Test du BlackBerry Passport

BlackBerry a présenté l’année dernière un terminal aux dimensions assez atypiques. Le Passport ne ressemble pas vraiment aux autres téléphones du marché et c’est précisément ce qui m’a donné envie de le tester. Après quelques semaines d’utilisation, le moment est d’ailleurs venu de dresser un bilan de l’expérience. Oui, et autant vous prévenir de suite, il m’a pas mal bluffé, le bougre.

Comme à l’accoutumée, j’attire votre attention sur le fait que ce test ne versera pas dans la technique pure et il se placera simplement du point de vue de l’utilisateur. Pas de sondes, donc, et pas de mesures compliquées.

BlackBerry Passport : photo 1

Le Passport de face, tenu en main.

En outre, sachez que BlackBerry OS n’est pas ma plateforme de prédilection. Mon dernier BlackBerry remonte à quelques années et il est donc possible que je sois passé à côté de certaines fonctions. Si c’est le cas, n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires, à la suite de cet article.

Caractéristiques Techniques

Je pense que vous commencez à connaître la chanson. Avant de vous parler du Passport et de vous expliquer pourquoi il est l’un des meilleurs téléphones du marché, il faut commencer par rappeler ses caractéristiques en quelques lignes histoire que tout le monde soit sur le même pied d’égalité.

Si vous n’avez plus sa fiche technique en tête, voici donc ce que propose le dernier porte-étendard de BlackBerry :

  • Ecran de 4,5 pouces au format 1:1.
  • Définition en 1440×1440, densité de pixels de 452 ppp.
  • Processeur Qualcomm Snapdragon 810 MSM8974-AA à 2,2 GHz.
  • 3 Go de mémoire vive.
  • 32 Go de stockage + port micro SD (128 Go maximum).
  • Capteur de 13 millions de pixels.
  • Optique stabilisée capable d’ouvrir à f/2.0.
  • Caméra frontale de 2 millions de pixels.
  • WiFi 802.11 b/g/n/ac, Bluetooth 4.0 LE, GPS, 4G/LTE.
  • Port micro USB 2.0, Accéléromètre, Magnétomètre, Gyroscope.
  • Batterie non amovible de 3 450 mAh.
  • Dimensions : 128 x 90,3 x 9,3 mm.
  • Poids : 196 grammes.

Le prix de vente du terminal est actuellement fixé à 649 euros sans abonnement, et donc sans subvention opérateur. Chez les opérateurs, vous pourrez le trouver autour de 130 euros avec un forfait derrière. Notez tout de même que ces prix sont donnés à titre indicatif, et ils devraient pas mal changer dans les semaines et dans les mois à venir.

Quoi qu’il en soit, le BlackBerry Passport se positionne sur le haut de gamme, avec des caractéristiques qui n’ont pas grand chose à envier à celles du Xperia Z3. Son format n’est d’ailleurs pas sa seule particularité puisque le terminal embarque un clavier physique sensitif capable de faire office de pavé tactile.

Il sera largement évoqué un peu plus bas dans l’article.

BlackBerry Passport : photo 2

La tranche gauche du Passport.

BlackBerry Passport : photo 3

La tranche supérieure du Passport.

BlackBerry Passport : photo 4

La tranche droite du Passport.

Packaging, Design & Ergonomie

Le kit qui m’a été confié se destine à la presse et il met la barre évidemment très haut. En plus du terminal, on trouve une coque de protection en plastique rigide, un film plastique transparent, une notice, un câble de synchronisation et pas moins de trois chargeurs.

Je l’ai dit un peu plus haut mais le Passport est vraiment un produit étonnant. Il a tout simplement l’air immense et c’est d’autant plus étrange que son écran ne dépasse pas les 4,5 pouces. Comme quoi, le format, ça compte. Détail amusant, la vitre de protection est légèrement bombée sur les bords. Très agréable.

Et puis, il y a le poids. Avec ses 196 grammes sur la balance, le bougre pèse plus lourd que la plupart des terminaux disponibles sur le marché. Logique, vu ses finitions et les matériaux utilisés dans sa conception. Si sa coque est faite de plastique, il est construit autour d’un châssis métallique renforcé.

Le bon côté de la chose, c’est qu’il a peu de chances de se plier dans votre poche.

L’écran semble gigantesque, donc, et il n’est pas tout seul non plus puisqu’il surplombe un clavier physique constitué de 29 touches. Toutes les lettres répondent présentes, bien sûr, avec les trois touches supplémentaires habituelles : Suppression, Entrée et Espace.

Pas de chiffres en revanche et c’est assez normal car cette partie là est assurée par l’écran tactile. Il sera effectivement possible de faire apparaître quelques rangées de touches supplémentaires en effectivement un glissement sur le clavier. Ce point sera aussi abordé plus bas, si je ne l’oublie pas en cours de route.

Les touches du clavier sont légèrement biseautées. Le touché est agréable mais le mécanisme est assez rude et un temps d’adaptation sera nécessaire pour le prendre en main.

Sans surprise, les finitions sont exemplaires et elles tiennent la comparaison avec tous les autres terminaux haut de gamme du marché. BlackBerry a fait de l’excellent travail.

L’ergonomie du terminal est assez conventionnelle. Trois boutons physique sont placés sur la tranche droite. Ils permettent de contrôler le volume sonore de l’appareil, mais aussi d’accéder en un instant à l’assistant vocal introduit avec la dernière version de BlackBerry OS. Pas de déclencheur en revanche mais pas de panique car la touche volume- prendra le relai.

Le port micro USB se trouve sur la tranche inférieure. Il est encadré par deux grilles dissimulant les hauts-parleurs et les microphones de l’appareil. La prise casque est de l’autre côté, sur la tranche supérieure. C’est aussi à cette endroit que l’on trouve le bouton de mise sous tension.

Il n’est pas forcément bien placé, mais BlackBerry a pensé à intégrer une « gesture » pour sortir rapidement le téléphone de veille. Un simple glissement du bas vers le haut sur son écran suffira à le tirer de sa torpeur.

Le Passport n’embarque pas de trappe. Pour accéder aux ports pour la carte SIM et la carte micro SD, il faudra enlever la partie supérieure du capot. La tâche n’est pas aisée, loin de là. Ah, et notez aussi que la batterie du terminal n’est pas amovible. Il sera donc impossible de la changer à la volée.

BlackBerry Passport : photo 7

Le terminal vu de dos, avec sa coque de protection. Sous un angle différent.

BlackBerry Passport : photo 6

Le terminal vu de dos, avec sa coque de protection.

BlackBerry Passport : photo 5

La tranche inférieure du Passport.

Ecran, Puissance & Autonomie

Je l’ai évoqué un peu plus haut, mais le Passport est pourvu d’un écran parfaitement carré, au format 1:1. Il mesure 4,5 pouces de diagonale et il est capable d’afficher une définition plutôt confortable, atteignant les 1440×1440.

Ce qui donne une densité de pixels de 452 ppp.

C’est sans doute un peu idiot mais j’avais quelques apriori avant d’avoir le téléphone en main. Dans mon esprit, les BlackBerry sont surtout des terminaux axés sur la productivité. J’avais donc peur que la marque se soit contentée du strict minimum de ce côté-là.

Fort heureusement, ce n’est pas le cas. L’écran est effectivement très lumineux et bien contrasté. Les couleurs sont plutôt naturelles et peu saturées.

La couche tactile, pour sa part, est extrêmement réactive. Il n’y a pas besoin d’insister pour interagir avec la plateforme, un simple glissement de doigts suffit. Je n’ai pas noté de différence flagrante avec le Z3 en tout cas, et cela vous donne sans doute une bonne idée de la qualité de fabrication du terminal.

Pour le processeur, on retrouve un Snapdragon 801 couplé à 3 Go de mémoire vive. Là encore, il est évidemment très difficile de ne pas établir un parallèle avec le dernier téléphone haut de gamme de Sony puisqu’il a droit à la même fiche technique.

La bonne nouvelle, c’est que ça se traduit aussi par des performances similaires. Je n’ai noté aucune latence durant ces quelques semaines de test. Le Passport est capable de faire aisément tourner les applications proposées sur la boutique native, mais également celles du Play Store.

Cela veut pour les outils, et aussi pour les jeux bien entendu.

L’autonomie n’est pas en reste. Avec une utilisation normale (mails, réseaux sociaux, recherches, photos), il peut tenir facilement un jour et demi avec une seule charge. En faisant attention et en désactivant quelques services, on peut dépasser les deux jours.

BlackBerry OS intègre aussi un économiseur d’énergie très efficace, et configurable à souhait. S’il est possible de l’activer en permanence, on peut aussi le régler pour qu’il se mettre en place à partir du moment où la batterie descend sous un certain seuil. Là, on pourra demander au terminal de réduire la luminosité de l’écran ou même la vitesse du processeur.

Je ne connais pas très bien la plateforme et je manque encore de recul, mais je pense qu’en combinant tous ces éléments, on peut tenir pas mal de temps.

Bref, avec le Passport, vous n’aurez pas peur de tomber à sec.

BlackBerry Passport : photo 10

Le terminal vu de dos, sans la coque de protection.

BlackBerry Passport : photo 9

Le terminal vu de côté, sans sa coque de protection.

BlackBerry Passport : photo 8

La clavier physique du Passport.

Photos, Vidéos & Son

BlackBerry a toujours accusé un net retard sur ses concurrents en matière de photos et de vidéos.

Mais tout ceci est de l’histoire ancienne et c’est précisément ce que je me suis dit en prenant mes premières photos avec le Passport.

L’application mobile, pour commencer par le début, est très agréable à utiliser. Elle ne va pas aussi loin que Nokia Camera, c’est certain, mais elle propose tout de même les options habituelles et pas moins de quatre modes : « Normal », « Time Shift », « Rafale » et « Panorama ». Si l’utilisateur le souhaite, il pourra aussi activer le HDR, régler le flash, sélectionner une scène et même choisir le format des clichés.

Le 1:1 est évidemment de la partie, mais il faudra aussi compter sur le 4:3 et sur le 16:9.

En allant dans les options avancées, on pourra aussi trouver d’autres paramètres et régler notamment le format des vidéos (définition et cadence d’images), activer ou désactiver le stabilisateur intégré, géolocaliser les images ou encore jouer avec la mise au point lorsque nous capturerons des vidéos.

Mais qu’en est-il de la qualité des images ?

Le Passport s’en sort avec tous les honneurs sur la partie photo. Il est capable de délivrer de très jolies images, avec un beau piqué et des couleurs assez naturelles. Fait amusant, cela vaut autant sur des scènes fortement éclairées que lorsque la lumière commence à baisser.

Alors bien sûr, tout n’est pas parfait non plus et le terminal a aussi tendance à trop lisser les images en basse luminosité.

Maintenant, je pense qu’il ne se situe pas très loin du Xperia Z3. Il fait donc largement mieux que le HTC One M8, pour ne citer que lui. Ceci étant, il est aussi loin d’égaler le Lumia 1020 ou le Lumia 930, ce qui ne devrait pas vraiment vous surprendre.

Et pour les vidéos ?

Le Passport peut filmer en 720p ou en 1080p, à une cadence maximale de 60 images par seconde. Pas de 4K, donc, mais ce n’est pas vraiment un manque. Pas pour l’instant du moins, parce que ce format finira par se démocratiser tôt ou tard.

J’ai aussi été très agréablement surpris par le système de stabilisation optique. Il fait des merveilles sur ce terrain. Grâce à lui, on peut obtenir des séquences fluides sans trop de difficulté.

Je n’accorde que peu d’importance à la partie audio d’ordinaire, mais les choses sont un peu différentes ici puisque le Passport a été pensé comme un appareil communiquant. Son constructeur l’a ainsi équipé de quatre microphones placés à des endroits stratégiques, des microphones capables d’adapter les niveaux en temps réel en fonction de l’environnement ambiant et de la position du combiné.

Et vous savez quoi ? Ca marche plutôt bien, y compris dans des environnements très bruyants. Si vous passez votre temps en voiture ou dans les transports en commun, vous devriez apprécier.

Les hauts-parleurs d’en sortent avec tous les honneurs aussi, avec un son ample et puissant. Parfois un peu trop, d’ailleurs. Si vous montez le volume trop haut, vous perdrez fatalement en qualité. Remarquez, c’est un peu le cas pour tous les téléphones.

Le seul qui m’a vraiment bluffé là dessus, c’est le M9 (pris en main ici) finalement.

BlackBerry Passport : photo 13

La rédaction d’un nouveau message.

BlackBerry Passport : photo 12

Le BlackBerry Hub.

BlackBerry Passport : photo 11

Les applications en cours d’exécution sont présentées sous la forme de vignettes.

Plateforme & Fonctionnalités

Je ne connais pas bien BlackBerry OS. La dernière fois que j’ai utilisé un terminal de la marque, c’était un des premiers Bold. Ces quelques semaines passées en la compagnie du Passport m’ont donc permis de me plonger dans l’écosystème du géant canadien.

J’ai beaucoup apprécié l’expérience, d’ailleurs. Je ne vais pas passer en revue toutes les fonctions proposées par la solution, en revanche, parce que ce serait beaucoup trop long. Je préfère me concentrer sur les choses qui m’ont le plus marqué.

L’interface et l’ergonomie

BlackBerry OS est extrêmement simple à prendre en main. L’interface est à la fois sobre et soignée. Elle rappelle un peu Android par certains aspects, mais elle dispose de sa propre identité et on a tout de suite l’impression d’être sur une plateforme vraiment différente de ses concurrentes.

Etrangement, ça se ressent dès l’écran de verrouillage. S’il fait clairement apparaître la date et l’heure du jour, il met aussi l’accent sur les notifications en attente, au travers d’une jolie barre verticale placée sur la gauche. Très pratique.

Pour le reste, l’interface se structure autour de trois éléments. Trois éléments ou, plutôt, trois panneaux placés à côté les uns des autres. Pour se déplacer, l’utilisateur n’aura qu’à effectuer des balayages horizontaux.

Sur la gauche, il trouvera le BlackBerry Hub. Qui sera détaillé un peu plus bas dans l’article. Ensuite, au centre, il y a l’écran d’accueil. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne fait pas remonter des widgets ou des raccourcis. Loin de là, même, puisqu’il se contente d’afficher sur une grille toutes les applications en cours d’exécution.

Elles sont présentées sous la forme de vignettes dynamiques. On retrouve un peu la même logique que Windows Phone. La vignette de Twitter, par exemple, affichera automatiquement les dernières mentions reçues. Même chose pour Facebook et les mails. Celle de la météo affichera le temps qu’il fait chez vous. Grâce à ce système, il sera possible d’accéder à des informations sans pour autant avoir besoin de lancer l’outil.

Cet écran offre donc une vision d’ensemble de tout ce qui se passe sur le téléphone.

Ensuite, sur la droite, nous aurons plusieurs écrans présentant les raccourcis de toutes les applications installées. Elles s’affichent par ordre alphabétique mais il est parfaitement possible de changer leur disposition à la volée ou même de créer des dossiers. J’aurais aimé avoir des filtres en revanche, un peu comme ce que l’on trouve sur le Z3.

Le BlackBerry Hub

S’il fallait le décrire en quelques mots, on pourrait dire que le BlackBerry Hub est un peu un super centre de notifications à lui tout seul.

A la base, il ressemble à une messagerie mais il va un peu plus loin puisqu’il peut récupérer des courriers électroniques, des messages textes, des mentions sur Twitter, des messages privés sur Facebook et ainsi de suite.

L’utilisateur, de son côté, peut alors suivre tout ce qui s’est passé dans les différentes communautés qu’il fréquente. Le plus beau, c’est que tous ces messages apparaissent en enfilade, par ordre ante-chronologique. On peut donc savoir que telle mention est arrivée avant tel message et c’est vraiment très pratique pour tous ceux qui ont parfois un peu de mal à se repérer à l’échelle du temps.

Ou qui doivent jongler avec de gros volumes de données.

Bien sûr, si besoin, il est aussi possible d’afficher seulement certains alertes. Il suffit d’effectuer un balayage latéral pour faire apparaître le panneau des filtres et d’aller chercher l’option adéquate.

Mais ce qui est vraiment génial, c’est que vous pouvez répondre à tous ces messages depuis le BlackBerry Hub. Pas besoin de démarrer Twitter pour discuter avec vos potes. Là encore, le gain de temps n’est pas négligeable.

Puisqu’on en parle, il faut aussi rappeler que BlackBerry va lancer plusieurs suites d’applications sur iOS et Android, dans un avenir plus ou moins proches. Le Hub fera partie des heureux élus et c’est vraiment une très bonne nouvelle.

Le BlackBerry Assistant

Les assistants vocaux sont à la mode depuis quelques années et chaque plateforme propose un outil de ce type. Apple a Siri, Google a Google Now, Windows Phone a Cortana et BlackBerry OS… n’avait pas grand chose.

Fort heureusement, la dernière version de plateforme vient corriger le tir et le hasard fait finalement assez bien les choses puisqu’elle a été déployée alors que le Passport venait d’arriver chez moi.

Il existe plusieurs manières d’accéder à cet assistant. La plus commune consiste à passer par la liste des applications et à aller chercher l’outil adéquat. Ce n’est pas forcément très pratique, mais il sera aussi possible de l’associer directement au bouton situé entre les touches de volume, sur la tranche droite de l’appareil.

Lorsque ce sera fait, une simple pression suffira pour l’activer.

Le BlackBerry Assistant propose globalement les mêmes fonctionnalités que son concurrent. Il sera ainsi capable d’afficher des infos diverses et variées comme la météo ou encore les rendez-vous du jour, mais vous pourrez aussi l’utiliser pour passer des appels, envoyer des messages, lire de la musique, trouver un itinéraire ou même créer des rappels.

Il peut aussi se connecter à Twitter et Facebook, pour vous permettre de rester en contact avec vos proches. Grâce à cette intégration, il sera par exemple possible de publier des statuts ou de lire des messages sans avoir à poser les mains sur le téléphone.

Mais est ce qu’il fait du bon boulot ? Assez, oui. Il est parfois un peu lent à la détente (trois ou quatre secondes pour interpréter une requête, c’est trop) mais il a au moins le mérite de comprendre le langage naturel et vous n’aurez donc pas besoin d’apprendre des phrases clés pour vous faire comprendre.

Un clavier réellement révolutionnaire

Il ne faut pas se mentir. Le Passport est un très bon produit, certes, mais c’est vraiment son clavier qui lui permet de faire la différence. Et pour cause, puisqu’il est tout simplement exceptionnel.

La frappe est un peu raide, c’est vrai, mais elle n’en reste pas moins très confortable. Bien plus qu’un clavier virtuel en tout cas. Répondre à un mail n’a jamais été aussi agréable.

Mais la cerise sur le gâteau, ce sont tous ces capteurs situés entre les touches. Grâce, à eux, le clavier pourra être utilisé comme un véritable pavé tactile. Et devinez quoi ? BlackBerry a même pensé à intégrer des « gestures » pour nous faciliter la vie.

La liste suivante n’est pas exhaustive, mais voici en gros les fonctions associées à ces gestes :

  • Insertion d’un mot suggéré : balayage vertical du bas vers le haut sur la zone concernée (gauche, centre ou droite).
  • Suppression d’un mot ou d’une expression : balayage horizontal rapide de la droite vers la gauche.
  • Sélection d’un mot ou d’une expression : appuyer sur la touche « SHIFT » et effectuer un balayage horizontal de la droite vers la gauche.
  • Affichage des numéros et des caractères spéciaux : balayage vertical du haut vers le bas.
  • Afficher le curseur de sélection : effectuer deux tapes rapides n’importe où sur le clavier.
  • Déplacer le curseur de sélection : faire glisser le doigt vers la gauche ou vers la droite.
  • Afficher des caractères accentués : appuyer pendant quelques secondes sur une des lettres du clavier.

Je ne vais pas vous mentir, un temps d’adaptation est nécessaire et ce n’est pas en quelques minutes que vous allez vous souvenir de tous ces gestes. Toutefois, lorsque ce sera fait, alors plus personne ne sera capable de vous arrêter. Notez d’ailleurs que BlackBerry a eu l’intelligence de créer un assistant qui fera office de manuel d’instruction interactif.

Je vous recommande de l’explorer en long, en large et en travers dès le départ parce qu’il vous fera gagner un temps précieux.

J’ai eu l’occasion de taper pas mal d’articles sur le BlackBerry Passport et je vous assure que l’exercice est nettement moins périlleux que sur un autre téléphone.

Avec de l’Android en prime

Je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’une plateforme ne se suffit pas à elle-même. Pour se développer et pour trouver sa place sur le marché, elle doit avant tout être capable d’attirer les éditeurs et les développeurs.

BlackBerry a pris le problème a contrepied. S’il propose toujours ses propres outils de développement, avec sa boutique d’applications, il a aussi fait en sorte de rendre les dernières versions de sa plateforme compatible avec les outils conçus pour Android.

Qu’est ce que ça veut dire ? tout simplement que BlackBerry OS peut faire tourner la plupart des applications (et des jeux) proposés sur le Play Store. Futé, non ? Oui et la firme canadienne a même poussé le vice jusqu’à livrer son Passport avec la boutique d’Amazon.

J’avais peur que les performances ne soient pas au rendez-vous, mais j’ai été agréablement surpris par le système. J’ai pu installer Candy Crush, Instagram, Feedly et d’autres outils du même genre sans aucune difficulté et sans rencontrer le moindre bug.

Une fois installées, les applications Android se comportent comme les applications natives. Rien ne les distingue et on les utilise exactement de la même manière. Le processus est totalement transparent pour les utilisateurs et les novices ne seront pas perturbés.

BlackBerry a aussi eu l’intelligence d’intégrer un outil permettant de modifier rapidement le format des fenêtres de ces programmes, pour les adapter à l’écran du terminal. Pour le faire apparaître, il suffit d’effectuer un balayage vertical du haut vers le bas et de taper sur l’icône placée sur la droite.

Une fenêtre volante s’ouvrira alors pour nous permettre de choisir le format de notre choix. C’est simple et efficace.

Alors bien sûr, toutes les applications ne sont pas non plus sur l’Amazon App Store. Ceci dit, ce n’est pas vraiment un problème puisque BlackBerry OS accepte aussi les fichiers APK. Vous pourrez donc aller chercher vos applications préférées sur d’autres sites.

Si le coeur vous en dit, vous pourrez même bricoler pour installer le Play Store de Google. Exemplaire presse oblige, j’ai préféré ne pas tester cette astuce sur le Passport qui m’a été confié.

Bref, avec BlackBerry OS, il y a peu de chances que vous ne trouviez pas votre bonheur de ce côté-là. Et le truc vraiment chouette, c’est que la plateforme analysera chaque outil avant de l’installer pour ne pas mettre en danger vos données.

Et un BlackBerry Blend en prime !

Le Passport qui m’a été livré était déjà associé avec un compte BlackBerry. N’ayant pas le mot de passe en ma possession, il a fallu que je le réinitialise totalement mais je m’y suis pris un peu trop tard et je n’ai pas eu le temps de pousser très loin mes investigations.

Il m’était cependant impossible de ne pas vous présenter l’outil en quelques lignes.

Blend est disponible sur différentes plateformes. On peut l’installer sur Windows, sur OS X, sur l’iPad (iOS 7+) et même sur les tablettes Android (KitKat 4.4+). Une fois la solution en place, elle vous permettra de prendre le contrôle de votre Passport à distance.

Là, vous aurez accès à toutes les données stockées dessus. Cela comprend les documents, le calendrier, les contacts, les médias et tous les messages. Vous pourrez donc les consulter depuis votre ordinateur ou votre ardoise, sans avoir besoin de poser les doigts sur le téléphone.

Coincé dans un avion ? Pas de problème, vous pourrez quand même travailler et écrire vos mails par l’intermédiaire de la solution. Tous les messages seront automatiquement envoyés dès que le téléphone se connectera aux réseaux cellulaires.

Si le besoin s’en fait sentir, vous pourrez aussi déplacer des fichiers d’un dispositif à un autre. Le plus beau, c’est que vous n’aurez pas forcément besoin de connecter physiquement le Passport à votre second appareil. Blend peut aussi s’appuyer sur le WiFi pour faciliter les transferts.

Votre entreprise est équipée d’un BES ? Alors l’outil vous donnera aussi un accès à son intranet et à toutes ses ressources. Vraiment génial.

BlackBerry Passport : photo 16

Les paramètres rapides.

BlackBerry Passport : photo 15

L’écran des applications.

BlackBerry Passport : photo 14

La barre d’outils.

En Conclusion

Le terminal parfait n’existe pas et l’intérêt d’un terminal dépend finalement de l’usage que vous en faites.

Si vous êtes un mordu de multimédia et que vous regardez beaucoup de films et de séries sur votre téléphone, alors le Passport n’est peut-être pas fait pour vous. Ce n’est pas une question de puissance, bien sûr, mais plutôt de format. Un écran carré ne se prête pas bien à la diffusion de vidéos en 16:9.

En revanche, les professionnels, les indépendants et toutes les personnes qui envoient des kilomètres de mails chaque jour auront tout intérêt à basculer dessus. Son clavier n’a aucune équivalence ni chez les autres constructeurs, ni chez le canadien. C’est un outil redoutable qui ne vous décevra pas et qui devrait en plus booster votre productivité.

Alors bien sûr, il y aura toujours des gens pour dire qu’il n’y a pas d’applications sur BlackBerry OS et que rien ne vaut un iPhone. Ils se trompent. En cumulant les applications disponibles sur la boutique de la marque et tous les outils développés pour Android, le Passport a accès à un catalogue composé de dizaine de milliers d’outils différents. Il n’a donc rien à envier à iOS sur ce terrain.

Il y a beaucoup choses que je n’ai pas évoquées dans cet article. J’espère que les fans de la marque me pardonneront. En tout cas, si vous avez l’occasion, testez le parce qu’il mérite votre attention.

Design7.5
Ergonomie9
Puissance9.5
Multimédia7
Fonctions9.5
Prix6.5
Le Passport est un produit complètement atypique, et qui ne conviendra pas forcément à tous les usages. Toutefois, cela ne l'empêche pas d'avoir beaucoup de charme. Son meilleur atout, c'est d'ailleurs son incroyable clavier. Avec lui, vous allez prendre beaucoup de plaisir à répondre à vos clients.
8.2