Clicky

Test du Feiyu AK4000

Feiyu a très récemment levé le voile sur deux nouveaux stabilisateurs à main positionnés sur un segment haut de gamme, l’AK2000 et l’AK4000. Le second m’a été prêté par PNJ – que je remercie au passage – pendant plusieurs semaines. Voici le bilan complet de l’opération.

Quand vous faites de la vidéo, il y a énormément de paramètres à prendre en compte. Comme le cadrage, l’exposition de votre image, son profil couleur ou même la prise de son. Toutefois, en parallèle, il y a aussi une autre variable à ne pas sous-estimer : la stabilisation.

Feiyu AK4000 : photo 1

Peu importe que vous tourniez ou non une belle vidéo, si vos plans sont tremblotants, ils seront difficilement exploitables.

Fort heureusement, il existe sur le marché un tas d’accessoires permettant de limiter ces fameux tremblements et l’AK4000 de Feiyu en fait précisément partie.

Proposé à 649,99 €, il vient en effet se positionner sur un segment similaire à celui du DJI Ronin S et il a ainsi été pensé pour vous permettre de réaliser des mouvements fluides avec votre boîtier reflex ou hybride.

Packaging & Accessoires

L’AK4000 est livré dans une boîte imposante. Immense, elle comporte un visuel du produit de chaque côté et c’est à peu près tout. Feiyu ne s’est en effet embarrassé d’aucune explication et il a été droit à l’essentiel.

En ouvrant la boîte, vous vous trouverez face à une valise de rangement entièrement faite de polystyrène. Elle abrite le stabilisateur et ses différents accessoires.

Ici, Feiyu n’a pas fait les choses à moitié. En plus du stabilisateur, la boîte abrite un trépied, une tige d’extension, des batteries, un chargeur et toute la visserie habituelle. Le constructeur m’a également livré, en plus, l’accessoire consacré au follow focus et donc l’accessoire qui vous permettra de changer la mise au point de l’appareil en cours de tournage.

Sympa, mais ce n’est pas fini, car le constructeur a eu le bon sens de placer dans la boîte trois câbles qui vous permettront de récupérer le contrôle de votre boîtier sur le stabilisateur. Des câbles compatibles avec les boîtiers Sony, Canon et Panasonic.

Cette attention est vraiment charmante, d’autant que tous les constructeurs ne se montrent pas aussi généreux. Mon Crane v2 était ainsi livré sans câble et il a fallu en acheter un en parallèle.

Plus globalement, le fait de livrer une valise pour ranger tous les accessoires est plutôt sympa, mais le côté polystyrène me gêne un peu et j’aurais vraiment préféré que Feiyu opte pour du plastique dur afin d’éviter les mauvaises surprises.

Feiyu AK4000 : photo 3 Feiyu AK4000 : photo 2

Mise en place

Le montage de l’AK4000 n’est pas très compliqué. Pour commencer, il faudra placer les piles (rechargées) dans le manche du stabilisateur en dévissant sa base.

Ensuite, vous pourrez au choix visser la tige d’extension ou le trépied sur le manche. Là, tout dépend de vos besoins, mais si votre boîtier est assez lourd il sera préférable d’utiliser la tige d’extension afin de bénéficier d’un meilleur maintien et d’une meilleure prise en main.

Mettez maintenant le stabilisateur de côté et intéressez-vous à votre boîtier. Pour cette nouvelle étape, il faudra en effet visser votre appareil sur le plateau de déblocage rapide. Ensuite, vous pourrez mettre en place le cadre de support d’objectif en utilisant l’une des vis fournies.

Il ne vous restera ensuite plus qu’à placer le plateau de déblocage rapide sur le plateau de fixation de l’AK4000.

Le moment le plus délicat consistera à ajuster l’équilibre de l’axe d’inclinaison. Pour que ce soit plus simple, il sera préférable de visser le trépied sur le manche du stabilisateur et de placer le tout sur une table. Après quoi il faudra tâtonner en ajustant les différents bras soutenant le plateau de fixation du stabilisateur. Et là, tout dépendra bien entendu de votre boîtier.

La dernière étape est la plus simple. Il faudra en effet connecter votre boîtier au stabilisateur en utilisant le câble fourni. Une étape indispensable si vous souhaitez être en mesure de lancer l’enregistrement et de régler votre boîtier directement depuis l’accessoire. En parallèle, il sera également préférable de connecter le gimbal à l’application mobile proposée par Feiyu.

Elle vous permettra ensuite de configurer le WiFi de votre boîtier afin de lui permettre de dialoguer avec le stabilisateur. La marche à suivre n’est pas très compliquée, mais elle diffère d’un boîtier à l’autre.

Comme vous le voyez, la mise en place de l’AK4000 n’est pas très difficile. Le fait d’avoir pensé à mettre une tige d’extension est d’ailleurs une bonne idée. En la mettant en place, il sera possible de filmer des scènes en contreplongée sans trop de difficulté. On est donc sur une solution assez flexible.

Feiyu AK4000 : photo 5 Feiyu AK4000 : photo 4

Design & Ergonomie

L’AK4000 bénéficie d’une conception soignée. Le stabilisateur est entièrement fait de métal et il inspire confiance. Il en va de même pour sa nacelle, une nacelle qui sera en mesure d’accueillir de très gros boîtiers reflex comme celui de l’incontournable 1DX Mark II de Canon.

Pour les boîtiers plus légers, comme les Sony ou même les Panasonic, Feiyu propose un autre modèle un peu moins cher : l’AK2000.

Si le stabilisateur est entièrement fait de métal, Feiyu a eu la très bonne idée de placer une couche de plastique antidérapante au niveau du manche afin d’éviter de catastrophiques glissades. La prise en main sera donc optimale.

Mais ce n’est pas le plus intéressant. Le constructeur a également eu l’intelligence de placer plusieurs vis de fixation à des endroits stratégiques. Grâce à elle, nous pourrons accrocher divers accessoires au gimbal, comme des microphones ou même des écrans de contrôle. C’est bien futé d’y avoir pensé puisque l’arsenal d’un vidéaste ne se limite pas à son boîtier et à ses optiques, loin de là.

Le trépied fourni est lui aussi fait de métal et ses pattes sont suffisamment longues pour assurer un bon maintien du stabilisateur. Aucune crainte à avoir donc, votre boîtier sera en sécurité avec lui.

Et d’ailleurs, si Feiyu a apporté le plus grand soin à cette dimension, ce n’est pas tout à fait par hasard. Après avoir connecté le stabilisateur à votre téléphone, vous pourrez en effet le piloter à distance pour vous filmer vous-même.

L’ergonomie est franchement canon. L’AK4000 est en effet muni d’un écran et ce dernier a deux atouts principaux. Premier point et pas des moindres, son contraste et sa luminosité élevée lui permettront de rester lisible en toute circonstance, même en plein soleil. Pas mal, mais ce n’est pas le plus intéressant, car la dalle est aussi recouverte d’une couche tactile et elle pourra ainsi être pilotée du bout des doigts.

Par défaut, l’écran affichera ainsi une série de six icônes. Elles vous permettront de consulter l’état du WiFi, du Bluetooth ou de la batterie, mais aussi de changer de mode de fonctionnement et de configurer l’action associée à la molette, une molette dont nous parlerons un peu plus loin.

En effectuant un premier balayage de la gauche vers la droite, vous verrez apparaître deux curseurs symbolisant la compensation d’exposition et la sensibilité de votre boîtier. Il sera bien entendu possible de changer ces valeurs en passant par le gimbal.

Si vous répétez le même geste, alors vous accèderez à l’écran permettant de changer la balance des blancs. Encore une fois, ce dernier vous permettra de modifier la configuration de votre boîtier sans avoir besoin de poser les doigts dessus.

Pour revenir à l’écran d’accueil principal, il suffira d’appuyer une fois sur le bouton placé sur le côté droit du gimbal, sous le port USB. Ensuite, vous pourrez effectuer un balayage de la droite vers la gauche pour accéder aux options avancées du stabilisateur. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais sachez tout de même que c’est dans ces menus que vous pourrez configurer la réactivité de ses moteurs.

La molette située sur le côté de l’AK4000 peut avoir plusieurs fonctions et ces dernières dépendent bien entendu de la configuration de votre stabilisateur. Par défaut, elle vous permettra de modifier l’inclinaison de votre boîtier, dans l’axe défini sur l’écran d’accueil.

Toutefois, si vous utilisez le follow focus, alors la molette vous permettra de modifier la mise au point de votre boîtier, ce qui sera bien entendu très utile pour les personnes filmant avec une map manuelle. Attention cependant, car le follow focus a tendance à faire un peu de bruit, ce qui posera évidemment problème si vous filmez avec un micro canon.

Feiyu a également placé une gâchette à l’arrière du gimbal. Si vous appuyez deux fois dessus, alors votre boîtier reprendra l’axe défini par défaut. Un bon moyen de retrouver ses petits, donc.

De manière plus générale, l’ergonomie du stabilisateur est plutôt intuitive. En revanche, si vous voulez en tirer pleinement parti, alors vous aurez clairement intérêt à vous plonger dans sa documentation. Les options offertes sont nombreuses et elles ne sont pas toujours faciles à appréhender. Encore moins pour les néophytes.

Feiyu AK4000 : photo 7 Feiyu AK4000 : photo 6

Fonctions

L’AK4000 a été conçu pour être en mesure de supporter de gros boitiers comme le Canon 1DX Mark II, le Nikon D850 ou même certaines caméras RED. La charge utile maximale est de 4 kg, contre 2,8 kg pour l’AK2000, son petit frère. L’autonomie n’est pas mauvaise et elle est censée atteindre les 12 heures. Pour une fois, l’estimation faite par le constructeur semble correcte.

Comme tout bon stabilisateur qui se respecte, l’AK4000 propose plusieurs modes de fonctionnement, symbolisés par les lettres apparaissant sur le petit écran tactile.

Le mode HF sera activé par défaut à l’allumage et il vous permettra de réaliser des panoramas. Le boîtier suivra en effet les mouvements de votre poignet tout en supprimant les éventuels à-coups liés à vos tremblements ou au vent. L’optique restera en revanche alignée sur un axe horizontal.

Le mode TF est assez proche du mode HF, à ceci près que l’optique de votre boîtier suivra elle aussi le mouvement de vos mains. Si vous exercez un mouvement vers le bas, par exemple, alors le boîtier s’inclinera progressivement dans cette direction. Pour moi, c’est le mode idéal pour créer des transitions dynamiques entre plusieurs scènes.

Le mode AF se rapproche aussi beaucoup du mode TF, à ceci près que le boîtier ne poursuivra pas le mouvement exercé par vos mains et il restera donc fixe.

Le mode LK est le dernier de la liste. Une fois activé, l’optique ne bougera plus et elle restera pointée dans la même direction quels que soient vos mouvements. Ce mode sera tout indiqué si vous voulez filmer un sujet en train de se déplacer, par exemple.

J’en ai parlé un peu avant, mais l’AK4000 m’a été fourni avec un système de follow focus. La mise en place de l’accessoire est vraiment très simple. Pour commencer, il faudra placer la languette en plastique crantée sur la bague de mise au point de votre objectif. Ensuite, il faudra placer l’adaptateur fourni sur la griffe porte-flash et placer la barre en fer dans son arceau. Le boitier sera à placer à l’autre extrémité et vous devrez vous assurer que les crans de sa roue viennent bien se placer dans ceux de la languette en plastique fournie au préalable.

Lorsque tout sera en place, il ne vous restera plus qu’à connecter le boîtier au port USB placé sous la nacelle et à activer le mode follow focus dans les paramètres du stabilisateur. Après avoir tapé sur le bouton du follow focus, vous pourrez jouer de la molette pour changer la mise au point de votre boîtier sans avoir à poser les mains dessus.

L’idée est sympa, mais son exécution laisse malheureusement à désirer. Dans les faits, le boîtier du follow focus aura parfois tendance à remonter d’un ou de deux millimètres et le lien ne se fera alors plus entre la languette placée sur l’optique et sa propre roue crantée. Lors du tournage de mon petit film, j’ai fini par virer le système et faire la map à la main pour plus de commodité.

Une fonction qui m’a beaucoup plus en revanche, c’est le contrôle à distance. Si vous connectez le stabilisateur à votre téléphone en passant par l’application Feiyu On, alors vous pourrez le commander depuis votre smartphone. Grâce à ce système, vous pourrez ainsi vous filmer en train de vous déplacer sans avoir besoin de faire appel à un ami.

C’est pas mal, d’autant que l’outil propose pas mal de modes différents. En revanche, la connexion WiFi avec le boîtier pose parfois problème sur le Panasonic GH5 et il a ainsi fallu que je me reprenne à deux reprises pour pouvoir connecter tout ce joli monde. Dans la mesure où je n’ai rencontré aucun problème sur mon A7 III, j’imagine que le problème est surtout logiciel, mais ça fait tout de même un peu tache.

Feiyu AK4000 : photo 9 Feiyu AK4000 : photo 8

En Conclusion

On ne va pas se mentir, les stabilisateurs ne s’adressent pas à tout le monde. En réalité, ils visent un usage bien particulier et ils ne sont utiles que pour les vidéastes qui ont besoin, pour une raison ou une autre, de suivre leur sujet sur une longue trajectoire ou encore de faire des effets particuliers.

L’AK4000 est en tout cas un des produits les plus complets que l’on puisse actuellement trouver sur le marché.

Il propose en effet pas mal de modes différents et il fourmille en plus d’options. Tout est configurable à souhait et il faut avouer que c’est très impressionnant.

Maintenant, tout n’est pas rose non plus et le principal problème du stabilisateur tient en un mot : la vibration.

Lors de la réalisation des plans de ma vidéo d’intro, j’ai en effet entendu de légères vibrations en prenant certains plans. Je n’y ai pas prêté attention au début, mais ça a très vite changé quand j’ai attaqué le montage puisque tous les plans touchés étaient foutus.

J’ai évidemment commencé par penser à un simple problème d’équilibrage, mais le problème s’est de nouveau posé après avoir refait toute la manip et de nombreux YouTubeurs bien plus expérimentés que moi ont rapporté le même problème de leur côté. J’espère du coup que ce sera corrigé par le biais d’une MAJ à venir.

Le follow focus m’a aussi laissé assez perplexe. Une fois encore, l’idée est bonne, mais la réalisation pose problème. Il faut vraiment serrer les vis à fond pour éviter que le boîtier ne remonte et c’est vraiment pénible.

Ça l’est d’autant plus que même là, la roue crantée remontera de temps à autre, rendant le boîtier parfaitement inutile.

Maintenant, en dépit de ces quelques défauts, l’AK4000 reste un produit intéressant. Son prix n’est certes pas donné – il se situe autour des 649 € – mais l’offre est complète. Reste qu’il sera sans doute préférable d’attendre le déploiement des premiers patchs avant de se lancer.

Feiyu AK4000 : photo 16 Feiyu AK4000 : photo 15 Feiyu AK4000 : photo 14 Feiyu AK4000 : photo 13 Feiyu AK4000 : photo 12 Feiyu AK4000 : photo 11 Feiyu AK4000 : photo 10

PACKAGING9
DESIGN8.5
ERGONOMIE8.5
FONCTIONS7.5
MISE EN PLACE7.5
RAPPORT QUALITE/PRIX7.5
Le Feiyu AK4000 est un bon produit, mais il est un peu victime de sa jeunesse et il faudra sans doute attendre le déploiement des premiers correctifs pour corriger ses quelques défauts, notamment ces vibrations intempestives qui surviennent ponctuellement.
8.1
Mots-clés feiyufeiyu ak4000