Samsung : l’hériter du groupe soupçonné de corruption

Samsung se retrouve une nouvelle fois dans une position peu enviable. L’héritier du groupe, Lee Jae-Yong, est en effet soupçonné de corruption. Problématique, d’autant que l’homme est également le vice-président de l’entreprise sud-coréenne.

La Corée du Sud fait beaucoup parler d’elle depuis plusieurs semaines, en raison d’une affaire de corruption. Choi Soon-Sil, l’amie et la confidente de la présidente Park Geun-Hye, a en effet été accusée d’avoir profité de sa relation privilégiée pour s’enrichir.

Corruption Samsung

Samsung se retrouve de nouveau dans une situation compliquée.

D’après les premiers éléments de l’enquête, Choi Soon-Sil aurait en effet soutiré des sommes importantes aux conglomérats coréens afin d’alimenter plusieurs fondations créées en son nom.

Choi Soon-Sil, la Raspoutine coréenne

L’affaire a été rendue publique à la fin de l’année dernière et des centaines de milliers de Coréens ont alors défilé dans les rues pour demander sa destitution. Face à la situation, l’Assemblée Nationale a décidé de suspendre ses pouvoirs en décembre et le dossier a ensuite été remis à la Cour constitutionnelle. Cette dernière devra en effet statuer sur sa destitution.

Quel est le rapport avec Lee Jae-Yong, alors ?

Il est simple, en vérité. Les enquêteurs chargés de l’affaire ont réussi à établir un lien entre Choi Soon-Sil et l’actuel vice-président de Samsung Electronics. L’information est à prendre au conditionnel, mais ce dernier est accusé d’avoir approuvé les versements effectués vers les fondations de l’amie de la présidente afin de s’attirer les faveurs du gouvernement.

Un gouvernement qui a soutenu l’entreprise dans un projet de fusion assez délicat datant de 2015.

Lee Jae-Yong soupçonné de corruption

Face à la situation, le procureur a placé son nom sur la liste des suspects et il a ensuite procédé à un interrogatoire durant lequel Lee Jae-Yong a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Les enquêteurs ont donc décidé d’émettre un mandat d’arrêt à son encontre.

L’affaire a pris beaucoup d’ampleur au fil de ces dernières semaines et cela n’a rien de surprenant car Samsung aurait donné pas moins de 43 milliards de wons à la confidente de la présidente, soit environ 34 millions d’euros. À titre de comparaison, les cinquante groupes soupçonnés de corruption auraient versé en tout une somme équivalente à 62 millions d’euros.

Ce mandat d’arrêt ne tombe pas au meilleur moment pour l’entreprise coréenne, c’est une évidence. Toutefois, il risque aussi d’avoir des répercussions sur la vie du pays. Samsung est à l’heure actuelle la plus grosse entreprise du marché coréen et son chiffre d’affaires représente ainsi plus de 20 % du PIB de la Corée du Sud.

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