Taxe Google : la firme a deux mois pour trouver une solution !

En ce moment, les relations entre Google et notre gouvernement ne sont pas au beau fixe. François Hollande et certains de ses ministres (Aurélie Filippetti pour ne pas la citer) souhaitent effectivement taxer le géant américain pour le pousser à participer au financement de la presse. Pourquoi ? Tout simplement parce que Google agrège sur son portail d’actualités une partie des articles publiés par nos grands quotidiens. Intéressant point de vue, non ? Certes, et c’est justement pour en discuter que Eric Schmidt a été reçu par l’Elysée. Le verdict est donc tombé, Google a deux mois pour trouver une solution.

Et si la firme ne parvient pas à trouver un accord, alors c’est simple, une loi sera présentée pour obliger Google à rémunérer les sites d’actualités présents sur son portail d’actualités. François Hollande a souhaité favoriser la négociation, certes, mais il n’exclut pas le fait de recourir à un projet de loi et à s’inspirer ainsi une nouvelle fois du modèle allemand.

Taxe Google : la firme a deux mois pour trouver une solution !

Intéressant, c’est certain, mais pour bien comprendre la situation, il est nécessaire de se pencher un peu plus sur la question et d’expliquer en quelques mots le fonctionnement de Google Actualités. Un fonctionnement plutôt simple d’ailleurs puisque ce portail centralise à un seul et même endroit tous les articles publiés par les sites et les blogs inscrits au programme, et ce afin de faciliter la vie des internaute et de leur permettre d’accéder rapidement à du contenu pertinent. Mais attention car, contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant les dernières déclarations de notre Ministre de la Culture, Google Actualités ne récupère absolument pas le contenu de ces sites. Tout ce que fait le portail, en réalité, c’est d’agréger le titre et les premiers mots de leurs articles.

Et autant dire que cette précision est très importante. Car en effet, pour lire un article, l’internaute doit nécessairement se rendre sur le site qui l’a publié. Il n’y a aucune autre manière de procéder. Mais voilà, cela ne suffit visiblement pas ni à la presse, ni à notre gouvernement. Selon eux, et c’est quand même très risible, Google se ferait effectivement du trafic sur le dos des sites agrégés et c’est pour cette raison qu’ils souhaitent mettre en place cette fameuse taxe. Faire payer une firme qui rapporte de l’argent à d’autres sociétés, un concept plutôt intéressant, non ?

Qu’est ce qu’on peut déduire de cette histoire ? Selon moi – et c’est un avis totalement subjectif – cette nouvelle affaire prouve une nouvelle fois que nos hommes et nos femmes politiques ne comprennent strictement rien au web. Loin de voler les sites d’actualités, ce fameux portail leur offre en réalité de la visibilité. De la visibilité, et donc du trafic, et donc de l’argent. Et oui, car il ne faut pas oublier que la presse en ligne monétise aussi ses contenus. En d’autres termes, un internaute de plus, c’est quelques centimes d’euros de gagné. Il faut cependant croire que cela ne suffit pas aux lobbies de l’information, et c’est précisément pour cette raison qu’ils cherchent aujourd’hui à mettre Google sous pression. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière, on en revient toujours à la même chose.

Ce qu’ils ne comprennent pas, évidemment, c’est qu’ils ont aussi tout à perdre. Si Google décide demain de suspendre son service et de fermer son portail d’actualités, alors tous ces sites perdront en visibilité. Ce qui veut également dire qu’ils feront face à une chute de trafic, et donc à une perte de revenus.  Et là, ils n’auront évidemment plus que leurs yeux pour pleurer.

Après, l’autre solution, ce serait aussi de ne plus indexer tous ces sites.

Via (Crédits PhotoEx13)