SIMP0136, l’étrange planète errante

SIMP0136 n’est pas une planète tout à fait comme les autres. Pendant très longtemps, les astronomes ont en effet cru qu’elle était une étoile en raison de sa masse. En menant de nouvelles analyses, ils ont fini par réaliser qu’il s’agissait d’une énorme planète, une planète dont la masse équivaut à environ treize fois celle de Jupiter.

Découverte en 2006, cette surprenante planète a pendant longtemps été considérée comme une naine brune.

SIMP0136

Il existe en effet plusieurs types d’étoiles différentes et les astronomes ont mis au point une classification poussée reposant sur leur luminosité et leur température afin de pouvoir les distinguer.

SIMP0136 n’est finalement pas une naine brune

Les naines brunes ont une place assez particulière dans cette classification, car elles se présentent sous la forme d’objets substellaires situés entre les petites étoiles et les grosses planètes. Elles ne sont effectivement pas assez massives pour pouvoir amorcer une réaction thermonucléaire et devenir de véritables étoiles, mais elles sont généralement trop imposantes pour pouvoir être considérées comme des planètes.

Découverte en 2006, SIMP0136 réunissait tous ces critères. Elle était donc considérée comme une naine brune et donc comme un de ces objets intermédiaires.

Toutefois, il semblerait que la masse de ce corps ait été sous-évaluée. C’est en tout cas ce que révèle une étude récente menée par une équipe de plusieurs astronomes émérites, une étude publiée dans la revue spécialisée The Astrophysical Journal Letters.

En conduisant de nouvelles observations, ces astronomes ont en effet réalisé que la masse de ce corps était moins importante que prévu.

Un corps assez unique en son genre

En conséquence, il ne peut plus être considéré comme une naine brune et il se retrouve directement propulsé dans la famille grandissante des exoplanètes.

Ceci étant, malgré cette requalification, SIMP0136 reste un corps remarquable dans ce sens où il est une des planètes errantes les plus massives connues à ce jour. Elle fait en effet treize fois la masse de Jupiter et donc de la plus grosse planète connue du système solaire.

Ce n’est pas sa seule particularité. Contrairement à la plupart des planètes, elle n’appartient en effet à aucun système stellaire et elle n’orbite ainsi pas autour d’une étoile, mais… du centre de notre galaxie. Enfin, elle également un des seuls corps de ce type sur lesquels une variabilité photométrique a été détectée.

Un point qui a été souligné par Étienne Artigau, le coauteur de l’étude et l’un des découvreurs de SIMP0136 : « Cette nouvelle addition au club très sélect des planètes errantes est particulièrement remarquable, car on connaît très peu de tels objets qui présentent une variabilité photométrique ». Pour la petite histoire, il faut d’ailleurs savoir que ces fameuses variations sont causées par d’importants phénomènes météorologiques se déroulant dans l’atmosphère de la naine brune – pardon, de la planète.