Super Mario Maker, le test d’un esclave au service d’un plombier

Certaines personnes n’aiment pas beaucoup leur boulot, et j’affirme que Mario est de ceux-là. La preuve : en 30 ans, l’avez-vous déjà vu, rien qu’une fois, réparer quoi que ce soit qui tendrait à réellement montrer qu’il est plombier ? Non, Mario n’en fout pas une, et ça lui plaît. Plutôt que de bosser, Mario préfère vivre en récupérant les pièces qui traînent un peu partout, laissées tombées par d’honnêtes travailleurs.

Le pire dans tout ça, c’est que tout le monde l’encourage, et l’aide même. Pour ses 30 ans, le bougre s’est même fait plaisir en traitant les joueurs encore plus comme des esclaves : non content de ne rien faire de ses journées, il souhaite maintenant que vous le divertissiez en créant des mondes qu’il peut parcourir. Vous l’aurez compris, nous allons parler ici de Super Mario Maker !

Super Mario Maker

Le sourire de Mario cache en réalité une personnalité très forte, souhaitant réduire l’humanité en esclavage

Un Royaume Champignon à votre image

La première fois que vous jouez à Super Mario Maker, vous incarnez Mario et vous parcourez un niveau de Super Mario Bros. Dès lors, on se dit que pour son anniversaire, le plombier a enfin décidé de se bouger un peu : après tout, vous n’aurez pas à tout créer dans Super Mario Maker, bonne nouvelle.

Sauf que non.

Mario est une feignasse, ni plus ni moins. Apparemment, il n’avait que l’intention de créer ce niveau, qui n’est même pas fini ! M’est avis que le plombier a, encore une fois, engagé du monde pour faire le boulot à sa place. Mal payés, les ouvriers ont donc décidé de faire grève, et on les comprend.

Ce sera donc à vous de terminer le niveau, en déplaçant les bons éléments aux bons endroits. Car oui, il vous faudra suivre les directives de Mario, en plus !

Super Mario Maker

Inutile de commencer à vous tourner les pouces, Mario vous met au boulot dès le début

Bien évidemment, ce n’est qu’un tutoriel, histoire de vous aider à prendre en main le jeu et de vous montrer comme il est facile de prendre tous les éléments que l’on veut pour les déplacer où bon nous semble. Comprenez bien que Mario ne fait pas ça par bonté : en vous montrant comment faire, vous pourrez créer toujours plus de niveaux pour lui. On ne se refait pas.

C’est rare, donc il faut le souligner : ce tutoriel n’est pas inutile, puisqu’il vous permet de découvrir certaines fonctions « cachées », comme comment transformer une Koopa verte en Koopa rouge, ce genre de choses.

Une fois le niveau fini, vous pourrez l’enregistrer, et créer un autre niveau. La différence, c’est que vous n’avez maintenant plus aucune aide, et que vous pouvez créer tout ce que vous voulez. Enfin presque.

Revenez !

Les fournisseurs de Mario sont très probablement mal payés par le plombier moustachu, alors ils ne sont pas très motivés. Les éléments que vous pourrez utiliser pour vos niveaux vous seront ainsi livrés au compte-goutte.

Dans un premier temps, vous n’aurez donc pas beaucoup de choix, avec peu d’éléments, et peu de décors disponibles. Mais plus vous jouerez, plus de nouveaux éléments feront leur apparition : nouveaux ennemis, nouveaux éléments, nouveaux décors, nouveaux styles, etc.

Pour tout débloquer, il faudra donc revenir régulièrement. Ou tricher avec l’horloge de la console, c’est selon. Mais pensez bien que les fournisseurs sont des esclaves comme vous : eux aussi méritent de dormir.

Super Mario Maker

Super Mario Bros. 3 : un style qui ne sera pas disponible tout de suite…

Bref, je dois bien avouer que j’étais un peu contre ce principe au départ, car très peu d’éléments sont disponibles par défaut. Mais finalement, c’est plutôt pas mal, puisque cela permet de se faire la main sur les éléments disponibles avant de jouer avec plus de contenu. Reste qu’un peu plus d’éléments dispos dès le premier jour n’aurait pas été un luxe.

En plus des nouveaux éléments, vous aurez droit à plus de fonctions lorsque vous aurez acquis une certaine expérience. Par exemple, une fonction « Annuler » va faire son apparition, ou encore une autre fonction permettant de voir les derniers mouvements de Mario, sous forme de trace, idéal pour comprendre exactement pourquoi le plombier s’est vautré.

En panne d’inspiration ?

Mario vous laisse créer tout ce que vous voulez dans Super Mario Maker. Mais il ne faut pas oublier une chose : Mario est un con. Le plombier ne vous fait pas confiance et vous prend même pour des demeurés, incapables d’avoir un minimum d’imagination.

Pour résoudre ce problème, Mario vous propose donc un petit défi : le défi des 10 Mario. Le principe est simple : Peach se fait enlever comme une débutante par deux Goomba, et pourra être récupérée (à moins que…) au bout de 8 stages qui sont autant de démonstrations de ce que l’on peut faire avec Super Mario Maker.

Super Mario Maker

Faites le plein de bonnes idées en regardant ce que les autres ont fait

Pour parcourir ces 8 stages, vous aurez 10 vies, ni plus ni moins. Enfin au début. Car il est possible de perdre des vies (facilement en plus, les développeurs du jeu sont au moins aussi vicieux que Mario lui-même), mais il est également possible d’en gagner : vous ne dépasserez pas les 10 Mario, mais s’il ne vous en reste plus de 5, vous pouvez facilement en regagner dans les niveaux, en chopant des vies. N’oubliez pas que vous êtes des incapables aux yeux de Mario qui a eu pitié de vous.

Un bon nombre de stages de démo sont disponibles. Il n’y en a pas que 8, et il vous faudra ainsi refaire plusieurs fois le défi des 10 Mario pour tous les débloquer. L’avantage, c’est que vous pourrez vous en inspirer pour vos créations. Le truc bête, c’est que vous aurez droit à la frustration de voir des éléments pas encore débloqués. Mario est fourbe.

Super Mario Maker. Plate-forme : Wii U. Durée de vie : infinie.

Vous pouvez créer, modifier, jouer à plusieurs dizaines, plusieurs centaines, de niveaux dans Super Mario Maker. Mais nous ne sommes plus il y a 30 ans : aujourd’hui, le monde est connecté, et un jeu sans Internet est quasiment devenu impossible à trouver. Celui-ci ne fait pas exception. Plus qu’un plombier, Mario est un businessman qui a su rester dans les tendances, et c’est pourquoi il a créé un important réseau.

Super Mario Maker ne fait pas que vous donner un accès au Miiverse comme d’autres jeu s’en contentent. En réalité, toute la magie de Super Mario Maker repose sur la connexion Internet : vous allez pouvoir partager vos niveaux avec toute la communauté.

Une fois partagés, n’importe qui dans le monde pourra jouer avec vos niveaux. Vous pourrez d’ailleurs faire de même, en jouant à tous les niveaux que vous voudrez, et même en en téléchargeant certains pour pouvoir les modifier.

Notez que tout niveau présent dans en ligne peut être fini : avant de partager un niveau, vous devez obligatoirement le finir au moins une fois. Histoire d’éviter les niveaux impossibles, ce qui est plutôt une bonne idée.

Super Mario Maker

« Je m’appelle Mario est je suis mal barré »

À l’heure où sont écrites ces lignes, une semaine est passée depuis la sortie officielle de Super Mario Maker, et Nintendo a déjà annoncé le million de stages partagés dépassé. Apparemment, l’humanité est plutôt bien sous le joug de Mario.

Si certains sont de véritables bouses, on trouvera pas mal de perles quand même, avec des joueurs inspirés. De quoi passer des heures à jouer. Super Mario Maker a une durée de vie virtuellement infinie, et c’est tout simplement génial. Mario n’a pas fini de s’enrichir en ramassant vos pièces.

Un anniversaire dignement fêté

Super Mario Maker n’était pas prévu pour l’anniversaire des 30 ans de Mario. Qu’importe, il reste probablement la meilleure façon de le fêter, en montrant à quel point la série a évolué au fil des années.

Super Mario Maker a de quoi vous occuper pendant des heures et des heures, même si vous êtes en panne d’inspiration. Créer vos propres niveaux est facile, et vous retrouverez finalement tous les éléments que vous avez pu voir dans un Super Mario Bros. Et même plus.

Bref, si vous avez toujours aimé Super Mario Bros., Super Mario Maker est un incontournable de la Wii U. Bon, je dois vous laisser, Mario me regarde d’un œil un peu mauvais, je crois qu’il a compris ce que je viens d’écrire. Heureusement, je n’ai pas encore débloqué le fouet.