Selon Palmer Luckey, le succès de la VR ne doit pas se mesurer aux ventes de casques

Libre de ses mouvements et de ses prises de position depuis son départ (plus ou moins contraint) de Facebook en mars 2017, Palmer Luckey, le cofondateur d’Oculus, s’est fendu d’un billet publié ce mardi sur son blog pour détailler son point de vue actuel à propos de la réalité virtuelle, et des difficultés que la technologie rencontre sur le marché. Pour lui, il ne faudrait pas chercher à vendre des casques en quantité. Seule la qualité des contenus permettrait à la VR de s’imposer durablement, et l’unique donnée à prendre en compte pour juger de son succès toucherait à la question de l’engagement de ses utilisateurs.

Une opinion qui rejoint les propos récemment tenus par PDG de CCP Games, qui estimait que les actuels détenteurs de casques ne les utilisaient pas assez pour rendre leur vente profitable – sur le long terme – aux créateurs de contenus.

Palmer Luckey, le cofondateur d’Oculus évincé par Facebook début 2017, s’est exprimé sur les aspirations grand public de la réalité virtuelle. Pour lui, il est primordial de faire primer la qualité du contenu au nombre de casques vendus.

Habitué aux déclarations coup de poing, Palmer Luckey estime en outre que le prix de vente des casques n’est pas la problématique première de la VR, et qu’une adoption massive – du fait de la diminution des prix induite par le lancement de casques plus basiques d’un point de vue technologique, comme l’Oculus Go par exemple – ne suffirait pas à pérenniser l’écosystème développé par Oculus. Pour appuyer cette thèse, le slogan du créateur de l’Oculus Rift est simple : « gratuit, c’est encore trop cher« .

Fidéliser l’utilisateur plutôt que de favoriser l’adoption en masse : la doctrine du papa d’Oculus pour un succès durable de la VR

Une formule que Palmer Luckey prend toutefois le temps d’agrémenter de quelques explications bienvenues. « Aucun casque de VR actuel ou à venir n’est suffisamment bon pour devenir réellement grand public, et ce même s’il coûtait 0,00 dollar« , a-t-il expliqué avant d’en venir plus précisément à l’épineuse question de l’engagement – souvent limité – des utilisateurs vis-à-vis de ces produits. « Vous pourriez céder gratuitement un Oculus Rift et un PC à chaque habitant des pays développés et la majorité d’entre eux cesserait de l’utiliser au bout de quelques mois ou quelques semaines. Et cela je le sais parce que j’ai vu les études de marché à grande échelle, ça ne vient pas de mon imagination« .

« Ce qui est primordial, c’est le nombre de personnes qui se connectent chaque semaine à leur compte et qui dépensent de l’argent. C’est ça qui permet à la VR de continuer d’exister« , a-t-il martelé.

Reste qu’à court terme l’opinion, bien que cohérente, de Palmer Luckey ne semble pas aller de pair avec les décisions prises en haut lieu pour Oculus. Pour Facebook, la maison mère d’Oculus depuis 2014, la balance penche plutôt du côté d’une volonté de vendre un maximum de casques autonomes (l’annonce récente de l’Oculus Quest, en plus de l’Oculus Go déjà disponible, appuie cette idée), pour démocratiser la VR auprès du grand public et permettre une meilleure affluence sur la boutique Oculus. Une politique qui ne portera pas ses fruits à long terme si l’on en croit l’analyse de Palmer Luckey.

Rappelons que les déclarations du cofondateur d’Oculus interviennent alors que son ancien compère, Brendan Iribe (lui aussi cofondateur du groupe) quittait Facebook la semaine dernière sur fond d’une possible annulation de l’Oculus Rift 2, et ce au profit, justement, de casques moins coûteux pour le consommateur lambda. Une rumeur rapidement réfutée par la firme de Mark Zuckerberg, mais qui n’en reste pas moins tenace. Et pour cause, cette dernière a du sens compte tenu de la politique actuelle de Facebook en matière de réalité virtuelle.

Crédit illustration : Wikimedia