Selon Reggie Fils-Aimé, Nintendo n’est pas en concurrence avec Sony et Microsoft

Nintendo préfère se définir comme une entreprise de divertissement plutôt que comme une firme investie dans le domaine du Gaming. C’est en résumé ce qu’il faut comprendre de certains des propos que Reggie Fils-Aimé, le président de Nintendo of America, tenaient au GeekWire Summit 2018 de Seattle – et c’est également ce qu’a retenu ArsTechnica, présent sur place.

Si l’on suit l’idée de la figure de proue américaine de la marque, Nintendo ne jouerait donc pas dans la même cour que Microsoft et Sony, et ne serait pas en concurrence frontale avec ces deux mastodontes du marché. Une approche pas si étonnante que cela pour Nintendo, qui a toujours joué la carte de la différence. Une différence que Nintendo affiche sans fausse pudeur en proposant des machines bien souvent en décalage technologique vis-à-vis des standards du moment, ainsi que des concepts ne s’adressant que rarement aux gamers ciblés par les mondes Xbox et PlayStation.

Reggie Fils-Aimé, le président de Nintendo of America, s’est exprimé au sujet de Sony et Microsoft. Pour lui, les deux marques ne sont pas des concurrentes pour Nintendo, qui préfère batailler avec le temps qu’avec les autres acteurs du marché.

Plus intrigant peut-être, le président de Nintendo of America a profité de l’événement pour ajouter qu’il avait plus le sentiment de devoir batailler avec le temps qu’avec Sony et Microsoft. En l’occurrence, Reggie Fils-Aimé faisait surtout allusion au temps libre de ses clients potentiels et à comment ils l’utilisent. Car c’est contre d’autres activités chronophages, que Nintendo préfère lutter… en vue, bien sûr, de les remplacer par du temps de jeu, idéalement sur des appareils de son cru.

Nintendo s’estime en rivalité avec internet, les réseaux sociaux… ou encore le cinéma

Fils-aimé se montre d’ailleurs assez clair sur ce point. Le calcul est fait de tout le temps qu’un consommateur passe chaque jour à dormir, manger, travailler ou être à l’école, et pour lui « tout le temps qui reste et du temps de divertissement« , que Nintendo tente de monopoliser autant que possible. « C’est avec [ce temps] que je suis en concurrence, minute par minute« , a-t-il expliqué. « Le temps que vous consacrez à surfer sur le web, à regarder un film ou à suivre la retransmission d’une conférence : c’est avec ce temps de divertissement que je me sens en concurrence« .

« C’est une vision de la concurrence plus étendue que de considérer Sony et Microsoft comme mes compétiteurs. Je suis en concurrence avec le temps. Et [dans ce contexte], je dois me montrer créatif et innovant pour remporter la bataille« , a-t-il conclu avant de répondre d’une fort jolie manière à une question posée sur la Wii U, l’un des échecs les plus cuisants de Nintendo ces dernières années.

« Sans la Wii U, nous n’aurions pas eu la Switch », a-t-il assuré d’entrée de jeu en expliquant que c’est en apprenant de cet échec, et en écoutant les retours de ses clients, que Nintendo est parvenu à imaginer ce que devait être sa prochaine console. « Les gens nous disaient : ‘je veux jouer à la Wii U avec le gamepad mais il se déconnecte dès que je fais plus de 10 mètres’. Le concept central [de la Switch] était là et le prendre en compte était obligatoire ».