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Test du Huawei P10 : faux iPhone, vraie (bonne) surprise

Les a priori ont parfois la vie dure, et le Huawei P10 avait tout ce qu’il fallait en stock pour en générer un certain nombre dans nos esprits. Sous ses airs d’iPhone 7, le nouveau téléphone du géant chinois (enfin plus si nouveau que ça puisque son lancement remonte tout de même à mars…) aurait pu passer pour une énième tentative de copie du dernier flagship d’Apple. Pourtant, une fois allumé et après quelques minutes d’utilisation seulement, force est de reconnaître que la surprise est totale – mieux : qu’elle est excellente.

Proposé à un tarif catalogue de 599 euros, le mobile embarque tout ce qu’il faut pour s’imposer dans la cour des grands et asseoir un peu plus les positions du constructeur de Shenzhen sur le marché occidental. D’ailleurs ça tombe bien, puisque c’est – semble-t-il – l’un des objectifs premiers de Huawei, visiblement bien décidé à s’émanciper de ses frontières sino-chinoises. Mais assez traîné, attaquons-nous sans plus attendre au test détaillé de la bête.

Fiche Technique

Nous l’avons évoqué, le Huawei P10 dispose d’une fiche technique plutôt bien équilibrée. Le terminal embarque ainsi une SoC Kirin 960 de chez HiSilicon. Le bougre comporte huit cœurs ARM (4 Cortex-A73 / 4 Cortex-A53) cadencés à un maximum de 2,36 Ghz, épaulés par 4 Go de mémoire vive, et accompagnés par 64 Go de stockage interne (dont un peu plus de 11 Go sont occupés par le système).

Côté GPU, on retrouvera avec plaisir une puce Mali-G71 MP8, qui permet d’assurer au téléphone d’assez bonnes performances en jeu notamment.

Le tout sera mis à contribution pour animer un écran LCD-LTPS 1080p de 5,1 pouces ainsi qu’Android 7.0 Nougat dans une version largement surcouchée par Huawei au travers de son EMUI 5.0 (nous y reviendrons).

Pour ce qui est de la photo, le P10 embarque deux capteurs : un de 20 Mpx (monochrome), l’autre de 12 Mpx (RGB). Un duo signé Leica, qui avait fait son entrée sur le Mate 9 en fin d’année dernière et qui s’additionne ici d’un module 8 Mpx en façade.

Terminons ce tour d’horizon technique en pointant la prise en charge du Wi-Fi 802.11 b/g/n/ac, du Bluetooth 4.2, du NFC et de la 4G (catégorie 9).

Design & Ergonomie

C’est ici que nous taperons sur les doigts de Huawei, mais ce ne sera pas trop long. La firme nous propose avec le P10 un terminal plutôt élégant, très bien conçu et doté de matériaux de qualité (verre sur la façade renforcé au Gorilla Glass 5, métal au dos et matières plastiques intégrées avec grande parcimonie). Du tout bon jusqu’ici… sauf que le constructeur de Shenzhen n’a clairement pas réussi à s’émanciper de ses inspirations, ou devrait-on dire, de son mentor.

Les lignes du P10 évoquent ainsi très clairement un certain téléphone, d’une certaine marque au logo fruité. À tel point que de loin – et de dos – l’illusion est quasi parfaite. En clair, si vous souhaitez faire croire à vos amis que vous avez craqué pour un iPhone, acheter un P10 pourrait être une excellente idée.

Haut-parleur, Entrée USB Type-C et sortie Jack

Maintenant attention, le design du terminal n’en est pas loupé pour autant, loin de là. Le P10 est élégant, plutôt sobre et sa finesse (à peine 8mm d’épaisseur) est plus qu’appréciable tant esthétiquement parlant qu’en termes de prise en main. Malgré cela, le mobile de Huawei manque cruellement d’une signature visuelle qui lui serait totalement propre – et c’est ce que nous lui reprochons dans ce test.

Mais au-delà de ces considérations d’esthètes, qu’en est-il de son ergonomie ?

Eh bien de ce côté le Huawei P10 ne déçoit pas. Particulièrement compact, le terminal donne vraiment une excellente impression une fois en main. Il est agréable au toucher grâce à sa jolie finition brossée – et se montre difficilement attaquable en termes d’ergonomie, grâce à un format parfaitement maîtrisé, des bords arrondis et des boutons physiques bien placés. Notons par ailleurs que l’assemblage est de très belle facture et que ce P10 propose de manière générale un feeling premium à l’utilisateur, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

C’est donc un carton plein, ou presque, puisque le P10 a tout de même quelques défauts à faire valoir. On ergotera ainsi volontiers sur l’idée saugrenue qu’a eu Huawei de ne pas profiter du large espace au bas de l’écran pour intégrer des touches capacitives pour la navigation.

La chose paraissait pourtant toute naturelle, et le fait est que le premier réflexe sera de chercher la touche « Home » sur le capteur d’empreintes digitales, et les deux autres commandes d’Android de part et d’autre de ce dernier. En l’état il n’en est rien et l’on devra se contenter de touches intégrées à l’écran. Ce qui est pour le coup assez rageant.

Autre petite anicroche : le positionnement du haut-parleur sur le dessous de l’appareil ne plaira pas à tout le monde. Il faut dire que visionner une vidéo (ou jouer à un jeu) tout en tenant le téléphone à l’horizontale, donnera souvent lieu à une vraie gymnastique des doigts pour ne pas boucher l’unique sortie du son…

Notons enfin que le mobile s’avère TRÈS sensible aux traces de doigts et salissures diverses, tant sur son écran (ce qui était fatalement prévisible) qu’à son dos (ce qui est déjà nettement plus fâcheux). En un mot le chiffon à lunettes ne sera jamais très loin du P10. Dommage.

Écran & SoC

De ce côté Huawei nous a soignés. On profite d’une dalle LCD-LTPS (comprenez qu’il s’agit d’une technologie cousine de l’IPS) Full HD de qualité, dotée d’une excellente luminosité (tant poussée à fond, qu’au minimum dans le cadre d’une utilisation nocturne), d’une belle colorimétrie dans l’ensemble (malgré une tendance parfois marquée à tirer vers les rouges) et d’un niveau de contraste tout à fait valable ; même si l’on n’est pas au niveau d’une dalle OLED – bien évidemment.

Pour le reste, le choix du 1080p est parfaitement légitime sur une diagonale de 5,1 pouces. Le terminal dispose ainsi d’une densité de pixels atteignant les 430 ppp, ce qui vient taper dans la bonne moyenne dirons-nous.

Derrière cette jolie dalle, un Kirin 960 œuvre en silence. Le SoC de HiSilicon permet de propulser avec grande aisance Android Nougat, proposant par la même occasion une expérience générale très satisfaisante.

Durant la durée de notre test, nous n’avons constaté aucun problème de performances, la puce choisie par Huawei pour son P10 étant très véloce, du moins 90 % du temps.

C’est dans les jeux les plus gourmands que le terminal sera (parfois) pris de court, avec un framerate un peu juste. La chose reste toutefois assez rare et le tout franchira sans mal la barre des 120.000 points au compteur d’AnTuTu, ce qui reste très convenable. D’ailleurs, dans l’ensemble, la grande majorité des titres du catalogue Google Play tourneront sans aucun problème sur le P10. Donc pas de quoi s’affoler…

Là ou en revanche il y a matière à discussion, c’est au niveau de la chauffe. Le terminal a une forte tendance à monter en température lorsque sa puce est un peu trop sollicitée. Ce sera notamment le cas lorsqu’on utilise l’appareil photo de manière prolongée, quand on filme en 4K ou que l’on joue à des jeux. Il est regrettable que Huawei n’ait pas veillé à mieux calibrer la dissipation thermique sur son terminal.

Autonomie & Son

Puisque chauffe rime souvent avec autonomie en berne, passons à l’épineuse question de l’endurance de notre P10. Nous ne l’avons pas précisé plus haut, mais le mobile de Huawei embarque une batterie 3200 mAh, et donc supérieure à celle intégrée au P9 en son temps – pour un résultat à peine meilleur.

En effet, si cette dernière permet au mobile de tenir une bonne journée la plupart du temps (voire même un peu plus dans le cadre d’une utilisation moins acharnée), l’autonomie ne nous a pas semblé particulièrement importante. Comprenez par là que le P10 n’est pas le terminal le plus endurant du marché. Il se situe simplement dans la moyenne des smartphones premium de 2017, tout en restant légèrement derrière ses concurrents sur le haut de gamme.

Il faudra donc compter entre 10 et 12 heures d’autonomie dans le cadre d’une utilisation assez soutenue, mêlant lecture vidéo / jeu vidéo et navigation web. Rien de sensationnel… mais la batterie aura au moins le mérite de se recharger à 100 % au bout d’une heure et quart environ.

Côté son, le P10 est en revanche très convaincant. On pourrait s’attarder sur la sortie jack, mais nous nous contenterons de préciser qu’elle est de bonne facture et que le son envoyé une fois des écouteurs branchés est parfaitement convaincant, sans que quoi que ce soit d’anormal ou d’atypique nous ait choqués.

C’est plutôt le haut-parleur qui nous aura surpris, et en bien. Ce dernier est véritablement bluffant et parvient à restituer quelque chose d’étonnamment subtil. Le son y est clair, net, la distorsion quasi inexistante même à plein volume et les basses bien présentes. Alors évidemment les médiums seront (comme souvent) les mieux restituées, au détriment des aigus un poil en retrait, mais dans l’ensemble le P10 dispose là d’un des haut-parleurs les plus efficaces qu’il nous ait été donné d’entendre au cours des derniers mois.

Photo & Vidéo

Sans transition aucune, passons au pan photo vidéo du terminal. Là encore, Huawei a su soigner son entrée en proposant une version revue et (légèrement) corrigée du couple 12 Mpx monochrome / 20 Mpx RGB signé Leica.

Le capteur RGB du P10 permettra de prendre des clichés de grande qualité dans l’ensemble, avec une très bonne restitution des couleurs, un joli piqué la plupart du temps et un autofocus rapide et efficace. Malgré ses qualités, notons tout de même que cet appareil principal trébuchera de tant à autre et perdra alors en acuité, notamment sur les plans d’ensemble fourmillant de détail, ou dans certaines conditions d’éclairage un peu ambiguës…

De nuit, avec flash

Quoi qu’il en soit on saluera tout particulièrement la présence du second capteur, monochrome cette fois, qui nous a vraiment séduit de par sa netteté et le style inimitable qu’il donne aux photos. Avec son contraste léché, la seconde lentille proposée par la marque allemande surclassera sans aucune difficulté les filtres noir et blanc que l’on peut ajouter postérieurement à un cliché couleur. Combinée au mode portrait disponible dans les options, elle vous donnera l’occasion de vous prendre pour un photographe de chez Harcourt en immortalisant vos proches en deux clics.

Le mode portrait n’est d’ailleurs pas le seul mode proposé par la partie logicielle de l’appareil photo du P10. Parmi les options proposées, citons en vrac et de manière non-exhaustive le HDR, le mode cliché nocturne (améliorant un peu la prise de photo de nuit en en faible éclairage), l’option Light Painting (pour capturer des traînées lumineuses) ou encore la prise « grande ouverture » (similaire au grand-angle proposé chez LG, mais tout de même moins efficace).

Prise de vue « normale »

Mode portrait activé

Mode portrait + « Couleurs vives »

À cela s’ajouteront une tripotée de filtres et autres variations de colorimétrie, idéales pour intégrer ultérieurement ses photos à certains réseaux sociaux bien connus.

Pour ce qui est de la partie vidéo, Huawei fait dans le très correct. Les couleurs y sont justes, et le piqué excellent dans de bonnes conditions de luminosité. Un constat qu’il faudra revoir à la baisse en intérieur notamment. L’image devient alors assez bruitée sans que ce soit toutefois rédhibitoire.

On notera en revanche de menues déficiences en termes de stabilisation (marcher en filmant aura un impact plutôt marqué sur la qualité des vidéos), et une perte assez nette de détails lorsque l’on laisse la captation 4K de côté au profit du Full HD (la chose est logique, c’est vrai, mais sur le P10 le gap est tout de même un peu trop important selon nous).

Surcouche

Dernier point de ce test et pas des moindres : la surcouche.

Si d’ordinaire on serait tentés de laisser cette partie de côté, du moins chez certains constructeurs (faute de révélations fracassantes, vous voyez…), il faut avouer qu’avec Huawei il y a toujours matière à discussion côté replâtrage d’Android.

La firme nous propose donc son EMUI, dans sa version 5.0, une expérience voulue complète… Trop selon nous.

Difficile en effet de retrouver l’OS de Google sous tout ce fatras de modifications graphiques (notamment) dispensées par un Huawei encore une fois décidé à nous faire croire qu’on évolue sur un iPhone. Les menus (ainsi que certaines applications) ressembleront donc souvent à de l’iOS, et la multitude de thèmes téléchargeables gratuitement (ou contre pièces sonnantes et trébuchantes) n’y changeront malheureusement rien.

Notons en outre l’intégration d’applications installées par défaut (Pages Jaunes, TripAdvisor, Booking, Todoist) – résultante désagréable des deals passés entre le géant chinois et ces différents services.

Là aussi on s’en serait fort bien passé.

Tout n’est cependant pas à jeter, les ingénieurs de Shenzhen ayant décidé de réintégrer certains fondamentaux d’Android de manière optionnelle. On pensera en particulier au menu d’applications qui n’était pas présent chez la marque par le passé, et que l’on retrouve ici avec joie. Un bon point qui ne change malheureusement pas la donne pour Huawei et l’EMUI 5.0.

DESIGN & ERGONOMIE7
ECRAN9
PUISSANCE & AUTONOMIE8
PHOTO & VIDÉO8
SURCOUCHE6
PRIX8
Le Huawei P10 est un téléphone qui a du charme. Il n'est pas parfait, c'est vrai, mais ses qualités sont si nombreuses qu'il nous semble difficile de ne pas le recommander. Si vous cherchez un smartphone haut de gamme, élégant, performant, compact, doté d'un bon appareil photo (et que vous réussissez à avaler l'imposante surcouche dispensée par Huawei ainsi que le design « iPhone » proposé par la marque sur ce terminal), ne cherchez plus, le P10 est dans la place et risque fort d'y rester.
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Mots-clés huaweihuawei p10

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Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.

  • Pingback: Huawei fait (presque) jeu égal avec Apple sur les ventes de smartphones()

  • tor411 411tor

    Euh bon dès le début du test il y a une erreur , le capteur 20m c’est le monochrome et le couleur le 12M ….

    • Nathan

      Effectivement. J’ai inversé les deux… C’est corrigé.

    • Nathan Le Gohlisse

      Effectivement, j’avais inversé les deux. C’est corrigé maintenant…