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Test de l’Alienware 13 R3 : Un écran et des performances venus d’ailleurs

Dire que les dalles OLED sont à la mode est d’un euphémisme affolant. Particulièrement populaires sur les smartphones (notamment sur l’année 2017) et largement répandues sur le secteur du téléviseur haut de gamme depuis des années maintenant, il y a bien que dans le monde PC que ces écrans au contraste sidérant semblent avoir encore du mal à s’imposer comme une évidence auprès des constructeurs.

Visiblement désireux de compter parmi les précurseurs, Dell, sous sa filiale Alienware, a pourtant décidé de sauter le pas avec l’Alienware 13 R3, un PC portable franchement orienté gaming qui n’a pas froid aux yeux et qui profite (mince on a peut-être un peu vendu la mèche) d’une jolie dalle OLED de 13 pouces.

Cet épais laptop, nous avons eu l’opportunité de le tester pendant une dizaine de jours pour lui infliger les pires tortures. Et après moult Benchmarks et de longues (très longues) sessions de jeu sur The Witcher 3, Assassin’s Creed Origins, Call of Duty : WWII et Dishonored : Death of the Outsider, nous sommes fin prêts pour vous donner notre avis détaillé sur le pépère.

Fiche Technique

Le modèle que Dell nous a envoyé en prêt est la version la plus haut de gamme des 4 Alienware 13 proposés par la marque. Nous avons donc testé une bécane équipée d’un Intel Core i7-7700HQ (4 cores profitant de l’hyperthreading, 6 Mo de cache, et une fréquence cadencée entre 2,80 Ghz et 3,80 Ghz en mode turbo), d’une Nvidia GTX 1060 6Go et de 16 Go de mémoire vive en DDR4 2400 Mhz (2 x 8 Go).

Côté écran, la variante que nous avions entre les mains profitait donc d’une dalle OLED tactile de 13,3 pouces et d’une résolution 2K (2560 par 1440 pixels). Son niveau de luminosité atteint les 400 cd/m² selon le constructeur.

Enfin, le tout pouvait compter sur un espace disque de 256 Go en SSD (PCIe), une connectique plutôt complète (1 entrée Ethernet RJ45, 1 prise micro/casque, 2 sorties USB 3.0, 1 port USB 3.0 Type-C, 1 port Thunderbolt 3, 1 sortie HDMI 2.0, 1 sortie mini-DisplayPort 1.2 et 1 port pour amplificateur graphique Alienware), ainsi que sur Windows 10 64bits édition Famille.

Cette déclinaison de l’Alienware 13 R3 est proposée à un tarif recommandé de 2050 euros. Il existe bien sûr des modèles moins onéreux, mais il faudra alors se contenter de configurations matérielles plus modestes et faire l’impasse sur l’OLED. Leurs tarifs s’étalent quant à eux de 1300 à 1550 euros environ.

Pour plus d’informations sur ces autres modèles, n’hésitez pas à vous référer à la page officielle du constructeur en la matière. Vous la trouverez à cette adresse.

Design & Assemblage

Parler de design massif pour l’Alienware 13 R3 n’est pas usurpé, le terminal de Dell est imposant sous tous les rapports pour une machine de seulement 13 pouces. Il est lourd (2,6 kilos sur la balance) épais (2,9 cm d’épaisseur), taillé dans les grandes largeurs et se montre assez peu élégant, avouons-le.

PC portable destiné au jeu vidéo oblige, le 13 R3 est en outre particulièrement épais et fait la part belle à de larges espaces dédiés à la ventilation et au système de dissipation. Cela implique notamment la présence d’un « bloc » sur l’arrière du terminal, derrière l’écran, qui permettra au système d’évacuer un maximum de chaleur en jeu.

L’assemble de l’appareil a d’ailleurs été conçu pour favoriser la circulation des flux d’air et faciliter le refroidissement des composants lors d’un usage intensif. Une démarche tout à fait logique dans le cadre d’une machine destinée au gaming, mais qui a évidemment un impact notable sur le design et l’esthétisme de l’ensemble. Sans être moche l’Alienware 13 R3 n’est clairement pas une beauté grecque.

Dell s’est en outre senti obligé d’ajouter son lot d’effets RGB au tout histoire de nous rappeler qu’on est bien sur une machine dédiée aux gamers, aux vrais. Si vous aimez le bleu turquoise, vous serez toutefois servis puisque le rétro-éclairage du clavier – et du trackpad – est de cette couleur. Sauf erreur de notre part, il n’est pas possible de la modifier manuellement ce qui est fort dommage (précisons par ailleurs que le rétro-éclairage est désactivé par défaut lorsque le terminal fonctionne sur batterie…).

Heureusement, l’assemblage est là pour compenser. De ce côté le terminal est difficilement attaquable. Il respire la robustesse et les matériaux sélectionnés semblent de qualité. On a notamment droit à des plaques de métal brossé sur le dessus et le dessous du laptop, qui renforcent l’impression de solidité qui s’en dégage. Au-delà, c’est le plastique (mat) qui prend le relais, sans pour autant que les finitions en prennent un coup.

À noter que Dell a prévu de larges repose-poignets au bas du clavier. Assez confortables, ils profitent pour leur part d’un revêtement « peau de pêche » agréable au toucher, mais malheureusement très salissant.

Au-delà de son apparente solidité et de sa qualité d’assemblage en tous points honorable, le 13 R3 a été pensé pour être facilement upgradé.

La plaque de métal brossée située sur le dessous du terminal peut en effet se dévisser très simplement (5 vis cruciformes seulement). Une fois retirée on pourra alors accéder à certains composants (mémoire vive et SSD essentiellement) et constater qu’un slot PCIe est libre. Parfait pour ajouter de l’espace de stockage à un PC qui en manque cruellement (256 Go, c’est vite rempli à coups de jeux qui en pèsent entre 30 et 50). Malheureusement, aucun slot pour disque dur 3,5’’ n’est disponible, ce qui est à la fois regrettable… et dans l’air du temps.

Clavier & Connectique

À boire et à manger côté clavier en ce qui concerne notre Alienwware 13 R3. Dell a fait le choix de touches qui ne sont pas séparées les unes des autres, ce qui n’est pas un mal en soi, d’autant que la frappe est reste rapide tout en étant onctueuse grâce à une course relativement profonde pour un laptop. Pour un usage bureautique / multimédia, aucun problème, le clavier du terminal est agréable à utiliser (même s’il faut tout de même un petit temps d’adaptation). En revanche, dès que l’on cherche à l’utiliser en jeu le constat est sensiblement différent.

Évidemment, rien de rédhibitoire, mais il faut malgré tout relever que l’ergonomie du tout n’est pas forcément des plus adaptées. On cherche souvent les touches sans jamais vraiment prendre ses marques. La chose se montrera d’ailleurs assez agaçante dans les jeux où il faut être un minimum rapide (on a une pensée toute particulière pour les FPS…). La faute en incombe à des touches malgré tout assez petites  – et plus globalement à la taille même de l’appareil qui ne favorise pas vraiment le confort en jeu. Il faudra donc redoubler de patience pour s’habituer à jouer au clavier sur le 13 R3… Ou se tourner vers une manette.

On ne peut toutefois pas en vouloir à Dell, la compacité n’a tout simplement pas que des avantages…

En termes de connectique le constat est différent puisque le terminal se pare d’entrées diverses et variées. Outre la présence des classiques ports USB 3.0 et HDMI, on ne peut que saluer la présence d’une entrée Type-C Thunderbolt et d’une sortie Mini DisplayPort. Idéale tant pour s’assurer d’une connexion de qualité que pour improviser une LAN party avec des potes, une bonne vieille prise Ethernet RJ 45 est également de la partie. Une excellente chose.

Au final il n’y a pas grand-chose à reprocher à l’Alienware 13 R3 sur ce point, si ce n’est la répartition des différentes entrées sur la machine. Il y a en sur les deux côtés et sur l’arrière. Il y aurait sûrement eu moyen de faire mieux en regroupant un peu plus certains ports sur les côtés.

Heureusement les entrées les plus usités (USB, Jack…) sont à portée de main, donc tout va bien.

Écran & Performances

C’est un quasi-carton plein ici, l’écran de l’Alienware 13 R3 est probablement parmi les meilleurs actuellement proposé dans le secteur des PC portables pour gamer. Nous l’avons dit, le terminal a la particularité de se payer les services d’une dalle OLED (ce qui n’est pas particulièrement courant), et le moins que l’on puisse dire c’est que l’apport de cette technologie n’est pas négligeable – notamment dans les jeux.

Il faut dire que Dell ne s’est pas mouché du coude, la dalle sélectionnée est de qualité. Outre le contraste infini que l’OLED dispense (99999:1), la colorimétrie de l’écran s’avère parfaitement équilibrée. Les couleurs y sont vives et profondes, sans verser pour autant dans l’exagération. Cela permet notamment à la dalle d’afficher des images à la fois naturelles et vibrantes. Le tout sera d’ailleurs renforcé par la définition choisie par le constructeur. Au lieu d’opter pour la traditionnelle résolution Full HD, Dell a effectivement fait le pari (sur ce modèle) d’une définition 1440p.

La finesse d’affichage proposée par un écran 2K de 13,3 pouces, couplée à la magie de l’OLED, permet littéralement de redécouvrir ses jeux sous un nouvel angle. Rarement les déserts d’Assassin’s Creed Origins auront eu l’air aussi brûlants et les paysages enneigés de Skellige (dans The Witcher 3) aussi crédibles. Un carton plein, donc, sur lequel il faudra toutefois laisser planer l’ombre d’un double bémol.

Nous avons d’une part un problème avec la luminosité de l’écran qui nous a semblé un poil juste, d’autant que la dalle est brillante, et donc largement sujette aux reflets en tous genres. C’est d’autre part la longévité d’une dalle OLED sur une machine de ce type qui nous inquiète un peu. Bien connu pour ses problèmes de marquage, l’OLED pourrait finir par poser problème sur l’Alienware 13 R3 et nous n’avons aucun moyen de savoir dans quel état sera la dalle après plusieurs années d’utilisation au quotidien.

Sans transition, rappelons que l’écran du terminal est tactile. N’y allons pas par quatre chemins, l’utilité d’une dalle tactile sur un PC non convertible est déjà très limitée. Sur une bécane pensée pour le gaming – dotée qui plus est des dimensions du 13 R3 – elle est totalement inexistante. On aurait préféré un écran classique… et un prix un peu moins élevé.

Mais trêve d’ergotage, intéressons-nous sans plus attendre aux performances de l’Alienware 13 R3 !

De ce côté, il n’y a pas de doutes à avoir, la machine que nous avons eue entre les mains en avait clairement sous le capot. Avec un Core i7-7700HQ, 16 Go de RAM et une GTX 1060, nous n’avons eu aucun problème pour lancer les 4 jeux que nous avons installés sur le terminal pour l’occasion, que ce soit en 1080p… ou en 1440p.

C’était d’ailleurs la petite surprise que nous avons eue, si la GTX 1060 permet d’animer sans broncher les titres les plus récents en 1080p (avec les niveaux de détails poussés à fond et un framerate solidement campé au seuil fatidique des 60 fps dans la majorité des cas), la puce de Nvidia s’est également illustrée en 2K.

Pleine de bonne volonté elle parvient en effet à fournir une expérience tout à fait convenable dans cette définition. Alors bien sûr, il faudra faire quelques concessions sur le plan visuel (baisser un peu la finesse des ombres et opter pour un traitement antialiasing plus léger suffira la plupart du temps) pour atteindre un framerate stable et profiter d’une expérience fluide, mais dans l’ensemble (et si elle ne remplacera pas une GTX 1070 ou 1080 sur de la 2K), la GTX 1060 ne démérite pas en 1440p.

Nous avons donc fait tourner tous nos jeux dans cette définition. À titre indicatif The Witcher 3 parvient à taper les 40-45 fps avec tous les détails à fond (HairWorks excepté) ; Assassin’s Creed Origins campe aux entre 30 et 40 fps en fonction des lieux visités (des concessions ont toutefois dû être faites notamment du côté des ombres, du niveau de végétation et de la distance d’affichage) ; Dishonored : Death of the Outsider se cale entre 45 et 50 fps avec pratiquement tous les réglages en Ultra ; quant à Call of Duty : WWII, il tient ses 60 images par seconde presque tout le temps avec seulement quelques détails mineurs abaissés au niveau « élevé » ou équivalent.

Véloce en jeu, l’Alienware 13 R3 que nous avons testé l’était aussi dans les Benchmarks. Avec 3D Mark, le terminal parvenait à s’installer à 3713 points sur Time Spy, à 9519 points sur Fire Strike et à 23666 points sur Sky Diver. En complément nous avons également lancé Superposition Benchmark (1080 High) et y avons recueilli 5576 points. À noter également que le bougre sera plutôt à l’aise en VR. Toujours sur Superposition Benchmark, les benchs dédiés à la réalité virtuelle (VR Optimum et VR Maximum) se sont respectivement terminés avec un indice de 9746 et 5547 au compteur (vous pourrez retrouver les résultats détaillés des Benchmark au bas de l’article).

Évidemment, avec ces performances, l’appareil pourra également être utilisé en traitement photo ou en montage vidéo ; mais il nous faut malheureusement tirer ce bon bilan vers le bas en évoquant l’incontournable question de la chauffe et du bruit généré par la ventilation.

Et de ce côté c’est un constat nettement moins flatteur que nous allons dresser. Il faudra en effet faire avec un système de dissipation particulièrement bruyant et assez peu efficace. Dès qu’un jeu est lancé, les températures montent en flèche jusqu’à rendre le clavier chaud au toucher et le dessous de l’appareil brûlant. Cela se traduit par des températures CPU comprises entre 42° sur le bureau et plus de 80° en jeu, après une vingtaine de minutes sur The Witcher 3. Voilà qui se passe de commentaires.

Autonomie & Son

Comme vous pouvez l’imaginer, machine puissante et dégagement thermique important ne font pas bon ménage avec l’autonomie. Nous héritons donc assez logiquement d’un appareil qui ne profite pas d’une endurance mirifique, c’est même le moins que l’on puisse dire.

Pour tenter de limiter la casse en la matière, Dell a bridé assez franchement les capacités de son CPU et de sa puce GPU lorsque le tout fonctionne sur batterie. Cela permettra au 13 R3 de tenir péniblement 7 petites heures dans le cadre d’un usage axé sur de la bureautique et du multimédia. Pour de la vidéo, il faudra plutôt tabler sur une autonomie de 5-6 heures en fonction du degré de luminosité choisi ; tandis qu’en jeu on plafonnera à tout juste 1h30 – et avec des performances largement castrées.

Pour jouer, il faudra donc impérativement (du moins si l’on veut profiter d’une expérience plaisante) raccorder le terminal sur secteur, ce qui en fait une machine que l’on devra trimbaler en permanence – ou presque – avec son chargeur (dont le bloc est d’ailleurs assez volumineux).

Au bout du compte, entre les mensurations de l’appareil, son poids et le fait qu’il faille souvent le transporter avec son chargeur, on peut raisonnablement annoncer que l’Alienware 13 R3 n’est pas le type de laptop qu’on aura envie de mettre dans son sac pour aller en cours ou au boulot… Sa polyvalence au quotidien est donc limitée.

Bouclons toutefois ce test en abordant la question du son proposé par ledit terminal. Et ici aucune surprise n’est en vue, malheureusement. On aura, comme souvent, droit à une prise casque d’excellente facture. Que ce en jeu ou pour écouter de la musique (ou de la vidéo) le son diffusé par cette sortie s’avère en tout point satisfaisant. Les aigus sont propres, les médiums correctement calibrés et les basses bien présentes.

Tout le contraire des haut-parleurs, qui s’illustrent par des aigus bien trop brillants pour être agréables et des médiums trop présents. Et pour ce qui est des basses… Eh bien on a lancé les recherches.

DESIGN & ASSEMBLAGE7
CLAVIER & CONNECTIQUE8
PERFORMANCES8
ÉCRAN9
AUTONOMIE6
PRIX7
L’Alienware 13 R3 est une machine portable taillée pour le jeu. Si son écran OLED marque les esprits au même titre que ses performances générales ; il faut malheureusement pointer d’un doigt accusateur un système de dissipation bruyant dont l’efficacité laisse à désirer, ainsi qu’une autonomie trop timide pour en faire un laptop polyvalent.
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Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.