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Technologie QLED : l’arme fatale de Samsung pour mater l’OLED ?

Souvent comparée – à tort – à l’OLED, la technologie QLED cherche à gagner du terrain face à sa prétendue rivale sur le secteur du téléviseur haut de gamme. Un effort de guerre auquel Samsung contribue de tout son poids, en prenant corps et âme le parti du QLED ; quitte à annoncer sans hésitation aucune que, pour eux, l’OLED (sur les téléviseurs) c’est terminé.

Il faut dire que la dénomination des deux technologies ne permet peut-être pas au commun des mortels de différencier ces deux entités comme il le faudrait. Entre QLED et OLED seule une lettre change : une bien maigre différence sur le papier pour des technologies qui n’ont en réalité pas grand-chose à voir.

Samsung fait tout son possible pour mettre la technologie QLED en avant sur le marché du téléviseur haut de gamme.

Mais au juste, quelles sont les différences entre OLED et QLED ? Et surtout que vaut la nouvelle passion de Samsung face à l’OLED et à ses noirs infinis ? Eh bien si ces questions vous taraudent, aucun doute à avoir, vous êtes tombés au bon endroit !

Le QLED, qu’est-ce que c’est ?

Loin de nous l’idée de rentrer dans des considérations trop techniques, cela rendrait sûrement cet article chiant comme la pluie et ce n’est clairement pas le but. Toutefois si l’on veut comprendre les grandes lignes de la présente technologie, il faut déjà intégrer qu’elle est un membre à part entière de la (très) grande famille des dalles LCD et non un nouveau type d’écran – comme l’est l’OLED.

En effet, là où l’OLED (ou Organic Light-Emitting Diode, comme on se plaît à le nommer dans certains cercles) élimine le rétroéclairage au profit de sous-pixels indépendants les uns des autres et surtout capables d’émettre leur propre lumière ; le QLED reste quant à lui attaché aux valeurs ancestrales des écrans LCD. Comprenez qu’il embarque une dalle composée de cellules remplies de cristaux liquides, avec un rétroéclairage à LED tout ce qu’il y a de plus classique.

L’astuce, parce qu’il y en a une, c’est qu’au lieu de se contenter de ce procédé bien connu, Samsung a ajouté un filtre à boite quantique au tout, histoire de pallier à certains manquements historiques du LCD classique (notamment en termes de colorimétrie).

Si Samsung n’est pas la seule marque à plancher sur cette technologie, il faut tout de même noter qu’elle est la première à avoir le cran de la mettre autant en avant sur son haut de gamme. Un «parti pris» comme le martèle la marque, qui a tout de même le mérite de susciter l’intérêt.

Mais revenons à cette affaire de Quantum Dots (ou boîtes quantiques). Découvertes un peu par hasard par un scientifique russe à la fin des années 70, ces dernières ne sont ni plus ni moins qu’une structure cristalline (en séléniure de cadmium) d’une dizaine de nanomètres. Elles sont en outre composées d’électrons excités par la lumière blanche ou bleue, qui (si l’on simplifie un peu l’idée) permettent de générer – une fois éclairés par des LEDs – un grand panel de couleurs. Un panel en l’occurrence nettement plus étendu que sur une technologie LCD « normale ».

Cela permet notamment à Samsung d’annoncer des téléviseurs capables de restituer l’intégralité de l’espace colorimétrique du cinéma numérique (DCI-P3), et ce tout en conservant les qualités propres au LCD, notamment en termes de luminosité (qui atteint d’ailleurs jusqu’à 2000 nits sur les téléviseurs QLED de la marque). Samsung indique en outre que contrairement à l’OLED, le QLED ne marque pas (si ça c’est pas un bourre-pif marketing, votre serviteur mange son chapeau).

Les Quantum Dots : un nouvel El Dorado pas si nouveau que ça…

Outre le fait que la technologie est connue depuis un certain temps, force est de constater que les écrans QLED présentés par Samsung en début d’année ne sont peut-être pas détenteurs d’une partie technique aussi inédite que l’on pourrait le penser.

Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que Samsung nous livre ici une mise à jour de ses modèles SUHD, lancés en cours d’année dernière.

Cela ne veut cependant pas dire que le QLED est dénué d’intérêt, bien au contraire. Cette révision technologique reste pertinente puisque en l’espace d’un an Samsung a appris à mieux maîtriser ses Quantum Dots. En résultent des téléviseurs capables d’une colorimétrie supérieure et d’une luminosité assez ébouriffante, couplée à une nouvelle norme HDR (HDR 10+ « Dynamique ») ; le tout avec des angles de vision plutôt ouverts – même si une marge de progression semble quand même possible de ce côté.

Reste alors la question de la confrontation à l’OLED. Une confrontation qui se justifie de par le positionnement tarifaire des deux entités, mais qui nous paraît un poil tirée par les cheveux tant ces technologies sont différentes et détentrices de qualités (luminosité pour le QLED et contraste pour l’OLED) et défauts qui leur sont propres.

Nous retiendrons simplement que le marché des téléviseurs évolue très vite depuis quelques mois, et que les différents constructeurs redoublent d’efforts pour tirer leur épingle du jeu dans ce secteur hautement concurrentiel.

Une situation qui bénéficie naturellement au consommateur, qui devra toutefois faire avec des prix qui s’envolent… du moins sur le haut de gamme.

Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.