Tchernobyl va nous aider à préparer la colonisation de Mars

Tchernobyl est clairement une des plus grosses catastrophes de ce millénaire, une catastrophe profondément ancrée dans notre histoire et dans notre conscience collective. Pourtant, la NASA pense que ce tragique événement pourrait nous aider à préparer la future colonisation de Mars.

Tout le monde connaît l’histoire. En 1986, les ingénieurs de la centrale de Tchernobyl ont procédé à un exercice afin de prouver que les réacteurs étaient capables de se relancer d’eux-mêmes en cas de coupure électrique.

Tchernobyl Mars

L’expérience a malheureusement été un échec cuisant. Un des réacteurs est en effet devenu instable et il a commencé à produire du Xénon et de l’Iode en trop grandes quantités.

Tchernobyl, une catastrophe profondément ancrée dans notre conscience collective

La situation était déjà critique, mais elle s’est encore empirée suite à une explosion survenue au niveau d’un réacteur. La gaine des crayons d’uranium a fondu et le gaz a commencé à s’échapper dans l’air. Un épais nuage s’est rapidement formé au-dessus de la centrale et il a fini par s’étendre à travers le continent européen.

Pour éviter que la situation ne s’aggrave, les ingénieurs ont mis en place un dôme de confinement. Il mesure un peu plus de 100 mètres de haut et il offre une portée de 257 mètres, pour un poids tournant autour des 36 000 tonnes. Toutefois, la mise en place de cette mégastructure n’a rien changé au problème. La zone entourant la centrale est extrêmement dangereuse et la radioactivité atteint ainsi des sommets dans la région.

Peu de gens le savent, mais de nombreux scientifiques se sont rendus sur place ces dernières années afin d’étudier la zone. Elle, mais surtout l’impact immédiat et à long terme des rayonnements sur la faune et la flore.

La NASA s’intéresse elle aussi à Tchernobyl. L’agence spatiale américaine pense en effet que ce terrible accident pourrait nous aider à mieux comprendre comment les organismes vivants parviennent à s’adapter à de fortes doses de rayonnement.

Si ce sujet l’intéresse autant, ce n’est pas totalement par hasard.

Une crème pour protéger les astronautes des radiations ?

La NASA prépare en effet depuis plusieurs années des missions habitées vers Mars et elle aimerait même à terme pouvoir établir une base sur place. La tâche n’est cependant pas aisée. L’atmosphère de la planète rouge n’est effectivement pas respirable et elle est en plus dépourvue de champ magnétique global. Elle ne pourra donc pas protéger les colons contre le rayonnement cosmique et le rayonnement solaire. La seule solution pour pouvoir échapper à ces rayons mortels sera donc de construire des dômes protecteurs ou bien de s’enfouir dans le sol.

Toutefois, en attendant, l’agence souhaite étudier l’impact réel des radiations sur des organismes vivants et c’est précisément ce qui l’a poussé l’année dernière à envoyer sur l’ISS huit espèces de champignons provenant directement de la zone d’exclusion de Tchernobyl.

En les analysant, les chercheurs de l’agence ont fait une étrange découverte et ils ont ainsi réalisé que ces derniers avaient développé une résistance accrue aux radiations en synthétisant une biomolécule.

Kasthuri Venkateswaran, chercheur principal au JET Laboratory, pense que cette particularité peut être reproduire en laboratoire. À terme, il estime donc pouvoir fabriquer une crème capable de protéger les humains contre les effets néfastes d’une exposition soutenus aux rayons, une crème qui permettrait du coup aux futurs colons d’affronter sereinement les voyages spatiaux… et la vie sur Mars.

Toutefois, l’intérêt de Tchernobyl ne se limite pas à cette simple crème. En étudiant les végétaux présents sur place, les scientifiques seront aussi en mesure de créer des cultures plus résistantes, des cultures qui finiront peut-être par ensemencer la terre de la planète rouge.