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Test complet du Sony Nex-5

Depuis sa sortie, le Sony Nex-5 a fait couler beaucoup d’encre. Certains le voient comme un compact / bridge évolué, d’autres comme un reflex ultra mince et le bougre semble déchainer les passions. N’écoutant que mon courage, je me suis donc précipité chez les copains de Geek-Trend pour leur en voler un et réaliser un test complet qui va vous permettre de mieux vous rendre compte de ses atouts, certes, mais aussi de ses faiblesses.

Parmi mes différentes résolutions de la bonne année, je peux vous en donner trois. La première, c’est de réaliser un peu plus de tests matériels pour la Fredzone. L’actualité, c’est bien, mais ce n’est plus suffisant à mon goût. Na. La seconde et la troisième, c’est de profiter de l’année 2011 pour trouver du temps et me mettre sérieusement à la photographie et au montage vidéo. Ca fait déjà un bon moment que ça me trotte dans la tête et il fallait bien franchir le pas. Histoire de bien démarrer et de concilier un peu tout ça, j’ai donc décidé de m’attaquer au Sony Nex-5 pour ouvrir les festivités.

Sony Nex-5 : les spécifications

On va commencer par le départ et balancer les spécifications du Nex-5 :

  • Résolution : 14 millions de pixels.
  • Stockage Memory Stick Pro / Pro-HG Duo, SD / SDHC / SDXD.
  • Ecran LCD de 3 pouces orientable (axe vertical uniquement).
  • Port USB 2.0, mini HDMI.
  • Boitier non stabilisé.
  • Formats photo pris en charge : RAW, JPEG, RAW + JPEG.
  • Capture vidéo 1080i (AVHCD) ou 720p (MPEG).

Voilà, maintenant que vous savez ce que le bougre a dans le ventre, nous allons pouvoir passer aux choses sérieuses et examiner plus en détail ses possibilités, notamment en matière de capture photo et de capture vidéo. Le tout avec plusieurs exemples à l’appuie histoire que vous puissiez vous en faire une idée.

Sony Nex-5 : classe, compact et élégant

Qu’on se le dise, le Nex-5 (et son petit frère, le Nex-3) est un produit magnifique à regarder. Surtout pour la version argent. Compact, léger, il tient bien en main (grâce au grip présent sur la poignée) et on peut l’utiliser pendant des heures sans craindre la moindre crampe. Notons toutefois qu’il est préférable de ne pas avoir des mains de géant : si les contrôles sont bien disposés, ils n’en restent pas moins proches les uns des autres. Logique, puisque le boitier du Nex-5 est l’un des plus compacts de sa catégorie.

Sur la tranche gauche, on retrouve deux ports : un USB et un HDMI. Au dessus, de gauche à droite, on a une griffe encadrée par les deux micros intégrés et sur laquelle on pourra greffer un module externe comme un flash ou encore un micro plus performant. Ce dernier point est d’ailleurs assez important pour être souligné, n’oublions pas en effet que l’appareil de Sony est capable de capturer des vidéos en 720p ou en 1080i. Et si le micro intégré au boitier est de bonne facture, il ne suffira sans doute pas aux adeptes des reportages sur le terrain. Genre tu vas à LeWeb, vu le bruit ambiant, c’est un investissement presque nécessaire.

Toujours sur le dessus du boitier mais sur la droite, on va retrouver le bouton de lecture, le déclencheur et la molette d’alimentation. Pour accéder à la batterie et au port pour la carte SD, il faudra  retourner l’appareil et ouvrir la petite trappe qui se trouve juste en dessous..

Mais c’est finalement au dos du Nex-5 que tout va se passer. A gauche se trouve l’écran inclinable (uniquement à la verticale) qui vous facilitera les prises de vues en plongée et en contre-plongée. Plus à droite, on a deux boutons qui encadrent la molette vous permettant de changer de mode de prise de vue et de naviguer au sein des différents menus de l’appareil. Les touches répondent bien, la molette s’avère très agréable à l’utilisation et l’ensemble présente une finition exemplaire.

Sony Nex-5 : une navigation pas toujours intuitive

L’avantage d’un boitier compact, c’est qu’il tient facilement dans la poche. Enfin surtout avec un objectif de type « pancake ». Si vous voulez sortir avec du lourd, il faudra en effet opter pour la sacoche mais je suppose que vous vous en doutiez déjà car tous mes lecteurs sont forcément très intelligents.

Mais la compacité a un prix, les amis. Sur un boitier aussi petit, tu ne peux pas trouver de la place pour mettre tous les contrôles. Et si tu es plutôt du genre reflex et que tu as l’habitude de tout gérer par l’entremise des boutons et des molettes du boitier, et bien le Nex-5 risque de te faire très très bizarre. Et pour cause, puisque pour changer certains paramètres pourtant primordiaux (genre l’ISO pour ne citer que lui), tu vas devoir passer par un ou deux menus différents.

Concrètement, depuis le boitier, tu ne vas pouvoir changer que la gestion du flash, le retardateur, la correction de l’exposition, le mode de prise de vue (unique, en rafale) ou encore passer en mode vidéo. Si tu veux par exemple modifier l’AF, tu n’auras d’autre choix que de rentrer dans les menus de l’appareil. Ce qui te fera évidemment perdre de précieuses secondes. Il te faudra ainsi anticiper tes photos ou tes vidéos et tout faire pour ne pas être pris au dépourvu.

En revanche, le gros point fort du Nex-5, c’est franchement son écran de 3 pouces. D’autant plus qu’il est capable d’afficher 921 000 points et qu’il est possible d’augmenter sa luminosité jusqu’à 700 cd/m2. Que vous shootiez dans la nuit ou en plein soleil, le confort reste donc le même. Notons en outre qu’il peut être orienté à la verticale, ce qui favorisera les prises de vue originales et exotiques.

Sony Nex-5 : une autonomie un peu poussive

L’autre gros point noir du Sony Nex-5 (promis, après on passe aux points forts), c’est sa batterie. Cette dernière permet de prendre entre 300 et 350 clichés. C’est très correct, c’est vrai, mais ces performances s’écroulent lorsque tu passes en mode vidéo. Là, l’appareil pourra tenir quelque chose comme deux ou trois heures, et encore… Du coup, tu n’as pas trente-six solutions, soit tu traines ton chargeur avec toi pour le regonfler à bloc chez les copains, soit tu repasses à la caisse et tu optes pour une seconde batterie.

C’est d’autant plus rageant que le Nex-5 est capable d’avaler des cartes mémoires haute capacité comme les SDXC qui peuvent aller jusqu’à 2 To. En ce qui me concerne, je me suis contenté de ma SDHC habituelle de 32 Go mais autant dire que la batterie de l’appareil ne m’a pas laissé l’occasion de la remplir.

Sony Nex-5 : sur le terrain, en mode « photographie »

Photographier avec le Nex-5 a été assez déroutant au départ puisque je suis habitué au viseur embarqué sur les reflex mais il faut avouer qu’il m’a franchement impressionné. Les modes de prise de vue étant très nombreux, l’appareil est capable de s’adapter à la plupart des situations. Outre les modes habituels (auto, manuel, etc), on trouve un mode SCN qui nous permet d’aller encore plus loin. On appréciera plus particulièrement l’option « crépuscule sans trépied » qui risque de ravir les amateurs de photographie nocturne. Le fonctionnement de cette dernière est simple, le boitier va prendre six vues sous exposées d’une même scène et les comparer afin d’éliminer toute sensation de bougé.

Ce qui est très chouette, aussi, c’est de pouvoir s’amuser avec la profondeur de champ. Cette fonction est habituellement réservée aux reflex (enfin c’est de moins en moins vrai) et la retrouver sur un compact s’avère être une très bonne surprise. On peut vraiment se permettre des prises de vue un peu plus osée et travailler davantage sur nos compositions qu’avec un compact classique. Le Sony Nex-5 est également très impressionnant sur la gestion du bruit. Il faut atteindre les 6400 ISO avant de se manger du crépitement sur ses clichés. Et ça, les filles, c’est assez rare pour être noté. Pour tout vous dire, je ne suis pas certain que les reflex à moins de 1.000 euros fassent aussi bien.


Autre point fort, le mode panoramique qui s’avère franchement très simple et très agréable à l’utilisation. Il suffit de sélectionner le mode, d’appuyer sur le déclencheur et de balayer une scène avec l’appareil pour obtenir une chouette vue panoramique. Et si on s’amuse à dessiner des vagues ou des motifs, on peut même obtenir des clichés très originaux. Si vous aimez la photographie HDR, alors vous serez aussi ravis d’apprendre que le Nex-5 vous permettra de vous adonner à ces plaisirs interdits. Il est d’ailleurs possible d’opter pour l’option DRO mais j’avoue ne pas être un passionné (ni même un grand connaisseur) du genre donc on va très vite passer à autre chose.



Sony Nex-5 : sur le terrain, en mode « vidéo »

En toute franchise, mon test du Sony Nex-5 était assez intéressé. Comme mentionné un peu plus haut, cette année, je compte me mettre sérieusement et à la photographie, et au montage vidéo. Mon objectif ? Tout simplement préparer LeWeb’11 et les différents tests et reportages (genre, tu te prends pour qui sale blogueur ?) que je serai amené à effectuer durant l’année. Et dans ce contexte, autant dire que j’ai accordé énormément d’importance et de place à la fonction vidéo durant mon test de l’appareil.

Deux formats d’enregistrement sont ainsi proposés par le Nex-5 : le MP4 (codec AVC, 1440 x 1080, 13 Mbits/s) et le AVCHD (1920 x 1080). C’est bien, mais on aurait aimé avoir un peu plus de choix. Plus loin, ça se complique encore un peu puisque le boitier ne propose aucune commande particulière en mode vidéo à part le correcteur d’exposition. Pas possible, donc, de jouer sur l’obturation ou sur la sensibilité ISO, tous ces réglages sont gérés automatiquement par l’appareil et on se contente donc… de filmer. Point positif tout-de-même, l’autofocus fonctionne correctement, avec une lenteur assez appréciable qui vous permettra de vous amuser un peu. Notons d’ailleurs la possibilité d’appuyer sur le déclencheur afin de le relancer à pleine vitesse.



Question qualité, j’avoue que le résultat est un peu déçevant. En mode vidéo, le capteur est trop sensible et on note souvent l’apparition de moiré coloré sur les détails les plus fins. Pareil pour l’anti-aliasing qui laisse à désirer, ce qui nuit bien évidemment au rendu général de la vidéo. Et ça, ça vaut pour les deux modes d’enregistrement. Bien sûr, on pourra toujours le corriger en post production mais c’est quand même rageant, surtout lorsqu’on est très exigeant.

Bien sûr, la plupart des gens n’y trouveront rien à redire, le Nex-5 s’en sort quand même mieux que la plupart des compacts du marché, mais Sony aurait du apporter un peu plus de soin à cette fonctionnalité. Passer aussi près de la perfection, c’est quand même fortement regrettable. En ce qui me concerne, si le mode vidéo de l’appareil avait été plus réussi, je pense que je me serais laissé tenter.



Sony Nex-5 : le verdict

Il est difficile de conseiller ou de déconseiller le Sony Nex-5. Tout dépend finalement de ce que vous avez et de ce que vous recherchez. Si vous êtes un amateur, que vous avez fait le tour de votre compact et que vous souhaitez passer à quelque chose d’un peu plus « gros » sans pour autant vous prendre la tête avec les réglages des reflex, alors l’appareil est fait pour vous. Même chose si vous êtes un photographe éclairé mais que vous ne pouvez pas toujours vous trimbaler avec votre 5D Mark II (huhu), le Nex-5 pourra parfaitement venir compléter votre équipement.

Je ne l’ai pas non plus précisé durant mon test mais il est aussi possible d’acheter une bague spécifique afin de monter d’autres objectifs que ceux fournis par Sony. Ce point est important, puisque cela veut aussi dire que le Nex-5 peut vraiment s’imposer comme un boitier d’appoint et que vous n’aurez pas forcément besoin de tout racheter derrière pour l’utiliser.



Malgré ses faiblesses, le Sony Nex-5 s’impose comme un très bon produit. Il ne suffira sans doute pas aux adeptes de la vidéo, c’est certain, mais il rivalise avec les reflex entrée de gamme. Pour tout vous dire, au niveau des prises de vues, je n’ai pas vu aucune différence notable avec mon futur ex 1000D. Bien au contraire, en basse luminosité, l’hybride de Sony s’en sort nettement mieux que ce dernier. J’ai ainsi eu la chance de pouvoir shooter des portraits magnifiques de mes belles-filles à la patinoire de Brie-Comte-Robert en pleine soirée et avec un éclairage vraiment faiblard.

Le seul élément qui risque de vous faire tiquer, c’est bien entendu son prix. Avec un objectif 18-55 mm, Le Sony Nex-5 vous coûtera quelque chose comme 600 euros. Avec le 16 mm, il tombe à 566 euros mais le pack complet vous coûtera environ 700 euros. La question que l’on peut se poser, finalement, c’est s’il ne vaut mieux pas mettre quelques centaines d’euros pour passer directement au Canon 550D ou bien au Canon 60D (oui, je suis Canon et vous avez le droit de me détester pour ça… poke @gonzague).



Et là, forcément, vous êtes le seul à pouvoir répondre à cette question. Quoi qu’il en soit, je tiens une fois de plus à remercier les copains de chez Geek Trend. Si vous recherchez du matos en photo ou en vidéo et que vous avez besoin de conseils avisés, n’hésitez pas à sonner à leur porte.



Mots-clés sonysony nex-5tests

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Frédéric Pereira

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.