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Test de la Chuwi Hi9 Air

Chuwi, une marque très implantée sur les marchés asiatiques, a lancé une nouvelle tablette tactile au début de l’année, la Chuwi Hi9 Air. Après ma prise en main publiée le mois dernier, le moment est bien choisi pour balancer le test.

Chuwi n’est peut-être pas la marque la plus connue dans l’hexagone et il est sans doute utile de commencer par faire les présentations.

Chuwi Hi9 Air : image 1

L’entreprise a ouvert ses portes en 2004 et elle n’est donc pas née de la dernière pluie. Très implantée sur le marché chinois, elle s’est progressivement étendue à travers tout l’Asie et elle s’intéresse désormais au marché européen.

La Chuwi Hi9 Air fait partie des derniers produits présentés par ses soins et elle a de solides arguments pour séduire.

Dans ce test, on va commencer par revenir sur le design et l’ergonomie de la tablette avant d’enchaîner avec son écran, son processeur et son autonomie. On évoquera également la qualité de son modem et on finira avec les fonctions de la plateforme embarquée.

Design & Ergonomie

La Chuwi Hi9 Air fait malheureusement l’impasse sur l’aluminium et elle se contente ainsi d’une coque en plastique renforcée par une armature métallique. Chuwi a opté pour des couleurs neutres et le dos de la tablette tend ainsi vers le gris foncé avec une finition mate.

La tablette n’est pas vilaine à regarder, mais elle offre tout de même des finitions bien en dessous de celle d’un iPad… ce qui est finalement assez logique puisqu’elle est proposée moitié moins chère. Avec un prix de vente situé autour des deux cents euros, on comprend que le constructeur a dû faire quelques concessions.

En revanche, ce qui est vraiment dommage, c’est que le dos de la tablette est un véritable aimant à traces de doigts et il suffit ainsi de la prendre en main pendant quelques minutes pour se retrouver face à une constellation de traces de paluches. Chuwi n’a visiblement pas pensé à appliquer un traitement oléophobique à la plaque arrière de sa tablette.

Le module photo arrière est intégré à un long bandeau texturé. Si ce dernier améliorera drastiquement la préhension de la tablette en évitant de vilaines glissades, il a surtout pour vocation à dissimuler les différents ports de l’ardoise.

Il suffira en effet de déclipser la pièce pour voir apparaître les trois ports de la Hi9 Air. Chuwi n’a pas lésiné sur cet aspect et la tablette propose ainsi un emplacement pour cartes micro SD et deux emplacements pour cartes SIM. Il sera donc possible de faire cohabiter deux abonnements au sein de la même tablette.

Sur le papier, c’est évidemment génial, mais les deux ports ne seront pas très utilisés dans les faits. En règle générale, une carte SIM suffit à assurer une bonne connectivité.

Les boutons sous tous regroupés sur la tranche droite, empilés les uns sous les autres. Le bouton de mise sous tension est placé assez haut et rien ne nous permet de le distinguer des deux contrôles du volume. C’est évidemment dommage puisque nous nous retrouverons souvent à appuyer sur ce bouton en voulant régler le volume sonore de la tablette, ce qui peut évidemment s’avérer problématique en pleine partie.

La prise casque n’est pas oubliée et elle est placée sur la tranche supérieure. Elle est capable de restituer un son correct, mais elle ne brille pas non plus par ses performances. Le connecteur est placé non loin de cette dernière et Chuwi a malheureusement opté pour un port micro USB. Une autre erreur de mon point de vue. L’USB Type-C se développe de plus en plus et c’est donc dommage d’avoir fait l’impasse dessus.

L’écran est entouré par d’épaisses bordures et ce n’est pas forcément une mauvaise chose sur une tablette puisque ces dernières confèreront une bonne préhension à l’ensemble.

Chuwi Hi9 Air : image 3 Chuwi Hi9 Air : image 2

Écran, Processeur & Autonomie

La Chuwi Hi9 Air est doté d’un écran IPS de 10,1 pouces capable d’afficher une définition en 2560 x 1440.

J’avais très peur de me retrouver face à une dalle de piètre qualité, mais ce n’est heureusement pas le cas. Chuwi a opté pour une belle pièce, capable de restituer des images de bonne qualité avec une luminosité suffisante pour être utilisable en plein soleil. Les couleurs sont assez naturelles et la tablette est en plus capable d’afficher des images bien contrastées.

Si vous consommez beaucoup de multimédia et si vous passez le plus clair de votre temps à enchaîner les vidéos sur YouTube, Netflix ou même OCS, alors la Chuwi Hi9 Air vous apportera entière satisfaction. Elle excelle en effet dans cet usage et il sera tout à fait envisageable de regarder des films entiers sur son écran sans craindre pour ses yeux.

Côté processeur, Chuwi a jeté son dévolu sur un Helio X20, un SoC composé de dix cœurs répartis en trois clusters. Le premier regroupera deux cœurs A72 cadencés à 2,5 GHZ, le second quatre cœurs A53 cadencés à 2 GHz et le troisième quatre cœurs A53 cadencé à 1,4 GHz. La partie CPU est épaulée par un GPU proche du T800 et on a aussi un onzième cœur dédié au modem.

Dans la vie de tous les jours, cette puce fait bien le job, mais elle montrera rapidement ses limites avec les jeux les plus gourmands. Il ne sera ainsi pas possible de profiter de PUBG Mobile avec le maximum de détails et il faudra soit se contenter d’une qualité intermédiaire, soit se tourner vers d’autres titres moins gourmands comme Monument Valley 2 par exemple qui tourne aux petits oignons sur la tablette.

L’autonomie n’est pas ébouriffante en revanche. Avec une utilisation soutenue, la tablette ne pourra pas tenir plus de huit heures et il faudra donc penser à la recharger régulièrement si vous consommez beaucoup de vidéos et si vous passez votre temps à jouer. Attention aussi à ne pas la laisser en veille trop longtemps, car sa batterie a malheureusement tendance à se décharger assez vite. Pour ne rien arranger, la recharge est assez longue.

L’un des avantages de la Chuwi Hi9 Air, c’est sans aucun doute le fait qu’elle embarque pas moins de deux trappes pour cartes SIM. En théorie, elle est en effet capable de faire cohabiter deux lignes téléphoniques et elle peut même passer des appels.

Je n’ai malheureusement pas été en mesure de tester cette fonction. Sur la version que m’a fait parvenir le constructeur, les deux emplacements étaient inopérants. Pour ne rien arranger, ma carte SIM Free Mobile est restée coincée dans le lecteur à deux reprises – oui, j’ai testé les deux trappes – et la retirer n’a pas été chose aisée.

J’ai bien évidemment fait remonter l’info à Chuwi et j’ajouterai un commentaire lorsque le constructeur m’aura répondu.

Chuwi Hi9 Air : image 5 Chuwi Hi9 Air : image 4

Fonctions & Plateforme

La Chuwi Hi9 Air est livrée sous Android 8.0 Oreo et l’interface est dépourvue de surcouche. C’est évidemment une bonne chose puisque la tablette n’en est que plus réactive.

La plateforme est en effet très bien optimisée et aucune latence particulière ne vient gâcher l’expérience. La tablette répond en effet du taco tac et la navigation est presque instantanée.

Les fonctions habituelles répondent bien entendu présentes. Un appui long sur une icône fera ainsi apparaître une liste d’options contextuelles et il sera ainsi possible de se lancer directement dans la rédaction d’un mail sans avoir besoin de lancer Gmail. C’est évidemment très pratique au quotidien.

L’affichage multiple est aussi de la partie et il suffira ainsi de passer par le multitâche et de tirer une fenêtre vers la gauche ou vers la droite pour placer deux applications côte à côte. Si cette fonction est parfois très utile sur nos smartphones, elle est presque indispensable sur une tablette et c’est donc bien de la proposer.

En revanche, le picture in picture manque à l’appel et il faut avouer que ça manque cruellement. Il faut croire que Chuwi a préféré le désactiver. Cela a peut-être un rapport avec les performances générales de la tablette, mais ce n’est qu’une simple supposition de ma part.

Bon point en revanche, Chuwi n’a pas cédé aux sirènes des bloatwares et la Hi9 Air est ainsi livrée avec le strict minimum  au niveau des applications. On retrouve en effet uniquement les outils de Google. Bien sûr, derrière, la tablette nous offre un accès direct au Play Store et il sera donc possible de profiter de toutes les applications disponibles sur la boutique de Google.

Côté photo, le capteur placé à l’arrière est franchement décevant et il ne sera pas en mesure de prendre de belles photos. Les images manqueront cruellement de piqué et des artefacts apparaîtront dès que la lumière ambiante commencera à baisser. Fort heureusement, Chuwi a apporté un peu plus de soin à la caméra frontale et la tablette nous permettra ainsi de profiter des habituelles fonctions de visio-conférence dans de très bonnes conditions. Si vous voulez le fond de ma pensée, c’est mieux dans ce sens-là.

La partie sonore est plutôt bonne pour sa part. Les haut-parleurs sont placés sur la tranche supérieure et nous n’aurons donc pas tendance à les étouffer lorsque nous tiendrons la tablette en main. Si les basses manquent clairement de puissance, le son est tout de même bien équilibré. Il ne sature effectivement pas (trop), et ce même lorsqu’on le pousse à fond. La prise casque est correcte pour sa part, mais elle manque tout de même un peu de puissance.

Chuwi Hi9 Air : image 7 Chuwi Hi9 Air : image 6

En Conclusion

La Chuwi Hi9 Air n’est pas parfaite, c’est indéniable. Afin de conserver le prix de vente le plus bas possible, le constructeur a effectivement dû faire quelques sacrifices.

Côté design, la tablette n’est pas vilaine, mais elle a franchement tendance à collectionner les traces de doigts et la seule solution pour les éviter sera de placer l’ardoise dans une coque en plastique… ce qui est finalement assez idiot quand on y pense puisqu’elle est déjà faite de plastique.

L’écran n’est pas le plus lumineux du marché, c’est vrai, mais il fait bien son boulot et la dalle est suffisamment qualitative pour contenter les consommateurs de multimédias. La puissance et l’autonomie sont correctes, mais la tablette ne s’adresse pas non plus aux gamers et elle montrera rapidement ses limites sur les jeux les plus gourmands.

Fred

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