Tchernobyl, Fukushima… Qu’en est-il à présent ?

À la fin du mois, cela fera 31 ans que l’accident de la centrale de Tchernobyl s’est produit. Depuis novembre 2016, elle est recouverte par le nouveau dôme de confinement.

Nous connaissons tous les dégâts monstrueux provoqués par l’accident de la centrale, survenu le 26 avril 1986. Le nouveau dôme est un triste chef-d’oeuvre d’ingéniosité. Haut de 108 mètres, il mesure 162 mètres pour une portée de 257 mètres. Le tout pour un poids de 36 000 tonnes.

Pripyat, ville fantôme à 3km de Tchernobyl…

L’arche est censée nous protéger pour une centaine d’années. C’est un beau paradoxe, notamment à cause du risque nucléaire permanent (nous ne sommes jamais à l’abri d’un nouvel accident) et de la propagation résiduelle d’une autre centrale : Fukushima.

Une mégastructure impressionnante

En effet, aucun problème n’est encore réglé et les rejets ont fortement impacté l’environnement, particulièrement le milieu marin.

Quand on pense au casse-tête dû à cet accident et aux années qu’il a fallu pour mettre en place une solution plus fiable et plus… provisoire. Du provisoire de long terme, mais malheureusement indispensable. Un dôme pour recouvrir un… « sarcophage ».

J’imagine si ces lignes seront lues dans cent ans. Qu’en sera-t-il ?

Les années à venir vont certainement nous réserver de mauvaises surprises à propos de l’ampleur des dégâts causés par la catastrophe de Fukushima survenue le 11 mars 2011. Des dégâts qui sont sans aucun doute plus dramatiques et plus étendus que ceux de Tchernobyl compte tenu de la situation géographique de la centrale et de sa proximité avec la mer.

Car heureusement pour le Japon, le vent a globalement épargné le pays.

La centrale de Tchernobyl et le dôme en construction

Une radioactivité record à la centrale de Fukushima

530 sieverts par heure au cœur de la centrale de Fukushima, un taux très inquiétant d’autant plus que Tepco n’explique pas réellement cette hausse de radioactivité. En 2012, le taux était en effet de 72 sieverts par heure.

Pour vous donner une idée, la commission internationale de protection radiologique recommande une exposition maximale de 1 millisievert à l’année.

À une époque où le Monde est ultra connecté et hyper informé instantanément, il est impressionnant de voir à quel point Fukushima est « mis de coté » comparativement à l’accident de Tchernobyl qui est pourtant daté d’il y a trente ans.

Loin de moins l’idée de minimiser la gravité de celui-ci, mais il est pour l’heure bien mieux maîtrisé (heureusement 30 ans après) que ce qui se cache à Fukushima, notamment grâce à ce nouveau dôme impressionnant.

Peut-être est-ce l’amer souvenir de la mascarade politique qui persiste… et de ce nuage intelligent qui s’était gentiment arrêté à la frontière.

Et maintenant… ?

La France a été particulièrement touchée par le nuage radioactif en 1986, et des taux très élevés de Césium 137 ont été relevés dans l’est du pays, notamment dans la terre et dans les potagers. Des relevés effectués en 2015 montrent des taux toujours supérieurs aux normes. À l’heure où l’on vante les mérites d’une alimentation saine et du Bio, je m’interroge toujours sur cette radioactivité résiduelle qui fait contrepoids dans la balance d’une bonne hygiène alimentaire.

À noter que la demi-vie (période pour que son activité soit divisée par 2) du Césium 137 est de 30,15 ans. Nous avons donc atteint cette durée, ce qui est une bonne nouvelle.

En attendant, à Fukushima, (et contrairement à Tchernobyl et Pripyat) la vie reprend son cours petit à petit, 6 ans après l’accident.

Les déplacements sont interdits dans une petite « zone rouge » (zone C) aux alentours de la centrale, et contrôlés dans une zone plus étendue « orange » (zone B). Malgré des taux de radioactivité toujours élevés, le Japon a poussé le seuil d’exposition limite à 20 mSv (la limite autorisée pour les travailleurs du nucléaire), et vient tout juste de lever depuis vendredi l’ordre d’évacuation pour la zone A, ce qui permettra à la population de réintégrer quatre districts autour de Fukushima Daiichi… ou plutôt d’être poussée à y retourner, car les aides financières perçues jusqu’à présent vont être supprimées… avec les JO 2020 à Tokyo en ligne de mire.

Ah, le nucléaire, cette machine infernale contre laquelle nous ne pouvons rien, ou peu, de nos jours, et qui nous est pourtant indispensable à l’heure actuelle…