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Test du Honor 10 : Un flagship pour quelques dollars de moins

La semaine dernière Honor nous confiait un exemplaire de son Honor 10 à l’issue d’une conférence de presse rondement menée à deux pas de Tower Bridge. Après plusieurs jours à retourner l’appareil dans tous les sens, le moment est maintenant venu de vous donner notre avis à son propos.

Histoire de recarder un peu le sujet, rappelons que le Honor 10 se présente comme un flagship killer de par son positionnement tarifaire. La filiale de Huawei a en effet décidé de ne réclamer que 399 euros pour la version 64 Go de son nouveau smartphone. Tandis que pour se payer le modèle 128 Go il faudra rajouter 50 euros à l’addition. De quoi placer le mobile pile en face d’un Asus Zenfone 5, d’un Nokia 7 Plus ou d’un Galaxy A8 côté de prix – et le caler à quelques encablures d’un certain Huawei P20 tant en termes de look que de configuration matérielle.

Et voilà une transition rêvée pour vous parler de la fiche technique de l’appareil, qui – sans écraser la concurrence – ne fait clairement pas dans la concession gratuite.

Fiche Technique

Le Honor 10 s’articule ainsi autour d’une dalle 19:9 IPS Full HD+ (2280 par 1080 pixels) de 5,84 pouces (au passage, sa résolution atteint du coup les 432 ppp), d’un processeur Kirin 970 épaulé de 4 Go de mémoire vive et de 64 ou 128 Go de stockage interne. Attention, il ne sera pas possible d’étendre cette capacité au travers d’une carte Micro SD, le Honor 10 n’embarque pas de slot dédié. On se contente ici de deux espaces réservés à des cartes micro SIM.

Côté photo, le mobile fait dans le classique en embarquant un duo de capteurs à son dos. On y trouve en l’occurrence un capteur 16 Mpx RGB doublé d’un module 24 Mpx monochrome. L’un comme l’autre profitent d’une ouverture grand-angle à f/1.8 et tous deux sont censés travailler ensemble pour générer de meilleurs clichés. À noter qu’un capteur selfie de 24 Mpx est bien sûr de la partie.

La spécificité du Honor 10, à l’instar des Huawei Mate 10 Pro, P20, P20 Pro ou encore du Honor View 10 lancé en décembre dernier, est d’embarquer une puce NPU (Neural Processing Unit). Intégrée au mobile en complément de son SoC, cette dernière est dédiée à l’IA et sera notamment utile en photo… mais nous y reviendrons un peu plus loin.

Les grandes lignes des spécificités techniques du Honor 10 sont à présent dressées, rappelons simplement que le mobile profite d’une batterie de 3400 mAh, d’une connectivité Bluetooth 4.2 et Wifi 802.11 a/g/b/n/ac et d’une connectique axée sur une sortie Jack 3,5mm ainsi qu’un port USB Type-C.

Enfin, le tout est animé par le couple Android 8.1 Oreo / d’EMUI 8.1 et se décline en 4 coloris : vert, bleu, noir et gris.

Design & Ergonomie

Nous avions eu l’occasion de vous dire tout le bien que l’on pense du Honor 10 en termes de design et de préhension lors de notre prise en main de la bête. Notre avis n’a pas bougé d’un pouce sur la question. Le Honor 10 est un très bel appareil profitant de finitions particulièrement soignées qui n’ont rien à envier à des terminaux plus haut de gamme.

Un sentiment de grande qualité se dégage de l’assemblage et d’une conception qui fait la part belle à deux plaques de verre subtilement fixées à robuste un cadre de métal. Parfaitement plat, le dos de l’appareil laisse légèrement dépasser un double capteur photo aux proportions modestes. Cela en gênera certains, mais cet impair est la contrepartie d’un mobile plutôt fin – et qui a en outre le mérite d’être assez léger.

En réalité, la seule critique que l’on peut formuler ici est intrinsèque aux surfaces en verre. Le Honor 10 est un véritable aimant à traces de paluches. Il est très difficile de le garder propre, c’est un fait, mais si le verre est salissant, il est aussi beaucoup plus facile à nettoyer qu’une surface en métal brossé (par exemple). Un coup de chiffon à lunettes ou un simple bout de t-shirt en coton suffira à redonner au Honor 10 tout son éclat. Et de l’éclat, le mobile en a, surtout lorsqu’on se tourne vers les déclinaisons Phantom Blue et Phantom Green proposées par Honor (la première fait d’ailleurs un tabac en France).

Si notre exemplaire de test était noir, nous avons eu l’occasion de tâter de la version bleue irisée du Honor 10 lors de notre passage à Londres, et elle en jette un maximum – au risque de sembler un peu kitsch aux yeux des amateurs de sobriété. Difficile de passer inaperçu avec un tel coloris, qui oscille promptement vers des teintes violettes en fonction de la manière dont on le positionne et de la lumière ambiante. Certains adoreront, d’autres beaucoup moins, mais il faut admettre que sur ce point le constructeur chinois a été audacieux. Sur un marché souvent barbant en termes de coloris, le Honor 10 dénote.

Reste à aborder la question de l’ergonomie. Et ici non plus on ne pourra pas prendre le dernier rejeton d’Honor en défaut. Le terminal profite d’un format compact, à tel point qu’on est étonné d’avoir tout de même en main une dalle de presque 6 pouces. Cette compacité présente un avantage non négligeable : elle permet d’utiliser sans aucune difficulté le Honor 10 à une main. Un luxe à l’heure des smartphones XXL.

Pour voir le Honor 10 se prendre les pieds dans le tapis, il faut cependant se tourner vers la reconnaissance faciale proposée par le fabricant. Sans être complètement à revoir, cette fonctionnalité ne nous a pas entièrement convaincus. La faute à de gros loupés lorsqu’on a le malheur de troquer ses lunettes de vue pour des lunettes de soleil ou simplement quand porte une casquette. Les conditions d’éclairage pourront également perturber l’identification du visage pour aboutir à un message indiquant qu’il faut laisser tomber et se rabattre sur le capteur d’empreintes.

Soyons honnêtes, la reconnaissance faciale fonctionne 7 ou 8 fois sur 10, ce qui n’est pas si mal, mais le fait de ne pas pouvoir compter sur elle dans tous les cas de figure nous poussera à utiliser d’emblée le capteur d’empreintes.

D’ailleurs sur ce dernier aussi il y a des choses à dire. Le patron d’Honor était tout fier d’annoncer l’utilisation d’une technologie un peu différente pour son capteur, qui se base ici sur des ultra-sons. En émettant des ondes hautes fréquences, le capteur d’Honor est capable de reconnaître une empreinte. L’avantage du système est notamment de permettre l’identification d’un doigt même lorsqu’il est mouillé ou sale. Nous avons essayé avec un pouce trempé puis des mimines crasseuses et, effectivement, le capteur s’en sort très bien.

Il est toutefois nécessaire s’habituer à cette technologie qui ne permet pas une reconnaissance instantanée des empreintes. Il faut presser le capteur et attendre une bonne seconde que la lecture s’opère. Nous parlions d’un coup à prendre dans notre prise en main, après un test plus pointu du terminal, la formulation nous semble toujours viable.

À noter qu’il faudra par contre prendre le temps de bien configurer le capteur pour qu’il fonctionne correctement, ce qui n’est pas forcément évident du fait de sa lenteur de lecture. Enregistrer une empreinte à la va-vite générera des erreurs d’identification fort pénibles par la suite.

Dernière info et pas des moindres, le Honor 10 n’est pas étanche, ce qui est un peu étonnant compte tenu de la présence d’un capteur d’empreintes capable de reconnaitre des doigts mouillés. Sur ce point Honor n’a pas été au bout de son propre concept.

Écran & Performances

Mais au-delà d’une belle gueule et d’un capteur d’empreinte un peu lent, mais convaincant au bout du compte, le Honor 10 assure-t-il en termes d’écran et de performances ? Eh bien c’est un grand oui.

Comme évoqué plus haut, le terminal se pare d’une dalle Full HD+ IPS. Petit regret, Honor ne nous a pas fait péter l’OLED. À 399 euros, c’était prévisible, mais ce n’est pas pour autant que l’écran de son nouveau mobile mérite d’aller sucrer les fraises. Bien au contraire, et l’on rappellera qu’un bon écran IPS vaut mieux qu’une mauvaise dalle OLED.

LG semble d’ailleurs l’avoir bien compris en proposant de nouveau du LCD sur son G7 après « l’incartade » OLED du V30, qui aura valu à LG Display quelques remontrances plus ou moins cordiales.

Digressions terminées, revenons au cas du Honor 10. Stupeur et satisfaction au démarrage, Huawei / Honor sont parvenus à nous livrer une dalle parfaitement équilibrée d’un point de vue colorimétrique. On peut donc laisser le passage par les paramètres d’affichage de côté pour cette fois, et l’on ne s’en plaindra pas.

Au-delà d’une colorimétrie correctement calibrée, le Honor 10 profite d’un bon taux de contraste, même si l’on reste évidemment très loin d’un appareil doté d’un écran OLED. Pour ce qui est de la luminosité, nous sommes toutefois un peu moins emballés. En plein soleil, l’écran du mobile aura parfois du mal à rester parfaitement visible. Rien de dramatique, mais avec l’été qui arrive, ce sont des choses auxquelles il faut penser.

Ceci étant dit Honor peut porter à son crédit d’avoir réussi à nous pondre une dalle plaisante à (presque) tous les niveaux, qui n’aura pas à souffrir de la comparaison avec les autres smartphones proposés sous la barre symbolique des 400 euros.

Tranquillement inséré derrière cet écran, un Kirin 970 carbure pour assurer à l’utilisateur une expérience fluide et dynamique. Et le bougre ne mollit pas. À aucun moment.

Résultat des courses, utiliser un Honor 10 est un vrai plaisir, les applications s’y exécutent en un clin d’œil, et Android 8.1 est propulsé avec allégresse. Nous n’avons pas eu à déplorer le moindre problème de performance sur le présent terminal, et ce même en jeu.

Honor a la bonne idée de filer une coque transparente avec son mobile. Parfait pour éviter les rayures.

Sur des titres 3D gourmands en ressources, le Kirin 970 tient la cadence et parvient sans grande difficulté à animer le tout sans chutes de framerate et avec un niveau de détail très satisfaisant.

La seule ombre au tableau viendra des benchmarks où le SoC de HiSilicon se trouve dépassé par les dernières puces Exynos de Samsung ainsi que par le tout récent Snapdragon 845 de Qualcomm. Le Kirin 970 se pose plutôt comme un équivalent au Snapdragon 835, l’ancien modèle haut de gamme du fondeur américain. Est-ce un problème ? Peut-être pour les mordus de performances, mais clairement pas pour l’immense majorité des utilisateurs.

Bouclons cette partie en évoquant la question de la chauffe. Nous n’avons pas constaté de problème de ce côté, du moins aucun qui mériterait d’être mentionné ici. Même après de longues minutes d’enregistrement vidéo en 4K, le Honor 10 reste modérément chaud, ce qui est plutôt bon signe. En jeu, nous n’avons pas non plus relevé de températures excessives. Il ne faudra donc pas compter sur le terminal pour se réchauffer les mains l’hiver…

Autonomie & Son

En matière s’endurance, le constat est là aussi positif. On peut sans mal utiliser le Honor 10 tout au long de la journée, même en le sollicitant de manière intensive. Pour peu que l’on ait un usage plus modéré du mobile, il sera alors possible de tabler sur une journée et demie d’autonomie, ce qui est loin d’être négligeable. Avec son nouveau smartphone, Honor fournit par ailleurs un chargeur rapide efficace qui permet de recharger intégralement les 3400 mAh de sa batterie en 1 heure 20 environ.

À boire et à manger en revanche côté son. On trouve ici un haut-parleur mono positionné juste à côté du port USB Type-C. Capable du meilleur comme du pire en fonction du niveau de volume auquel il sera réglé, le speaker proposé par la firme chinoise fait généralement du bon boulot tant qu’on ne pousse pas tous les potards à fond.

Au-delà de 70 – 80 % de volume, la restitution sonore a tendance à devenir brouillonne.

La sortie Jack est toujours de la partie.

Pour le reste, Honor a décidé de ne pas suivre cette mode débile qui consiste à virer les sorties Jack 3,5mm des smartphones. On peut donc raccorder son bon vieux casque au Honor 10 sans aucun problème, ce qui est incontestablement une excellente nouvelle. Malheureusement, la bonne surprise s’arrête là.

La prise casque proposée ici suffira probablement à ceux qui ne s’intéresse pas plus que ça à la qualité audio, mais pourrait bien de décevoir les audiophiles. Au-delà d’un volume de sortie souvent très faiblard (testé sur deux casques différents et une paire d’écouteurs, seuls ces derniers parvenaient à tirer leur épingle du jeu dans le domaine), la sortie Jack du Honor 10 délivre un son perfectible, assez mal équilibré et caractérisé, notamment, par des basses trop timides et un rendu un peu trop brillant.

Le bilan n’est pas catastrophique, d’autant que la distorsion demeure faible à l’écoute, mais le rendu est décevant de façon globale.

Photo & Vidéo

Il s’agit probablement d’un des points sur lesquels Honor a le plus communiqué pour son Honor 10, mais autant le dire tout de suite, nous n’assistons pas ici à une franche victoire de la maque chinoise. Le terminal, censé produire des clichés d’exception grâce à son IA, souffle vraiment le chaud et le froid.

Si l’on pourra s’accorder pour dire que, dans l’ensemble, il est possible de prendre de jolies photos avec le Honor 10, ce n’est pas grâce aux performances de sa puce NPU et de son intelligence artificielle. Enfin, pas toujours…

Dans les faits, l’IA a souvent tendance à se contenter de saturer les couleurs – ni plus ni moins – pour rendre les clichés plus « pétants ». On oscillera donc entre des photos qui ont l’air d’avoir profité d’un bon gros filtre Instagram, et des clichés ratés pour ce qui est de la justesse des couleurs.

Le beige de la peau a souvent tendance à devenir orange ; trop accentué, le vert de la végétation tire régulièrement vers le fluo ; et le ciel troquera sa teinte naturelle pour un bleu plus profond, souvent exagéré. Vous voyez l’idée. À défaut d’être réaliste, le rendu est parfois convaincant, mais la plupart du temps l’IA est à côté de la plaque.

Ce n’est pas pour autant que tout est à jeter. Cette dernière parvient parfois à épauler d’une fort belle manière le double capteur, notamment lorsque les conditions de luminosité sont un peu plus délicates : en intérieur ou quand on cherche à prendre une photo à contre-jour, par exemple.

Dans la Sainte-Chapelle l’IA était par contre entièrement justifiée, parvenant à retranscrire de manière assez fidèle l’intensité des couleurs du lieu.

Dans certains cas, en activant l’IA, le traitement logiciel du Honor 10 réussit l’exploit de faire ressortir des détails intéressants.

À noter enfin que cette fameuse IA est désactivée par défaut sur l’application photo du téléphone. Il revient donc à chaque utilisateur de décider ou non de l’activer. L’astuce étant toutefois qu’une photo prise avec l’IA sera automatiquement stockée en deux versions dans la galerie. Il est du coup possible de passer d’un rendu avec IA à un rendu sans IA en un clic. De quoi encourager à prendre ses photos avec l’IA activée pour mieux décider, depuis la galerie, de la maintenir en place ou pas.

La photo est jolie, mais en réalité le ciel était loin d’être aussi bleu.

En désactivant l’IA sur cette photo, on perd presque tous les détails des bâtiments présents sous l’édifice gothique

Pour le reste, la qualité des deux capteurs d’Honor est valable, même si l’on déplore un rendu très bruité lorsque la lumière vient à manquer. C’est dommage, mais c’est courant.

Rappelons par ailleurs la présence d’un capteur monochrome, qui réussi à prendre de très jolies images en dépit d’une qualité qui reste malgré tout inférieure à celle du module signé Leica intégré aux P20 / P20 Pro.

Le capteur frontal de 24 Mpx est lui aussi efficace même si le traitement numérique qui lui est imposé est à deux doigts de tout ruiner. Mention spéciale à l’ignoble filtre « degrés d’embellissement » qu’il faut à tout prix désactiver, surtout en vidéo.

Et justement, à propos de vidéo, il nous reste à indiquer qu’ici le Honor 10 s’en sort bien. La captation 4K est de qualité au même titre que son homologue Full HD. Les couleurs sont dans l’ensemble assez naturelles (l’IA ne s’étend pas à la vidéo). Dommage que l’autofocus soit capricieux et que l’absence d’une stabilisation digne de ce nom se fasse sentir. Indiquons aussi que l’enregistrement se limite, en façade, à une définition HD 720p, ce qui est assez malheureux.

Surcouche

Dernier volet de ce test, la question de la surcouche. EMUI 8.1 est aux commandes de notre Honor 10. On retrouve donc l’esthétique plutôt élégante développée par Huawei ces dernières années sur le plan logiciel.

Rien de particulièrement notable à signaler ici, l’interface est agréable et l’on prend très vite ses marques sur le terminal. Seule la présence d’une flopée d’applications et de jeux préinstallés a tendance à nous irriter un peu, d’autant que le duo Honor Huawei est familier de ce genre de pratiques.

Il est bien sûr possible de toutes les désinstaller, mais il faut les supprimer une par une et il y en a une bonne dizaine au démarrage.

DESIGN & ERGONOMIE9
ECRAN8
PUISSANCE & AUTONOMIE9
PHOTO & VIDÉO7
SURCOUCHE8
PRIX9
Le Honor 10 est un excellent smartphone. Agréable à tenir en main, performant, endurant et profitant d'un excellent rapport qualité / Prix , le mobile s'érige sans mal parmi les meilleurs à moins de 400 euros. Dommage toutefois qu'Honor se soit un peu loupé sur son IA dédiée à la photo. L'idée est plaisante, l’exécution nettement moins...
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Mots-clés honorhonor 10

Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.