Singapour : un activiste condamné pour avoir organisé une réunion illicite… sur Skype

À Singapour, une affaire en cours au tribunal étudie les limites légales que devraient respecter les conférences virtuelles. Récemment, un défenseur des droits de l’homme, Jolovan Wham, a été condamné par un tribunal pour avoir mené une conférence illégale via Skype. Il a également refusé de signer sa déclaration à la demande de la police.

Le tribunal rendra son verdict le mercredi 23 janvier 2019. L’activiste encourt une peine d’emprisonnement pouvant durer trois ans ou une amende pouvant aller jusqu’à 5.000 dollars singapouriens.

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Wham a déclaré sur son compte Twitter que le juge chargé de l’affaire n’a pas tenu à motiver sa décision.

Jolovan Wham est assistant social au sein du Community Action Network (CAN) Singapour. Cette communauté se compose de militants, de journalistes ainsi que de travailleurs sociaux luttant pour la défense des droits civils et politiques. Auparavant, cet activiste de 39 ans était aussi le directeur exécutif du groupe Humanitarian Organisation for Migration Economics, un groupe de défense des droits des travailleurs migrants.

La police n’a pas autorisé la conférence sur Skype

L’événement Skype a été relayé sur le réseau social Facebook. 355 personnes ont indiqué être intéressées par la conférence tandis que 121 personnes ont indiqué y avoir assisté.

La conférence en question a duré deux heures environ. Puis, elle a été diffusée en direct sur Facebook par The Online Citizen SG. Il s’agit d’une plateforme de médias sociaux axée sur le militantisme politique.

La conférence a recueilli non moins de 5.700 vues. La police de Singapour a publié un communiqué selon lequel elle a avisé Wham de la nécessité d’obtenir une autorisation avant d’organiser la conférence sur Skype. Malheureusement, l’activiste a fait fi de cet avertissement.

Conférence à huis clos ou conférence publique ?

En marge de cette affaire, Wham est aussi accusé d’avoir mené des rassemblements publics sans autorisation et d’avoir refusé de signer des déclarations, comme l’exige pourtant le Code Pénal. En effet, à Singapour, organiser ou participer à une réunion publique sans l’autorisation de la police constitue une infraction pénale, conformément à la loi sur l’ordre public.

Les membres de CAN Singapour et Joshua Wong, un militant et le fondateur du groupe Scholarism ont déclaré communément que la conférence via Skype était « à huis clos ». Ils affirment ainsi que les conversations sur Skype qui se déroulent dans les limites d’un espace privé sont des conversations privées. À cet effet, ils pensent que logiquement, cela ne devrait nécessiter aucune autorisation.

Pour eux, les autorités n’avaient pas de raison d’intervenir ou de porter ces accusations sur Wham.

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