SmallWorlds, mettez un peu de virtuel dans votre vie…

Voilà, c’est triste à dire, mais ta vie est nulle. Tous les matins, tu te lèves à la même heure, tu reviens tous les soirs du boulot crevé et on ne parle même pas de tes fins de semaine, qui se ressemblent toutes. Cela dit, tu restes optimiste, plein d’espoir et c’est tant mieux puisque SmallWorlds va justement te sortir de ta monotonie en te lobotomisant le cerveau. Comme quoi, on arrête pas le progrès…

Les psychologues gagnent beaucoup d’argent et ne manquent pas de clients. En même temps, on vit dans un monde dans lequel la dérive est facile et la frontière entre folie et raison plutôt mince. Même que je suis certain que cette dernière remarque doit certainement vous arracher quelques sanglots. D’ailleurs, si ce n’est pas le cas, c’est que vous n’avez aucun cœur.

Toujours est-il que je souhaite aujourd’hui vous parler de SmallWorlds, un service qui m’irrite au plus haut point. Et oui, car sans l’avoir testé, je ne l’aime pas et c’est exactement sur ce point qu’un blogueur n’a rien à voir avec un journaliste : nous, on peut cracher dans la soupe sans avoir à se justifier. Donc, histoire de le présenter en quelques mots, on va dire que SmallWorlds est un univers virtuel en ligne fonctionnant sur votre navigateur et qui vous permet de faire pas mal de choses.

Pour commencer, SmallWorlds vous permet de vous créer… euh… une chambre. Et aussi une maison. Et aussi un monde, si vous en avez les moyens. Car comme dans la vraie vie, ce n’est qu’une histoire de fric. Le modèle économique de ce jeu n’est pas encore complètement connu mais à mon avis il ne diffèrera pas de ce que fait la concurrence : les options basiques du jeu seront gratuites mais si vous en voulez plus, il faudra sans doute mettre la main au portefeuille. A moins, bien entendu, que l’on puisse construire un monde sans argent mais j’ai quand même des doutes.

Seulement, et c’est sans doute le seul aspect positif de ce service, SmallWorlds va plus loin. Et oui, car il va aussi vous permettre de surfer sur internet, de regarder des vidéos, de les partager avec vos nombreux amis (virtuels eux aussi) et même de discuter en temps réel avec eux. Globalement, donc, cet univers virtuel vous permettra de faire tout ce que peut déjà faire votre navigateur, mais avec des personnages rigolos et des animaux de compagnie virtuels en plus.

Alors, pourquoi est-ce que je n’aime pas ce service, hein ?

Il faut être honnête, les univers virtuels (et je ne parle pas ici de MMO) s’adressent essentiellement aux enfants, des enfants qui devraient avoir mieux à faire que de traîner dans un endroit où n’importe qui peut devenir n’importe quoi. Je dois vous sembler moralisateur mais le fait est que ces services sont potentiellement dangereux et qu’ils n’apportent strictement rien. Sans rire, certains services Web 2.0 sont utiles, d’autres sont marrants à utiliser mais les univers virtuels, franchement, j’ai du mal…

Ensuite, il y est souvent question d’argent. Ce n’est peut-être pas le cas de SmallWorlds mais la plupart des univers virtuels proposent des meubles, des accessoires, des vêtements, des animaux, des maisons à acheter. A acheter avec la monnaie de l’univers en question, certes, mais une monnaie qu’on échange souvent contre de l’argent réel. Comme dans Second Life, on est bien d’accord. Donc toujours est-il qu’un service s’adressant essentiellement à un public jeune et qui propose en plus de dépenser de l’argent réel, c’est très moyen. C’est très moyen parce que l’on tape directement dans une clientèle qui n’a pas la possibilité de faire un choix en toute connaissance de cause.

Enfin, on peut aussi parler de dépendance. Quoi qu’on puisse en dire, tout dans ces univers est fait pour que vous y passiez le plus de temps possible. C’est comme ça, un bon client, c’est un client qui revient souvent et qui reste longtemps. Donc cela peut passer par des événements, des niveaux, des mécanismes qui vous obligeront à rester, encore et encore, devant votre écran. Et là, forcément, quand on mélange le public jeune, le fric et la dépendance, on obtient une recette qui détonne mais qui inquiète. Malheureusement, la plupart des univers virtuels se fondent dessus.

Certes, ce ne sera peut-être pas le cas de SmallWorlds et il est parfaitement possible que je m’emporte bêtement contre un service que je n’ai même pas testé mais je connais trop bien les mécanismes de ce type de service pour ne pas y mettre mon grain de sel.