieu favorise grandement les turbulences à cause des vents violents permanents. Cela s’ajoute à une distance conséquente entre l’île et les aéroports qui pourraient la relier. Cet aéroport me fait penser à celui de Funchal, sur l’île de Madère au large du Portugal, qui est réputé pour les atterrissages difficiles. Seuls les pilotes ayant effectué une formation spécifique sont habilités à s’y poser. De nombreuses vidéos impressionnantes sont visibles sur le web.

D’un coût de 365 millions d’euros, c’est un beau gâchis, du moins pour le moment. Cet aéroport suscite un énorme intérêt pour l’économie de l’île, car cela permettrait de la désenclaver et de développer le tourisme. Affaire à suivre.

Cependant, si l’aéroport ouvre, on peut se poser la question des répercussions négatives d’un tourisme de masse sur un si petit territoire à préserver…

Dire que le gouvernement britannique a envoyé Napoléon sur cette île pour « qu’il ne puisse plus nuire au repos du monde ». Comme quoi, il a fallu l’envoyer sur une île vraiment perdue pour lui ôter sa domination…