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Selon Hadopi, le téléchargement illégal est dangereux

La Hadopi vient de présenter les conclusions d’une nouvelle étude élaborée en partenariat avec l’institut Ifop, une étude portant – logiquement – sur les nombreux dangers inhérents au téléchargement illégal. Elle risque d’en faire sourire certains.

Cette étude tombe dans un contexte extrêmement tendu. Les autorités ont en effet accentué la lutte contre les sites pirates depuis quelque temps en lançant des opérations contre les plus gros mastodontes du secteur.

Hadopette

Zone-Téléchargement, KickAss Torrents, T411, les fermetures se sont ainsi enchaînées à un rythme soutenu depuis l’année dernière, provoquant par la même occasion de nombreuses réactions chez les internautes.

La Hadopi pointe du doigt la sécurité des sites pirates

Hadopi a donc commandé à l’Ifop une enquête portant sur la sécurité des sites de téléchargements illégaux, et plus précisément sur les risques informatiques encourus par les visiteurs de ces plateformes.

Pour la mener à bien, l’institut s’est appuyé sur un échantillon composé de 1021 Français et Françaises âgés de plus de 15 ans, des Français parmi lesquels se trouvaient 798 personnes identifiées comme des consommateurs de contenus illicites.

D’après les conclusions de l’étude, environ 91 % des pirates sondés auraient en effet été confrontés à des problèmes informatiques sur l’année écoulée.

Ces fameux problèmes se répartiraient essentiellement en deux catégories différentes : les nuisances et les préjudices.

Dans la catégorie des nuisances, on trouve notamment les messages publicitaires alarmants incitant l’internaute à acheter ou à télécharger un logiciel censé améliorer les performances et la sécurité de l’ordinateur, ou même les courriels indésirables… sans oublier ces bonnes vieilles publicités pour adultes. L’institut inclut également dans cette catégorie les modifications des réglages par défaut du navigateur de l’internaute.

Plusieurs exemples sont aussi cités du côté des préjudices, comme le vol de données, l’usurpation de l’identité ou même la souscription forcée à un abonnement mensuel ou annuel. Toujours d’après ce fameux rapport, les pirates feraient également face à l’achat indésirable de produits ou même à des pertes de données induites par des ransomwares.

Hadopette : image 1

Une étude – légèrement – orientée

L’Ifop donne également quelques chiffres pour nous aider à mieux nous représenter l’étendue de ces menaces. Selon l’institut, environ 83 % des pirates sondés pour les besoins de l’étude auraient ainsi subi au moins une nuisance durant leur année de surf, contre seulement 41 % pour les préjudices. Parmi les problèmes les plus courants, on trouve bien évidemment l’augmentation du volume des spams ou encore l’affichage des messages publicitaires alarmants.

Le plus amusant reste évidemment à venir. Dans son étude, l’Ifop indique aussi que ces nuisances et ces préjudices ont poussé de nombreux pirates à rentrer dans le droit chemin. Mieux, pour la plupart d’entre eux, les solutions légales sont plus sûres et plus sécurisées, tout en offrant une meilleure expérience utilisateur.

Bien sûr, les pirates ne sont pas les seuls touchés par les problèmes décrits plus haut. Le spam, les campagnes publicitaires borderline ou même les ransomwares n’épargnent personne, pas même les plus honnêtes des citoyens. Toutefois, l’étude de l’Ifop établit une corrélation directe entre la consommation de contenus illicites et une augmentation des nuisances et des préjudices subis par les internautes.

La comparaison n’est pas tout à fait juste cependant. Un site pirate ne peut effectivement pas travailler avec des régies publicitaires conventionnelles et il est donc obligé de se tourner vers des networks moins connus et moins regardant sur la qualité des annonces et de leurs formats.

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La Hadopi se pose-t-elle les bonnes questions ?

Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à se trouver dans cette situation puisque les sites et plateformes pour adultes sont confrontés aux mêmes problématiques de leur côté.

Or justement, de nombreuses personnes mal intentionnées utilisent ces networks secondaires pour diffuser des campagnes truffées de logiciels espions, de redirections et de programmes malveillants.

Dans ce contexte, il est finalement assez logique que la navigation sur ces sites soit un peu plus périlleuse.

Maintenant, la question que la Hadopi devrait peut-être commencer à se poser n’est pas forcément de savoir s’il est dangereux ou non de fréquenter des sites pirates, mais plutôt de déterminer pourquoi les internautes se tournent encore et toujours vers ces solutions malgré l’explosion des plateformes légales.

Car le seul moyen de lutter contre le piratage, c’est peut-être tout simplement de le rendre inutile en proposant aux citoyens des solutions adaptées à leurs attentes, à leurs habitudes de consommation et, surtout, à leur budget. Ceci étant, entamer cette réflexion reviendrait aussi à remettre en question le modèle économique des studios et des maisons de disque.

Au final, commander des études est sans doute beaucoup moins risqué.

Si vous voulez en savoir plus et obtenir tous les chiffres de l’étude, il suffit de vous rendre ici pour consulter – ou télécharger – le PDF.

Mots-clés hadopiweb

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Fred

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.

  • Niko82

    Forcément s’ils ferment tous les sites sérieux, télécharger va devenir dangereux ! Sur t411 on pouvait télécharger sans craintes !

  • Vanessa Garnier

    C’est assez marrant notre société passe plus de temps et d’énergie à ce genre de chose au lieu de s’occuper de chose plus grave et dangereux comme le terrorisme. Leurs priorité me ferra toujours rire!!! Et à quand la mise en prison des politiciens véreux? Des violeurs d’enfants? Les vrais problème sérieux au lieu de ses petites choses dont tout le monde sans fou!!!
    Le fric sera toujours plus important pour eux que les vrai choses et les vrai gens dangereux!