Surface Go : Intel a dû négocier pour que Microsoft ne se rabatte pas sur une puce ARM

Début juillet, Microsoft présentait sa Surface Go. Une tablette convertible sous Windows 10 proposant une expérience proche de celle d’une Surface Pro (performances en moins), mais à un prix nettement plus contenu, calé – en France – à 449 euros seulement pour le modèle de base.

Pour parvenir à ce tarif, la firme de Redmond a toutefois dû se rabattre sur des composants plus abordables que les traditionnels Core m3 / i5 et i7 utilisés pour les Surface Pro ces dernières années. Et alors que l’on pouvait raisonnablement s’attendre à ce que la Surface Go soit propulsée par des puces ARM (utilisées d’ordinaire sur nos smartphones), Microsoft faisait finalement le choix de CPUs signés Intel, en se tournant plus spécifiquement vers des Pentium Gold. Pourquoi ? Eh bien Paul Thurrott a obtenu une partie de la réponse : Intel aurait longuement, ardemment, inlassablement négocié avec Microsoft pour décrocher ce contrat.

Pourquoi Microsoft a-t-il choisi une puce Intel plutôt qu’ARM pour sa Surface Go ? Eh bien parce que la firme de Santa Clara a âprement négocié, apprend-on de l’inévitable Paul Thurrott.

C’est du moins ce que l’on apprend en parcourant cet article, publié la semaine dernière par l’insider. Bien connu pour ses indiscrétions dès lors qu’il s’agit de la firme de Redmond, Paul Thurrott rapporte notamment qu’Intel aurait « demandé avec grande insistance à Microsoft » de privilégier ses Pentium Gold à d’éventuelles puces Snapdragon de chez Qualcomm. Ça, c’est du moins la version d’Intel, mais The Verge a pour sa part une explication additionnelle toute aussi convaincante… sinon plus.

Les puces ARM pas encore au niveau d’Intel dans le monde PC

Le média américain rappelle en effet que la firme de Santa Clara est encore en position de force sur le marché des processeurs destinés aux laptop. Grâce à leur architecture x86, ses CPUs parviennent toujours à tirer un meilleur parti d’une machine sous Windows 10 qu’une puce ARM en provenance de chez Qualcomm ou d’ailleurs ; mais la chose pourrait ne pas durer. Pour garder l’avantage, Intel menaçait dernièrement de traîner en procès quiconque tenterait d’émuler l’architecture x86, qui – bien que vieille comme le monde, puisque ses débuts remontent à la fin des années 70 – est toujours détenue d’une main de fer par le groupe.

Cette position dominante d’Intel sur le secteur du PC nomade est toutefois en train de s’effriter, et la firme a tout le mal du monde à lutter contre l’érosion de son piédestal. On apprenait ainsi d’ARM, la semaine dernière, que sa nouvelle génération de puces (Cortex-A76) serait dès à présent capable d’égaler certains modèles de Core i5 sur une machine fonctionnant sous Windows 10, le tout pour une consommation plus contenue qui n’excéderait pas les 5 watts de TDP.

Dans ces conditions, Intel risque d’avoir du souci à se faire au cours des prochains mois, d’autant que le fondeur ne peut pas encore compter sur les performances, supposément supérieures, de ses puces Cannon Lake. Gravées en 10 nm, ces dernières n’arriveront pas avant 2019, sans plus de précisions. Initialement, leur production de masse devait pourtant commencer dès cet hiver.