Selon le SETI, le minage de cryptomonnaies est un frein à la recherche d’une forme de vie extraterrestre

Le SETI vient de tirer la sonnette d’alarme. Selon l’organisation, le minage de cryptomonnaies constitue un véritable frein – voire un danger – pour la recherche d’une forme de vie extraterrestre. Explications.

Le SETI trouve ses origines dans les années 50, avec la publication dans la revue scientifique Nature d’un article portant sur la recherche de communications interstellaires. Giuseppe Cocconi et Philip Morrison, deux chercheurs travaillant pour l’université Cornell, pensaient en effet que si l’univers devait abriter des civilisations extraterrestres intelligentes, alors ces dernières devaient nécessairement émettre des signaux détectables.

METI ET

En parallèle, un astronome américain du nom de Frank Drake a décidé la même année de lancer une campagne d’observation se focalisant sur la recherche de signaux extraterrestres. Ozma était né.

Le SETI, un institut dont les origines remontent aux années 60

Cette première tentative n’a rien donné, mais Drake ne s’est pas découragé pour autant et il a ainsi décidé de remettre le couvert un peu plus tard.

Les années passant, de nombreux chercheurs ont commencé à s’intéresser à la question de la vie extraterrestre et l’Académie nationale des sciences a alors eu l’idée d’organiser une réunion interdisciplinaire afin de mettre au point une technique de recherche plus efficace.

Giuseppe Cocconi, Philip Morrison et Frank Drake ont alors été rejoints par Melvin Calvin, prix Nobel de chimie, Bernard Oliver, vice-président de la recherche et du développement chez HP, John Lilly, un écrivain passionné de ces questions et… l’incontournable Carl Sagan, qui débutait tout juste sa carrière d’astronome. C’est durant cette improbable réunion que Drake a formulé sa fameuse équation.

Durant les années suivantes, la NASA a commencé à s’intéresser à ces projets et l’agence spatiale américaine a fini par donner naissance à l’institut SETI au milieu des années 80.

Pour mener ses recherches, l’institut s’appuie sur plusieurs télescopes et radiotélescopes situés dans les divers observatoires présents à la surface de notre planète. Ces instruments permettent aux cinquante chercheurs de l’organisation de récolter un nombre considérable de données sur les systèmes stellaires situés autour de nous.

Le SETI a de plus en plus de mal à trouver des GPU

Toutefois, collecter des données ne suffit pas. Il faut également être en mesure de les analyser et cela ne peut se faire qu’avec une puissance de calcul conséquente. Pour mener à bien ces opérations, le SETI s’appuie sur les ordinateurs des personnes soutenant l’initiative (SETI@home), mais aussi sur ses propres ordinateurs, des ordinateurs directement assemblés par ses membres.

Or justement, durant un entretien donné à la BBC, Dan Werthimer, l’homme en charge du Berkeley SETI Research Center, s’est plaint d’avoir de plus en plus de mal à trouver des unités de traitement graphique.

Si vous vous intéressez un peu au petit monde merveilleux des cryptomonnaies, alors vous savez sans doute que le minage requiert lui aussi une puissance de calcul conséquente. Pour être efficaces, les racks de minage comportent ainsi souvent plusieurs cartes branchées les unes aux autres et la demande des utilisateurs est donc très forte en matière de GPU.

De leur côté, les fabricants ont de plus en plus de mal à tenir la cadence et c’est précisément ce qui explique pourquoi le SETI a de plus en plus de mal à trouver des unités graphiques.