Test du Thecus N2310

Thecus compte plusieurs NAS à son catalogue. Certains sont taillés pour les grosses entreprises, d’autres visent plus spécifiquement le grand public et les petits groupes de travail. Le N2310 fait partie de cette dernière catégorie, avec un avantage de taille par rapport à ses concurrents : il est proposé à moins de 150 euros. Oui, et justement, si vous vous demandez ce qu’il vaut sur le terrain, alors cet article devrait retenir votre attention.

Comme chacun le sait, ou devrait le savoir, il existe de multiples façons de sauvegarder des données. Certains se contentent de simples disques, tandis que d’autres préfèrent utiliser des disques durs externes ou même miser sur les services de stockage dans les nuages.

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Mais le mieux, finalement, c’est de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Un CD/DVD peut rendre l’âme au bon de quelques mois, un disque dur peut tomber en panne, une boite spécialisée dans le « cloud » peut déposer le bilan, mais il y a peu de chances que ces trois cas de figure arrivent en même temps.

A moins, bien sûr, que vous ne soyez irrémédiablement maudit.

Quoi qu’il en soit, en marge de ces différentes solutions, il est aussi possible de s’appuyer sur des NAS, qui ont finalement deux avantages notables : leur autonomie et leurs fonctionnalités.

Caractéristiques Techniques

Un NAS fonctionne comme un petit serveur autonome. Cela veut aussi dire qu’il embarque des composants similaires à ceux que l’on trouve dans nos ordinateurs. Avec un peu moins de puissance à la clé, bien sûr, puisqu’ils ont une utilisation très ciblée.

Avant d’aller plus loin, il faut donc commencer par se pencher sur la fiche technique du N2310.

Premier point et pas des moindres, il est animé par un processeur AMCC APM 86491 cadencé à 800 MHz, un processeur couplé à 512 Mo de mémoire vive en DDR3. Il est constitué de deux baies dotée d’une connectique en SATA.

Avec trois modes RAID à la clé : le RAID 0, le RAID 1 et le JBOD.

Késako ? Si vous n’êtes pas familier de la chose, et bien il faut simplement savoir que le RAID 0 permet de faire travailler plusieurs disques durs en parallèle, pour augmenter leurs performances. L’inconvénient de cette configuration, c’est que si un des disques est flingué, alors toutes les données qu’il contient sont perdues. L’autre point noir, c’est que la capacité de stockage du volume est alignée sur le plus petit de ses disques.

Le RAID 1, lui, joue la carte de la sécurité puisque toutes les données du premier disque seront automatiquement répliquées sur le second. Du coup, si vous perdez un de vos disques, et bien vous pouvez toujours retrouver vos documents, votre bibliothèque musicale, vos films, vos séries et toutes ces petites choses qui ont beaucoup d’importance à vos yeux.

Reste le JBOD. Là, c’est beaucoup moins drôle. Il se contente de combiner plusieurs disques durs pour former un seul volume. La différence avec le RAID 1 ? Il y en a quelques unes mais la plus évidente touche à la capacité de stockage. Cette fois, et bien le JBOD additionnera l’espace de chaque disque.

Chaque solution a donc son avantage. La grande force du RAID 0, c’est sa réactivité. Le RAID 1, lui, a le mérite d’être le plus sécurisé tandis que le JBOD conviendra particulièrement à celles et ceux qui ont besoin de beaucoup de stockage.

En ce qui me concerne, c’est le RAID 1 qui a retenu ma préférence. J’ai acheté en parallèle deux disques durs Western Digital RED 3 To SATA 6 Gb/s. Ils sont en vente chez LDLC pour 111,95€ à l’unité.

Qu’en est-il de la connectique du N2310 ? Elle va droit à l’essentiel avec un RJ-45, un USB 2.0 et un USB 3.0. Pas de sortie HDMI, donc. Si vous comptiez le relier directement à votre télévision, il faudra repasser ou mettre en place une solution détournée en vous appuyant sur ce bon vieux Plex.

Nous en reparlerons un peu plus bas.

L’appareil est assez compact (135 x 97 x 207 mm), pour un poids n’excédant pas les 0,8 Kg sans les disques.

Voilà pour les grandes lignes. Si vous voulez en savoir un peu plus sur le sujet, je vous renvoie vers la fiche du constructeur, disponible à cette adresse.

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Packaging, Design & Ergonomie

Première bonne surprise, le Thecus N2310 est vendu avec tous les accessoires indispensables à son bon fonctionnement. Soit avec un adaptateur secteur et la documentation habituelle, certes, mais aussi avec un câble ethernet et des vis de fixation pour nos disques. La seule chose dont vous aurez besoin, finalement, ce sera d’un tournevis.

En ce qui me concerne, et histoire de ne plus me prendre la tête, j’ai opté pour un kit proposé par Novodio. A moins de quinze euros, c’est vraiment une affaire.

Sur le plan esthétique, le N2310 s’en sort assez bien. Ce n’est pas non plus un canon de beauté mais vous pourrez l’exhiber sans honte. Pour ma part, il trône fièrement sur mon buffet, aux côtés de ma vieille Freebox (V5) et personne ne m’a fait de réflexion particulière. Mes belles-filles n’avaient même pas remarqué sa présence, c’est pour dire.

Notez tout de même que Thecus a opté pour un savant mélange entre plastiques mats et plastiques brillants histoire de se démarquer de ses concurrents. Après tout, pourquoi pas, hein.

Sinon, et bien nous allons retrouver pas mal de choses sur la face avant du NAS. Ses deux baies, bien sûr, mais aussi des LED qui nous permettront de savoir si tout se passe bien. Avec deux boutons en prime. Le premier pour lancer une copie automatique d’une clé, le second pour démarrer ou éteindre l’appareil.

Les différents ports sont situés de l’autre côté du boitier, aux côtés du ventilateur de son alimentation. Avec de l’USB 3.0, de l’USB 2.0, du RJ-45, un port Kensington, un bouton RESET et la prise de l’alimentation.

Le montage des disques est assez simple et à la portée de n’importe qui. Pour commencer, il faut tirer les racks vers soi et les retirer de leur logement. Ensuite, et bien nous devrons placer nos disques dedans et les visser (six points de fixation au total) avant de replacer le tout dans le boitier.

Rien de très compliqué, en somme. Si vous voulez en voir plus, voici une petite vidéo reprenant chaque étape de la mise en place du N2310. Avec d’incroyables effets spéciaux dedans.

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Performances

Les performances d’un NAS en écriture et en lecture dépendent de plusieurs critères bien distincts. Le processeur et la quantité de mémoire vive embarquée ont un rôle à jouer, mais il en va de même pour les disques, le type de RAID mis en place ou encore la qualité du réseau.

C’est précisément pour cette raison qu’il n’est pas simple d’évaluer avec précision les débits d’un appareil de ce type.

En théorie et d’après le constructeur, le N2310 est censé atteindre les 100 Mo/s en lecture, et les 80 Mo/s en écriture. Dans la réalité des faits, ce n’est pas vraiment le cas.

Pour mener ces tests, je suis parti sur trois configurations différentes.

Configuration #1 : iMac > NAS (en ethernet)

Il s’agit de la configuration la moins réaliste. Peu de gens s’amusent à connecter directement leur NAS à leur ordinateur, encore moins en ethernet. Ceci étant, c’est aussi un bon moyen de déterminer les performances brutes de ce type d’équipement.

En lecture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 82 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 69 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 32 Mo/s.

En écriture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 64 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 57 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 42 Mo/s.

Sans grande surprise, le N2310 est plus à l’aise avec les gros fichiers. Comme la plupart des NAS. Côté performances, il s’en tire plutôt bien et il serait encore plus rapide en RAID0.

Configuration #2 : iMac > Freebox > NAS (en ethernet)

Second cas de figure, l’iMac est directement connecté à une Freebox en ethernet. Le NAS subit exactement le même traitement, et les mêmes tests sont ensuite effectués.

En lecture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 69 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 71 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 65 Mo/s.

En écriture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 31 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 43 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 42 Mo/s.

Cette fois, il y a moins de différences et cela n’a rien de surprenant puisque ce n’est pas le NAS qui nous limite, mais la qualité du réseau domestique. Et la Freebox.

Configuration #3 : iMac > Freebox > NAS (WiFi + Ethernet)

Troisième et dernier cas de figure… et aussi le plus répandu chez les particuliers. C’est la moins évidente des configurations, surtout chez moi puisque mon bureau est placé sur une mezzanine.

En lecture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 32 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 29 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 26 Mo/s.

En écriture :

  • Avec un fichier de 2,21 Go : 17 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 400 Mo : 12 Mo/s.
  • Avec plusieurs fichiers de 1 Mo : 13 Mo/s.

Pathétique ? Assurément, mais ces résultats ne m’ont pas étonné. Mon réseau laisse franchement à désirer.

Notez tout de même que ces tests ont été menés via Filezilla trois ou quatre fois à des moments différents de la journée, et alors qu’aucun autre poste n’était connecté au réseau. Ensuite, et bien j’ai pris ma calculatrice pour calculer la durée moyenne pour chaque transfert.

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Fonctionnalités

Le N2310, comme tout NAS qui se respecte, est livré avec un outil permettant de l’administrer. Un outil visuel, accessible depuis n’importe quel navigateur web du marché puisqu’il suffit de saisir l’adresse IP du serveur dans la barre d’adresse pour l’ouvrir dans un onglet.

Cet outil est plutôt bien pensé. L’interface rappelle Plesk (et pas Plex, hein) par certains aspects, mais il n’y a pas besoin d’une longue période d’adaptation pour trouver ses marques.

Le tableau de bord affiche une série de modules distincts. En quelques instants, on peut vérifier l’état du RAID, ou même redémarrer l’appareil. Pour accéder aux options avancées, il suffira de cliquer sur une simple icône. Là, et bien on se trouvera face à un panneau de configuration centralisant tous les outils livrés en natif. Il sera évidemment possible d’en installer d’autres, en passant par la boutique mise en place par Thecus.

Je ne peux pas passer en revue chaque outil, chaque application, mais voici un topo sur certaines d’entre elles.

FTP

Rien de révolutionnaire ici, le N2310 peut parfaitement faire office de serveur FTP et vous serez donc libre de créer autant d’utilisateurs que vous le désirez. Avec des groupes, pour que ce soit encore un peu plus drôle. Mieux, histoire d’éviter les dérives, vous pourrez même définir des quotas pour chaque utilisateur.

Mais le truc vraiment chouette, c’est l’outil de traitement par lots intégré. Grâce à lui, vous allez avoir la possibilité de créer plusieurs comptes et plusieurs groupes sans vous prendre la tête, et sans avoir à les traiter individuellement. Cela n’a l’air de rien mais c’est très pratique lorsque le N2310 vient se placer au sein d’un petit réseau d’entreprise.

En revanche, plutôt que de créer plusieurs outils différents, je pense que Thecus aurait peut-être du regrouper toutes ces options au sein d’un seul et même module. C’est effectivement assez agaçant de devoir basculer de l’un à l’autre pour mettre la main sur ce dont on a besoin.

Serveur iTunes

Il marche excessivement bien. Vraiment, et il est en plus très simple à mettre en place.

Une fois encore, tout se passe par l’entremise de l’interface d’administration. En faisant apparaître le panneau regroupant tous les outils, et en descendant dans la liste, vous trouverez un module intitulé iTunes. Il faudra cliquer dessus pour afficher les paramètres du serveur. Là, et bien vous pourrez décider d’activer la fonction, mais aussi configurer le nom du serveur, indiquer un mot de passe et choisir un intervalle entre deux balayages. La routine, en somme.

Une fois que tout est prêt, et bien il ne vous restera plus qu’à transférer notre musique, et démarrer iTunes sur les postes clients. Là, dans la liste des bibliothèques, vous verrez apparaître votre serveur. Il suffira de le sélectionner et de saisir le mot de passe adéquat pour accéder à votre collection.

Plex

Sur le papier, le N2310 est censé être capable de faire tourner un serveur Plex sans sourciller.

Dans les faits, tout va évidemment dépendre de votre contenu, et de la qualité de votre réseau.

Si vous avez une belle collection de films en 1080p, et un réseau qui ne suit pas franchement derrière, alors vous ferez fatalement face à de vilaines latences au moment de lancer vos films et vos séries préférées. Ceci étant, il semblerait que les gars de Thecus soit sur le coup puisque la dernière version de Plex Media Server corrige pas mal de bugs touchant au lecteur.

Chez moi, en tout cas, elle a considérablement amélioré la situation, mais j’ai tout de même choisi de passer par mon iMac, le NAS faisant simplement office de serveur de stockage.

Serveur de téléchargement

Cela fait aussi partie des services nativement intégrés au NAS. Ce dernier intègre effectivement un client Bittorrent et il sera donc en mesure de télécharger n’importe quel fichier de ce type.

Et là, il faut l’écrire noir sur blanc, ça fonctionne aux petits oignons.

Tout ce que vous avez à faire, c’est de vous connecter à l’interface d’administration et de lancer le module nommé « Transmission-Kit ». Le NAS va ouvrir un nouvel onglet dans votre navigateur, avec la liste de toutes les options proposées. Libre à vous de les modifier comme bon vous semble. Si vous voulez accéder à vos téléchargements, alors vous devrez cliquer sur le lien figurant tout en haut.

Vous vous retrouverez alors face à une interface familière. Il ne vous restera plus qu’à charger vos torrents, et à laisser la magie opérer.

Apache + MySQL

A la base, le N2310 n’intègre pas de serveur Apache, et pas non plus de serveur MySQL.

Ceci étant, il suffit de faire un tour rapide sur la boutique d’applications de Thecus pour récupérer les outils, et pour les installer dans la foulée sur le NAS. La procédure est totalement transparente, mais il faudra ensuite aller bidouiller dans le httpd.conf pour gérer ses dossiers et ses alias. Ce qui risque de poser certains problèmes aux néophytes, et aux gens n’étant pas spécialement à l’aise avec ce genre de bidouilles.

La boutique de Thecus

Thecus, comme beaucoup de constructeur, a mis en place une boutique d’applications pour regrouper tous les utilitaires développés par ses soins, ou par les utilisateurs tiers. Grâce à elle, chacun a donc la possibilité de personnaliser très facilement son NAS et de lui ajouter ainsi des fonctionnalités à la volée.

En tout, la boutique indexe pas moins de 695 applications, mais ces dernières ne sont malheureusement pas compatibles avec tous les modèles. Après, il y a quand même de jolies pépites dans le lot. Grâce à ces dernières, il sera possible de monter rapidement un serveur Nagios, ou même d’installer un OwnCloud en quelques clics. Un client VPN est aussi de la partie, et il en va de même pour RoundCube ou encore pour Google Drive.

Bref, vous l’aurez compris, il y en a un peu pour tous les goûts et c’est franchement chouette.

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Conclusion

Voilà pour les grandes lignes. J’oublie sans doute un tas de choses, et je m’en excuse par avance. Si vous avez des questions ou s’il y a des points que vous voulez éclaircir, les commentaires sont de toute façon là pour ça.

Le moment est donc venu de vous livrer mon verdict. Et autant le dire clairement, il est plutôt bon. Certes, le N2310 n’est pas forcément parfait, mais il a un sacré atout dans sa manche : il est très bon marché, et il ne vous coûtera ainsi pas plus de 150€. Alors c’est vrai, derrière, il faudra acheter deux disques en plus, mais ça reste quand même très raisonnable compte tenu des nombreux services qu’il vous rendra.

D’autant qu’il ne se limitera pas au bête stockage de vos données. Comme on vient de le voir, il est extrêmement flexible et il pourra finalement vous servir à pas mal de choses.

Si vous voulez craquer et l’acheter, c’est par ici que ça se passe :