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Test du LG G6 : le grand frisson était à portée de main

Après un G5 de qualité, mais doté d’un concept modulaire qui n’avait pas réellement su séduire, LG se devait de revenir en 2017 avec un smartphone capable de faire l’unanimité. La marque coréenne a donc opté pour une approche plus conventionnelle, faisant la part belle à un classicisme efficace, quitte à perdre en cours de route certains de ses habitués appréciant pourtant ses idées les plus originales.

C’est ainsi qu’est né le G6 : un flagship proposé à un prix initial de 750 euros, reprenant certains des atouts de son prédécesseur, tout en essayant très fort de laisser de côté ses défauts. Le terminal y arrive d’ailleurs en grande partie, même s’il ne parvient malheureusement pas à réaliser le sans faute dont LG aurait pourtant eu besoin…

Fiche Technique

Plutôt puissant, le LG G6 s’articule autour d’un Snapdragon 821 cadencé à 2,34 Ghz, de 4 Go de mémoire vive et de 32 Go de stockage extensible via Micro SD (256 Go Maximum). Le SoC choisi par la marque embarque en outre une partie GPU Adreno 530, qui a déjà fait ses preuves vis-à-vis des jeux du Play Store.

Le tout permet de donner vie à une très belle dalle IPS QHD+ (1440 x 2880 pixels) de 5,7 pouces ainsi qu’à l’incontournable Android 7.0 Nougat.

Enfin, côté photo, le G6 dispose d’un double capteur 13 Mpx au dos (l’un standard, l’autre grand-angle) et d’un appareil 5 Mpx en façade.

Pour le reste, notons en vrac la présence d’une certification IP68 et de toute la connectique que l’on s’attend à trouver sur un smartphone en 2017 : Wi-Fi 802.11 a/b/g/n/ac, Bluetooth 4.2, GPS, NFC, Tuner radio et USB Type-C.

Une fiche technique convaincante, mais qui a tout de même fait couler beaucoup d’encre lors de l’annonce du G6 au cours du MWC de Barcelone. Pourquoi ? Tout simplement parce que le Snapdragon 821 sélectionné, n’était pas le tout dernier SoC de Qualcomm en date – faisant donc du G6 un mobile légèrement moins à la pointe sur le plan technologique que les autres flagships du marché.

Un « problème » qui ne nous a pas perturbés le moins du monde durant notre test, mais nous aurons l’occasion d’y revenir…

Autre pomme de discorde, cette fois nettement plus gênante selon nous, la drôle d’idée qu’a eu LG de proposer 3 déclinaisons différentes de son smartphone, pour trois principales « zones » de commercialisation.

Le terminal a en effet le mauvais goût d’être proposé pour l’Europe dans une version plutôt dépouillée n’embarquant « que » 32 Go de stockage et aucune option supplémentaire ; et ce alors même que l’Amérique du Nord dispose de la recharge sans-fil (pour 32 Go de stockage également).

La version la plus avantageuse du G6 est probablement celle réservée à l’Asie. Cette dernière embarque en effet 64 Go de mémoire interne et propose le Dual-SIM, et un Quad DAC conçu en partenariat avec ESS Technology.

Grâce aux merveilles de l’import / export chinois, c’est sur cette déclinaison que nous avons réussi à mettre la main et si vous voulez en savoir plus, vous n’avez plus qu’à suivre le guide…

Design & Ergonomie

De ce côté pas grand-chose à reprocher à LG. Le G6 est incontestablement réussi en termes de look. S’il lui manque peut-être l’originalité foudroyante d’un Samsung Galaxy S8, ce dernier compense largement cette petite lacune par une prise en main sans faille et une qualité d’assemblage que l’on ne saurait critiquer.

Dès le déballage et les premières minutes d’utilisation, le terminal respire la robustesse et la fiabilité – et ce grâce à un design faisant la part belle à des arêtes bien marquées permettant une excellente préhension du produit.

Un produit qui profite par ailleurs de matériaux de grande qualité. Le tout est en effet composé de verre sur la façade et au dos (traité au Gorilla Glass 3 pour le devant et 5 pour l’arrière. Ne nous demandez pas pourquoi…), et de métal brossé pour les bords.

Grâce à ces lignes générales plutôt rectilignes (exception faite du dos légèrement convexe), le tout ne glisse pas entre les mains et reste bien en place dans le creux de la paluche pendant l’utilisation. Ce qui est évidemment un excellent point.

Nous ne l’avons pas encore abordé, mais il faut également reconnaître que les proportions de l’écran FullVision de LG poussent à apprécier le G6 dès les premiers instants – d’autant que l’ergonomie n’est pas sacrifiée sur l’autel de l’effet Wouah ici recherché.

Alors évidemment le mobile n’est pas aussi facile à manipuler qu’un smartphone « classique » de 4 ou 5 pouces, mais il parvient à faire presque aussi bien, et ce malgré une dalle sensiblement plus grande (5,7 pouces), le rapprochant presque d’une phablette en termes de diagonale.

Le choix du format 18:9 est à la source de cette très bonne ergonomie, qui permet à LG de caser une dalle maousse dans un châssis aux dimensions raisonnables ; et à l’utilisateur de ne pas trop souvent recourir à ses deux mimines pour user de la bête.

Au final sur la question de l’ergonomie, seul le positionnement des touches de volume est discutable, car peut-être un peu trop haut. Celui du capteur d’empreinte (faisant aussi office de bouton de verrouillage et de mise sous tension) est en revanche parfait. Il tombe pile-poil sous l’index et s’avère extrêmement rapide, l’empreinte étant reconnue instantanément…

Écran & SoC

Si les dimensions et l’intégration de la dalle FullVision du G6 ne sauraient être remises en cause, force est toutefois d’admettre que LG n’est pas parvenu à exécuter un sans faute avec son écran QHD+.

Sur ce point le terminal souffre effectivement de la comparaison avec son principal challenger, le Galaxy S8, et ce à cause de la technologie sélectionnée par la firme coréenne pour son flagship. Là où ses petits camarades s’orientent de plus en plus vers l’OLED pour leurs terminaux haut de gamme ; LG reste pour sa part désespérément cramponné à l’IPS. Une technologie que la marque maîtrise bien, mais pas parfaitement non plus, et qui ne saurait rivaliser avec l’OLED sur bien des points.

Heureusement pour le consommateur et pour LG, le V30 devrait bientôt débarquer sur le marché – et avec une dalle de ce type. Ouf…

Mais ne soyons pas mauvaises langues. On regrette le choix de l’IPS au détriment d’une dalle OLED, c’est vrai, mais il faut tout de même admettre que l’écran du G6 est très loin d’être mauvais.

S’il a (et c’était déjà le cas sur le G5), une tendance assez marquée à tirer vers les bleus côté colorimétrie, le bougre bénéficie en contrepartie d’une excellente luminosité, d’un taux de contraste tout à fait respectable et de noirs correctement calibrés.

L’apport du 18:9 et de la résolution QHD+ fait le reste, l’affichage y est très fin, la densité de pixels costaude (562 ppp) et le tout lisible et agréable à l’œil en toute circonstance : que l’on soit en plein soleil ou dans l’obscurité totale.

Seul problème avec le ratio 18:9 (et pas des moindres) : l’apparition de bandes noires de part et d’autre des vidéos (notamment sur YouTube), mais aussi sur certaines applications et jeux non compatibles avec ce nouveau format. Dans l’absolu LG propose un système de mise à l’échelle des applications permettant d’adapter ces dernières au 18:9. Cela fonctionne assez bien dans la majorité des cas, même si l’image en sera parfois un poil déformée (surtout dans le cas des vidéos). Il faudra s’y faire ou s’habituer aux bandes noires.

Précisions tout de même que rares sont les contenus à poser véritablement problème au G6 de ce côté. La grande majorité d’entre eux s’adaptant relativement bien au gabarit un peu particulier de l’écran.

Côté performances, le constat est également positif, et ce malgré les polémiques qui ont entouré la sélection du Snapdragon 821. Le SoC de Qualcomm a beau ne pas être le dernier de sa lignée, et afficher un certain retard technologique face au 835, il faut tout de même relativiser et considérer qu’il s’agit – là aussi – d’une puce haut de gamme dont la puissance reste largement suffisante pour animer correctement le G6.

Au cours de notre test, nous n’avons donc pas constaté de ralentissements notables. Android s’avère véloce en toute situation et les applications (même les plus gourmandes) s’exécutent sans aucune difficulté.

Il en va de même pour les jeux du Play Store, tous fonctionnent parfaitement bien et profitent à la fois d’un bon niveau de détails et d’un framerate stable.

Il serait donc particulièrement dommage de faire une croix sur le G6 à cause de son SoC. Dans le cas présent, rien ne nous permet de dire que le Snapdragon 821 ne fait pas correctement son job, et à vrai dire c’est même tout le contraire…

Notons en outre que LG a eu l’excellente idée de veiller à ce que son flagship ne chauffe pas trop. Le G6 profite en effet d’une excellente dissipation thermique lui permettant de rester tiède même lorsque son processeur est fortement sollicité. La chose est d’ailleurs assez étonnante, puisque de longues minutes de jeu ou d’enregistrement 4k ne suffiront pas à faire monter la température de manière significative. Merci LG.

Autonomie & Son

Du point de vue de l’alimentation la marque coréenne ne s’est pas foutu de nous non plus. On hérite ici d’une batterie 3300 mAh (non-amovible), et d’une certification Qualcomm Quick Charge 3. Cette dernière permettra notamment au téléphone de se recharger à 100 % en moins d’une heure et demie, tandis que le gros de son autonomie sera retrouvé au bout d’à peine 40 minutes sur secteur.

Une autonomie qui s’avère d’ailleurs assez copieuse puisque notre G6 s’acquitte sans mal de sa mission de durer toute une journée. Mieux, le terminal se paiera même le luxe de pousser très régulièrement à une bonne journée et demie, ce qui est plutôt appréciable.

Bien évidemment ces chiffres seront à revoir à la baisse dans le cas d’une utilisation très poussée mêlant jeu, navigation GPS, enregistrement et lecture vidéo de façon intensive.

De manière générale on pourra tout de même compter sur une autonomie d’une douzaine d’heures à la louche et en moyenne.

En ce qui concerne la partie sonore de l’appareil, le constat sera par contre un peu plus contrasté. Le G6 que nous avons testé profitait du Quad DAC. Une technologie permettant à l’utilisateur de profiter d’un son Hi-Fi.

Concrètement cette option disponible uniquement sur les déclinaisons asiatiques du G6, s’avère être un vrai régal pour les oreilles. Une fois un casque de qualité branché au smartphone (sur des écouteurs entrée de gamme l’apport de cette fonction est pratiquement inaudible), le son transmis est alors d’une rare clarté. La spatialisation gagne en précision, les différentes fréquences en netteté, et le son semble globalement nettement plus chaud, plus riche et plus rond que lorsque le Quad DAC est désactivé.

Un véritable succès largement accentué lors de l’écoute de fichiers audio peu compressés, qui nous laisse toutefois circonspects vis-à-vis du choix de LG de ne pas en faire profiter tous ses clients. Peut-être que d’obscures raisons financières (les puces conçues par ESS Technology étant apparemment assez coûteuses) auront dissuadé la firme coréenne de répandre cette bonne parole stéréo sur tous ses G6…

Une fois cette éminente feature désactivée que reste-t-il en faveur du terminal sur le plan audio ? Eh bien pas grand-chose. La sortie casque est indéniablement de qualité, mais ne se démarque pas vraiment de la concurrence une fois que l’on fait abstraction du Quad DAC… Quant au haut-parleur intégré à la tranche basse du mobile, il ne nous a pas convaincus.

Les basses n’y sont clairement pas glorieuses, les aigus y manquent de précision et les médiums y sont sur-représentés. Cerise sur le gâteau, la saturation fera vite son apparition une fois le volume poussé à fond. Une combinaison sans aucun panache, qui ne nous donnera au final qu’une seule envie : acheter des enceintes Bluetooth.

Photo & Vidéo

Inutile de tourner autour du pot, le G6 est l’un des meilleurs photophones du marché à l’heure actuelle. Capable de prendre des clichés de (très) haute volée, le flagship de LG se montre aussi parfaitement à l’aise en vidéo et notamment en 4K. Un constat que l’on ne remettra pas en cause ici, même si quelques bémols méritent quand même d’être mentionnés.

Se distinguant de ses concurrents par le biais de deux capteurs photo 13 Mpx (dont un module grand-angle bigrement efficace), le G6 se dote par ailleurs d’une application photo très complète.

Cette dernière comporte notamment un mode manuel proposant moult paramètres qui sauront parler aux fans de photo (contrôle de la balance des blancs, correction de l’exposition, réglages pour les ISO, le temps de pause et le focus, entre autres… Le tout étant épaulé d’une commande AE-L plutôt pratique), ainsi que divers filtres activables à la volée et quelques effets intéressants tant pour la photo que pour la partie vidéo (Panoramas, Slow motion, Intervalle…).

Bien que complète, l’application photo du terminal s’avère cependant assez difficile à appréhender et demandera un certain temps d’adaptation. La faute à un mode basique « automatique » un peu trop limité.

S’il conviendra la plupart du temps pour prendre des photos au débotté, il sera en revanche insuffisant et étonnement bridé (le flash est par exemple indisponible sur ce mode) pour permettre la prise de clichés plus chiadés, ou dans des conditions un peu plus délicates.

Il faudra alors se tourner vers le mode manuel, nettement plus complet, certes, mais aussi bien plus complexe à prendre en mains – surtout pour les novices.

Pourtant, au-delà de ces considérations logicielles – et une fois la bête amadouée – force est de constater que la qualité des photos prises par le G6 se révèle surprenante à bien des égards. La netteté y est excellente et le rendu des couleurs irréprochables. Partant de là il sera très compliqué de rater des photos dans de bonnes conditions de luminosité. Mais pas seulement.

En effet, le terminal se paye le luxe de bien s’adapter à la prise de clichés en intérieur ou en soirée par exemple. S’il ne fait pas de miracles absolus, il se montre malgré tout capable de nous sortir des photos viables, dont les couleurs ne seront pas trop altérées, et ce même en basse voire très basse luminosité. Évidemment on perdra alors en détail et le rendu sera forcément un peu bruité, mais cela reste un avantage non négligeable pour le G6.

Le mode noir et blanc « 1839 » rend super bien pour un simple filtre

Au rayon des défauts on pourra maintenant pester sur un rendu parfois un peu artificiel des photos (notamment au niveau des flous d’arrière-plan, souvent cradingues), ou après un autofocus capricieux ; mais dans l’ensemble l’expérience proposée par les deux capteurs arrière reste très convaincante à défaut d’être inattaquable.

Si ces deux modules s’avèrent tout à fait satisfaisants, on ne peut toutefois pas en dire autant du capteur présent en façade. Carton rouge pour le G6 de ce côté, les amateurs de selfie ne pouvant raisonnablement ce contenter d’un appareil 5 Mpx d’aussi mauvaise qualité.

Le rendu y est souvent très vilain, avec une mauvaise restitution des couleurs et des textures (surtout en basse luminosité), ainsi qu’un piqué erratique. Les trois quarts du temps, les photos prises avec ce module de façade seront loupées, de quoi faire tache sur un smartphone positionné sur le haut de gamme.

Terminons en abordant rapidement la partie vidéo. Ici aucun problème à signaler, la capture 4K étant tout aussi valable que la prise de son qui l’accompagne. La stabilisation est convaincante et les quelques modes de captation alternatifs (Slow Motion et Intervalle en tête) permettent de réaliser des vidéos plutôt fun.

Voilà le genre de photo qu’on peut prendre avec le capteur grand-angle…

On pourra cependant pointer qu’une fois passé en 1080p le G6 fait du moins bon boulot, avec un bruit assez présent à l’image. Rien de bien méchant cependant, d’autant que l’on pourra cette fois profiter d’une capture en 60 images / seconde, ou au format 18:9.

Saluons en outre l’apport du capteur grand-angle. S’il s’avérait déjà rudement pratique sur les photos, il nous aura d’autant plus conquis en vidéo où il permet des prises de vues de toute beauté, sans que l’image ne soit trop déformée par cette grande ouverture…

Ahh… l’été Normand…

Surcouche

Terminons en abordant l’épineuse question de la surcouche dispensée par LG sur ses appareils Android.

Cette dernière se veut proche de l’expérience proposée par défaut sur l’OS de Google, mais en y apportant quelques modifications, essentiellement d’ordre visuel. En mettant son propre coup de pinceau à Android Nougat, LG propose un rendu assez soigné, qu’il sera possible de modifier à grand renfort de thèmes téléchargeables via une application dédiée.

Notons toutefois que le constructeur est allé un peu plus loin en permettant aux utilisateurs de son G6 de personnaliser un peu plus leur expérience. On pensera notamment à la possibilité de modifier l’agencement des touches de la barre de navigation, pour y ajouter quelques commandes spécifiques (capture d’écran, déroulement du volet d’application, ajout de fenêtres volantes…).

Autre spécificité, la présence de deux « corbeilles » l’une pour les applications, l’autre pour les fichiers photo / vidéo. Concrètement elles permettent de récupérer le contenu supprimé pendant une période d’une semaine, avant qu’il soit définitivement rayé de la carte. Pratique dans certains cas (surtout pour les photos), cette fonctionnalité a le mérite d’exister, même si elle se montre parfois pénible (notamment en ce qui concerne les applis que l’on supprime rarement par hasard).

Dans l’ensemble le tout s’avère fluide (à quelques accros près) et peut se targuer de ne pas être pas trop moche. Après tout, que demander de plus ?

 

DESIGN & ERGONOMIE9
ECRAN8.5
PUISSANCE & AUTONOMIE8
PHOTO & VIDÉO8
SURCOUCHE7
PRIX7
Le LG G6 est un excellent smartphone. Il combine un nombre important de qualités, qu'il contrebalance malheureusement avec quelques défauts qui n'en font peut-être pas le tueur que l'on aurait aimé qu'il soit. Il nous semble toutefois difficile de ne pas le recommander ; d'autant que près de 6 mois après sa sortie, son prix a suffisamment baissé pour qu'on lui pardonne ses errances. Convaincus des capacités de LG sur le haut de gamme, nos regards se braquent désormais vers le V30, qui pourrait bien proposer une alternative d'autant plus séduisante aux monstrueux flagships de Samsung...
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Mots-clés lglg g6

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Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.