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Test du Lenovo Yoga 920 : performances et autonomie en toute zénitude

Présenté lors de l’IFA 2017, le Yoga 920 est le nouvel ultra portable haut de gamme (et convertible) de Lenovo. Il succède assez logiquement au Yoga 910, auquel il emprunte d’ailleurs une part non négligeable de son design. Au travers de cette machine, le constructeur chinois souhaite une fois de plus s’imposer comme un acteur incontournable sur le marché très concurrentiel des appareils hybrides – tout en gardant en ligne de mire les bécanes que Microsoft propose par le biais de sa gamme Surface.

Toutefois, pour faire mouche sur un secteur où les bons PCs pullulent, encore faut-il se montrer à la hauteur et trouver le subtil équilibre entre un design léché, des performances de haute volée et une autonomie confortable. Un ensemble de critères qui feront bien souvent la différence entre le grain et l’ivraie ; et donc entre le gros des laptops commercialisés et les quelques machines d’exception qui parviennent à retenir l’attention des technophiles.

Lenovo avait donc fort à faire avec son Yoga 920, car parvenir à remplir de nouveau l’ensemble de ces conditions pour l’année 2017-2018 n’était clairement pas joué d’avance. Est-ce un pari tenu au final ? Eh bien réponse dans les prochains paragraphes…

Fiche Technique

Le Yoga 920 est équipé d’une configuration qui s’articule autour d’une dalle IPS tactile de 13,9 pouces (deux définitions sont disponibles : Full HD et 4K. Notre machine de test était équipée d’un écran 1080p) et d’un Core i5-8250U (4 cores / 8 threads) cadencé à 1,60 Ghz de base et 3,40 Ghz en mode boost.

Ce dernier est épaulé, au choix, de 8, 12 ou 16 Go de mémoire vive en DDR4 – et embarque 256, 512 Go ou 1 To de stockage en SSD PCIe, le tout en fonction des modèles proposés par le constructeur… et de la somme que l’on sera prêt à investir dans l’engin.

Parallèlement à cela on peut compter sur 2 enceintes signées JBL, une certification Dolby Atmos pour la prise casque, ainsi que sur un lecteur d’empreintes digitales et une webcam 720p (non compatible Windows Hello).

Du côté de la connectique Lenovo a pourvu son Yoga 920 d’une entrée USB 3.0, de deux ports USB Type-C Thunderbolt et d’une sortie Jack 3,5mm. La connectivité s’appuie pour sa part sur du WiFi 802.11a/c et du Bluetooth 4.1.

À noter enfin que le terminal pèse 1,37 kg selon son constructeur, qu’il se décline en trois coloris (Platine, Bronze et Cuivre) et qu’il est proposé au tarif de 1600 euros – tout du moins pour la version que Lenovo nous a laissée à disposition durant un peu plus de deux semaines.

Design & Assemblage

Lenovo n’a pas réinventé le design de son Yoga 910 pour accoucher du 920, c’est clair, mais la marque est parvenue à le perfectionner suffisamment pour que des différences soient visibles dès les premiers instants de la prise en main.

Le Yoga 920 est un peu plus fin, un peu plus léger (même s’il pèse tout de même son poids) et son allure générale paraît plus « pure » visuellement parlant. La principale différence entre les deux terminaux viendra des bords des deux appareils une fois le capot refermé. Le nouveau modèle fait place à des lignes plus acérées et à un profil plus monolithique encore que son grand frère. On a d’ailleurs l’impression de voir deux plaques de métal brut posées l’une sur l’autre lorsque le capot est complètement rabattu. Un parti pris esthétique qui fonctionne très bien selon nous… même si en matière de design, c’est toujours la subjectivité qui domine les débats.

On pourra en tout cas s’accorder à dire que le bougre est élégant, sobre, racé et qu’il profite d’un assemblage qui ne souffre pas du moindre défaut. On y retrouve avec joie le système de charnière qui permet d’identifier du premier coup d’œil les ultraportables estampillés Lenovo.

Non contente d’être une pure merveille d’ingénierie, cette charnière d’orfèvre remplit parfaitement son office et permet au Yoga 920 se s’articuler et de se désarticuler à l’envie pour passer d’un PC portable classique à une sorte de calepin pouvant parfaitement servir de tablette XXL. On aurait toutefois aimé pouvoir se passer complètement du clavier à l’occasion. Ce n’est pas l’approche de Lenovo sur ce terminal, tant pis pour nous.

Il n’empêche qu’en termes de matériaux, on reste sur quelque chose de très qualitatif. Le laptop se pare ainsi d’un châssis en métal. Ce sera d’ailleurs le principal matériau que l’on pourra palper en utilisant le Yoga 920 puisque Lenovo a choisi de faire la part belle à de larges surfaces de métal brossé qui confèrent à l’appareil le look premium qu’il mérite, sans verser pour autant dans le clinquant ou l’ostentatoire.

Le capteur d’empreintes digitales fonctionne au quart de tour.

À ce propos, les différents logos du constructeur restent discrets avec seulement deux mentions « Yoga » (la première sous le capteur d’empreintes et l’autre sur le capot) et un petit sigle Lenovo sous l’écran.

De manière générale c’est une impression de solidité qui se dégage de l’ensemble même si le terminal semble malgré tout assez sensible, de par ses arêtes bien marquées, aux chocs. Attention donc de le manier précautionneusement.

La seule véritable déception que l’on pourra rapporter ici viendra de la bordure inférieure de l’écran que l’on aurait aimée plus fine. Dans la même veine, il aurait été bienvenu d’allouer à ce Yoga 920 une dalle au format 3:2. Format qui nous semble plus adapté à une machine de ce type, essentiellement pensé pour la productivité.

Clavier, Accessoires & Connectique

Côté clavier l’expérience est fort plaisante, mais il faudra tout de même prendre le temps de s’habituer à ce que propose Lenovo. Les touches sont effectivement assez distancées les unes des autres, un peu plus que d’ordinaire en tout cas. Au départ on aura donc tendance à être un peu déstabilisé par cet espacement inhabituel. On s’y fait heureusement assez vite.

Du fait de cette disposition, les fautes de frappe se font très rares, mais cela au détriment de la vitesse de saisie, qui a pour sa part tendance à être un peu plus lente que sur des claviers disposant de touches moins espacées.

Il n’empêche que la course de ces touches est courte, sèche et que l’on peut – avec un peu d’entraînement – taper du texte très rapidement sur le Yoga 920. À noter que le clavier dispose de deux niveaux d’intensité en termes de rétroéclairage, et que le tout est bien évidemment désactivable pour économiser la batterie.

Côté trackpad, pas grand-chose à signaler si ce n’est qu’il aurait pu être plus grand pour plus de confort à l’usage. Il reste en l’état tout à fait fonctionnel même s’il manque parfois de précision dans le feu de l’action. Rien de méchant pour autant.

Nous avons ajouté la mention « accessoires » à cette partie du test pour avoir l’occasion d’évoquer le stylet qui est compris avec l’ordinateur. Si chez Microsoft on vend les stylets « Surface Pen » séparément (et à prix d’or), chez Lenovo on a décidé d’inclure une nouvelle fois de quoi tracer de belles courbes sur l’écran tactile de l’appareil sans forcer le chaland à débourser le moindre centime supplémentaire. Une excellente décision, malheureusement le stylet de Lenovo n’est pas au top niveau question ergonomie.

S’il s’avère tout aussi précis (4 096 niveaux de pression, indique Lenovo) que son homologue de chez Microsoft, ce dernier est malheureusement un poil trop léger et se dote de trois commandes, dont deux qui auraient gagné à être placées ailleurs. Très sensibles et positionnées pile au niveau du pouce lorsqu’on tient le stylet en position d’écriture, ces deux boutons auront tendance à être pressés par mégarde, ce qui devient vite assez enquiquinant.

Autre sujet de discorde, la petite pièce de plastique que Lenovo fournit avec son « Active Pen 2 » pour l’accrocher au Yoga 920. Assez vilain et loin de faire aussi haut de gamme que l’appareil qu’il accompagne, ce « support » viendra se ficher dans le port USB 3.0 du laptop – pour y tenir le stylet de manière assez bancale… et bloquer la seule entrée USB « classique » de l’engin. Au bout du compte on ne l’utilisera pratiquement jamais et l’on cherchera toujours où coller son Active Pen quand on ne l’utilise pas. Nul doute que Lenovo pourrait faire mieux sur ce point.

Pour ce qui est de la connectique, enfin, le constructeur aurait pu faire mieux… mais il aurait aussi pu faire pire. D’un côté on retrouve deux ports USB Type-C Thunderbolt (dont un utilisé pour la recharge du terminal) bien pratiques au quotidien ; et de l’autre il faut se contenter d’une seule entrée USB 3.0 plein format, et faire sans aucune sortie vidéo traditionnelle. Un port Mini Displayport aurait – par exemple – largement pu être ajouté.

Le bouton de mise sous tension est parfois difficile à localiser à l’aveugle.

Écran & Performances

Nous touchons là aux principales qualités du terminal. Lenovo a en effet opté pour une jolie dalle Full HD. Une définition tout à fait suffisante compte tenu de la diagonale de l’écran qui ne dépasse pas les 13,9 pouces.

On aura donc droit à un affichage suffisamment fin et une expérience parfaitement convaincante en termes de colorimétrie ou de contraste. Les couleurs sont correctement restituées et les noirs bien équilibrés même si l’ensemble aurait peut-être pu être un peu plus « vibrant » comme les Américains aiment à le dire. En revanche, la luminosité aurait encore une fois gagné à être plus forte pour pallier aux incontournables faiblesses d’une dalle brillante en plein soleil.

De manière générale c’est uniquement en cherchant la petite bête que l’on trouvera des défauts à la dalle proposée par Lenovo sur son Yoga 920.

En termes de performances, le bougre n’a pas à rougir face à la concurrence. Le modèle que Lenovo nous a fait parvenir embarquait un Core i5-8250U. Une puce Quadcore de toute dernière génération qui devance assez facilement les i7 de la lignée précédente (série des 7xxx).

Épaulé dans le cas présent de 8 Go de RAM, le processeur d’Intel ne nous a pas déçus, en affichant des performances de haute volée à même de rendre le Yoga 920 très polyvalent. Au-delà d’un usage classique comprenant bureautique, multimédia et surf sur le web, on pourra donc très facilement utiliser le PC pour du traitement photo et vidéo occasionnel. Attention toutefois, du fait de l’absence de GPU dédié, il faut faire l’impasse sur les jeux vidéo (exception faite des titres anciens et / ou très peu gourmands en ressources) ainsi que sur du traitement photo / vidéo plus poussé. Normal, on est sur un ultra-portable « classique ».

Reste qu’une question se pose inévitablement quand on a affaire à un CPU puissant, qu’en est-il de la chauffe ? Eh bien de ce côté, n’ayez crainte, braves gens, Lenovo a su dompter la bête. Grâce à un système de dissipation plutôt efficace, notre i5-8250U ne monte pas trop en température. En conditions de stress test sous CPU-Z (usage du CPU à 100 %) le terminal n’a dépassé le seuil des 70° qu’au travers de brefs pics – et ce malgré un test qui a duré près de 45 minutes.

Au niveau du toucher, il est toutefois difficile de se rendre que le processeur atteint cette température. Le châssis sera tiède dans le pire des cas que ce soit au niveau du clavier ou sur le dessous de l’appareil.

À noter par ailleurs que nous n’avons pas constaté de problèmes de Thermal Throttling sur le Yoga 920 (malgré un test prolongé sous AIDA 64). Un bon point à ajouter en sa faveur, puisque du coup, la puissance du processeur pourra être pleinement exploitée sans que la chauffe ne viennent le ralentir.

Revers de la médaille, un sifflement assez audible se fera entendre lorsqu’on sollicite assez franchement la puce d’Intel. Le système de refroidissement implanté dans l’ultraportable n’a pas que des qualités, malheureusement.

Son & Autonomie

Nous l’avons dit plus haut, la partie sonore du Yoga 920 est signée JBL pour ce qui est des haut-parleurs et Dolby Atmos au niveau de la prise casque. Comme souvent le débat sera ici assez déséquilibré.

Contrairement à ce que leur patronyme pouvait laisser espérer, les enceintes du terminal sont médiocres. Elles pourront dépanner pour écouter une vidéo, mais du fait de leur manque total de relief au niveau sonore, il ne faudra pas tellement compter sur elles pour la musique.

Heureusement le bilan est tout autre du côté de la sortie Jack proposée par Lenovo. Le son y est limpide, précis et dans l’ensemble bien équilibré, avec des basses présentes et des médiums qui ne prennent pas l’ascendant sur le reste.

La claque, on se l’est toutefois prise au niveau du volume maximal qui s’avère très élevé sur le Yoga 920. La puissance de feu est bien là et pour peu que vous ayez un casque de bonne facture, le tout sera synonyme de régal pour les esgourdes. Veillez par contre à vous tempérer pour éviter les acouphènes après une écoute prolongée à plein volume…

Dernier point de ce test, l’inévitable – et souvent houleuse – question de l’autonomie. De ce côté, Lenovo a décidé de nous donner le sourire. Son terminal profite d’une autonomie très confortable qui tape régulièrement dans les 10 heures voire même un peu plus quand la luminosité est à moins de 50%, que le mode économie d’énergie est activé et que le rétroéclairage du clavier est désactivé.

Concrètement il sera souvent possible d’utiliser le Yoga 920 toute la journée ou presque sans avoir à se trimbaler avec un chargeur. De quoi en réjouir plus d’un même s’il faudra revoir cette estimation à la baisse dans le cadre d’un usage plus poussé, mêlant par exemple du traitement photo sous Photoshop et de la lecture vidéo prolongée via Netflix. Dans ce cas précis, il sera alors nécessaire de tabler plutôt sur une endurance de 8 heures environ, ce qui reste très honnête.

DESIGN & ASSEMBLAGE9
CLAVIER & CONNECTIQUE8
PERFORMANCES9
ÉCRAN8
AUTONOMIE9
PRIX7
Le Lenovo Yoga 920 est une belle évolution du Yoga 910. Il peut se targuer de ne pas avoir de défaut majeur. On peut compter sur lui pour le boulot et pour nos déplacements grâce à des performances de haut niveau et une autonomie qui fait forte impression. En réalité seul son prix aurait gagné à être un peu moins élevé.
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Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.