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Telltale traîné en justice par ses anciens employés

Ce qui devait arriver arriva, Telltale est traîné en justice par ces anciens employés. Vendredi dernier, le studio spécialisé dans la création de jeux narratifs, annonçait le licenciement de près de 90% de ses effectifs pour ne conserver qu’un total embryonnaire de 25 développeurs en poste. Une équipe chargée de tenir, tant bien que mal, la barre d’un navire à demi coulé jusqu’à livraison d’un ultime projet : Minecraft – Story Mode, signé avec Netflix en juin. La fermeture de Telltale Games, annoncée à mi-mots par son CEO sur Twitter, aura par ailleurs sonné le glas de ses autres titres en cours de réalisation, dont l’adaptation de Stranger Things prévue – elle aussi – en partenariat avec le géant américain de la VoD.

Dans son naufrage, Telltale n’aurait toutefois pas respecté le Code du travail américain en renvoyant sans préavis 250 personnes. Un recours collectif a donc été déposé auprès de la cour fédérale de San Francisco, sur la base de licenciements irréguliers.

Telltale se voit, au travers d’un recours collectif, poursuivi en justice par ses anciens employés. Le studio est accusé de ne pas avoir respecté le Code du travail lors des licenciements annoncés en fin de semaine dernière.

C’est ce que l’on apprenait hier de Polygon. Les anciens employés du studio, licenciés il y a moins d’une semaine, attaquent Telltale en se prévalent du WARN Act. Cette loi fédérale de protection des employés stipule notamment qu’une suppression de poste doit être annoncée 60 jours en amont de son entrée en vigueur. Dans le cas de Telltale, les 250 employés licenciés auraient été prévenus quelques heures seulement avant d’être invités à quitter définitivement les locaux de l’entreprise. Une majorité d’entre eux auraient en outre été renvoyés sans aucune indemnité de licenciement, comme l’indiquait samedi (sur Twitter, voir ci-dessous) l’ancienne narrative designer du studio.

Telltale Games devra conjuguer avec la variante californienne du WARN Act

Si le WARN Act pourrait, tel quel, donner à Telltale l’opportunité de se sortir d’affaire, les modifications apportées par l’État de Californie à ladite loi permettraient quant à elles de donner raison aux plaignants. En effet, si la version originale du WARN Act stipule que – dans le cas « de circonstances économiques ne pouvant pas être raisonnablement anticipées » – le préavis de 60 jours avant licenciements peut effectivement être contourné, la version californienne du texte ne fait aucunement état de pareilles dispositions. L’enjeu est donc de savoir quelle variante de la loi retiendra la cour lors du procès.

La subtilité de l’affaire est par ailleurs que la fermeture imminente de Telltale – et par conséquent les licenciements engendrés – entrerait bien dans le cadre de circonstances économiques imprévisibles. Selon Variety, plusieurs sources concordantes laissent entendre que le récent désengagement de Lionsgate, l’un des principaux soutiens financiers du studio, aurait tout simplement forcé le groupe à stopper ses activités et renvoyer le gros de ses équipes.