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Test du Energy Sistem Party 6 : le compagnon rêvé de vos soirées ?

Faire la fête à la maison, c’est bien, mais encore faut-il avoir quelque chose d’un peu plus puissant que la modeste chaîne Hifi de Papa Maman pour diffuser la playlist qui saura mettre tout le monde d’accord, et éviter que la soirée ne tourne au fiasco. On pourra alors choisir de louer du matériel chez un professionnel ou d’acheter soi-même de quoi régaler les oreilles des convives jusqu’au bout de la nuit. Dans un cas comme dans l’autre, l’addition peut assez vite devenir salée et c’est précisément ce que le constructeur espagnol Energy Sistem souhaite éviter avec un système 2.1 répondant au nom évocateur de Party 6.

Vendu au tarif recommandé de 269 euros, le dispositif se veut le compagnon idéal des fêtes d’anniversaires, des Bar Mitzvah, des soirées d’intégration et de toutes les autres opportunités que l’on aura faire monter le son, la température, et éventuellement le taux d’alcoolémie des invités.

Le Party 6 est-il à la hauteur de la tâche ? Malheureusement, pour nous la réponse est non. En dépit d’inattaquables qualités notamment sur le plan sonore, le système passe à deux doigts de son objectif. Itinéraire d’un produit que l’on aurait aimé pouvoir vous recommander…

Fiche Technique

Le Party 6 d’Energy Sistem profite d’une puissance de 240 Watts (du moins sur le papier, nous y reviendrons), d’un processeur audio numérique (DSP) de 16 bits/ 48 Khz, de 4 tweeters de 2 pouces et d’une paire de woofer de 6,5 pouces. Sur la fiche technique de son appareil, le constructeur mentionne la présence d’un boîtier en bois. D’après nos observations il n’agirait plutôt d’aggloméré, mais la démarche reste semblable.

On notera en outre la présence – sur le dessus de l’enceinte – d’une connectique axée sur deux ports USB (un premier pour y brancher une clé de 64Go maximum, un second dédié uniquement à la recharge d’un smartphone ou d’une tablette), une sortie casque, une entrée micro (toutes deux au format Jack 3,5mm).

Au dos du produit sont déployées une entrée Jack pour guitare électrique, une autre entrée micro (au format Jack 6,35mm cette fois), une prise pour antenne radio, ainsi que des entrées et sorties RCA pour connecter plusieurs Energy Party 6 les uns aux autres.

L’appareil est compatible Bluetooth 4.0 (10 mètres de portée), prend en charge la lecture de pistes au format MP3 et WAV et embarque également un égaliseur analogique 5 bandes.

Enfin, l’ensemble mesure 90 cm de haut, 29 cm de large et 28 cm de profondeur, pour un poids total de 10,9 kilos. Un micro main, une télécommande, une antenne radio et un câble audio Jack 3,5mm sont inclus dans l’emballage.

Design & Fonctions

Le design n’est clairement pas le point fort du Party 6. Massif, peu élégant et particulièrement voyant, l’appareil se pare en outre de LEDs RGB (disposées autour des woofers) qui lui donnent une dimension kitsch dont on se serait bien passé. On sent qu’Energy Sistem a cherché à conférer à son appareil un aspect festif, ce qui se conçoit entièrement compte tenu du positionnement du produit, mais il semble que la marque n’ait pas tellement pensé à rendre son enceinte suffisamment discrète pour être utilisée facilement lorsqu’on ne fait pas la nouba.

En l’état, le système pourra convenir à une chambre d’adolescent, éventuellement, mais il ne saurait rester installé dans un salon ou ailleurs. C’est fort dommage. L’appareil perd du coup en polyvalence du fait même de son apparence.

On notera par ailleurs la présence de nombreuses parties en plastique relativement disgracieuses. L’avant et le dessus de l’enceinte en sont ainsi totalement garnis et le constructeur a par ailleurs choisi d’installer des pièces protectrices sur certains coins de l’appareil… mais pas partout malheureusement. À l’arrière, aucun renfort ne vient ainsi protéger le bas du dispositif, et ce alors même que cette zone est l’une des plus exposées aux chocs. Surtout sur un appareil que l’on aura tendance à utiliser, puis à ranger dans un coin en attendant une prochaine occasion de le sortir.

On a donc à faire à un monolithe assez vilain, beaucoup moins solide qu’il en a l’air et dont le look ne conviendra vraiment pas à tous les usages.

Du côté des fonctions, l’appareil ne fait malheureusement pas beaucoup mieux. Energy Sistem a voulu en intégrer un maximum, tout en conservant un tarif abordable pour son produit. La marque a dû faire pas mal de compromis pour parvenir à cet équilibre. On se retrouve donc avec un constat mitigé de ce côté.

Concrètement, on a ainsi plus souvent l’impression d’avoir affaire à une sorte de jouet multifonction qu’à un appareil Hi-Fi sérieux. Cette impression est particulièrement présente lorsqu’on tente d’utiliser l’égaliseur analogique 5 bandes intégrées. Il semble que ce dernier soit surtout là pour donner à l’utilisateur l’occasion de faire mumuse avec les fréquences, sans pour autant s’avérer suffisamment précis pour effectuer de véritables réglages.

De la même façon, l’ajout d’une entrée pour guitare électrique est une fausse bonne idée. D’une part parce qu’on ne voit pas tellement le rapport entre l’appareil d’Energy Sistem et un ampli ; et d’autre part parce qu’il sera impossible de jouer convenablement sur le Party 6 (on a essayé et seule une note sur deux était prise en compte), la faute soit à une connectique de mauvaise qualité, soit à une quelconque défaillance électronique.

En termes d’accessoires, le micro fourni rattrape un peu le niveau. Sans être d’une grande qualité, ce dernier fonctionne assez bien et permettra éventuellement de donner de la voix sur ses tubes préférés et faire, pourquoi pas, des annonces en cours de soirée. À noter que la reverb peut être ajusté à la volée sur le Party 6, au même titre que le volume de sortie du micro, à l’aide de deux potards installés sur le dessus de l’appareil. Attention par contre, le micro est très sensible aux bruits parasites et s’avère de ce fait assez pénible à utiliser à plein volume.

Son

Il est grand temps d’aborder la question centrale du son. Et de ce point de vue, l’expérience délivrée par le Party 6 s’avère, là encore, mi-figue mi-raisin.

La qualité sonore en elle-même est l’un des seuls véritables points forts du produit. Sans être époustouflante, on obtient un rendu tout à fait honnête pour un appareil commercialisé très en dessous de la barre des 300 euros. Le son est rond, plutôt chaud avec des basses bien présentes. Les aigus, quant à eux, sont retransmis par les 4 petits tweeters de 2 pouces disposés entre les deux gros woofers de 6,5 pouces. Ils nous ont semblé plutôt subtils, mais trop en retrait par rapport aux graves. Enfin, les voix sont plutôt bien restituées sur le Party 6 grâce à des médiums qui paraissent correctement calibrés à l’écoute.

On constate toutefois que le produit est avant tout destiné à de la musique festive, les tubes électro ou disco auront ainsi fière allure sur la grosse enceinte du constructeur ibérique. Concrètement, tout ce qui pourrait passer en boîte de nuit aura sa place sur le Party 6, mais l’on ne peut pas en dire autant des autres styles musicaux.

L’appareil propose pourtant un égaliseur visant à améliorer le rendu sonore en fonction des grandes « familles » musicales, mais ce dernier ne parvient pas à faire de miracles. Musique classique, jazz et autres genres ne misant pas vraiment sur les basses à gogo auront ici un peu de mal à convaincre.

De toute manière, avec ses néons fluo dans tous les sens, le Party 6 ne pousse pas tellement à écouter autre chose que de la musique de discothèque et du Gloria Gaynor. D’ailleurs on était bien content de le trouver pour diffuser « I Will Survive » à fond les ballons un certain 15 juillet 2018… enfin, à fond les ballons tout est relatif.

Le constructeur annonce 240 Watts sur la fiche technique du produit. On s’attendait donc à ce que l’enceinte ait de la ressource, d’autant plus compte tenu de ses dimensions imposantes (et de son poids). Quelle ne fut pas notre surprise de constater qu’une fois branché et connecté à un smartphone, en Bluetooth, le Party 6 était finalement loin des prétentions de sa fiche technique en termes de puissance de sortie.

Entendons-nous bien, l’enceinte est puissante, mais l’on se demande clairement où sont passés les 240 Watts. En l’état on a plus l’impression d’avoir à faire à du 80 ou 100 Watts, et pour preuve, nous avons tout juste réussi à couvrir – avec ce fameux Party 6 – une enceinte Boom 2 de chez Ultimate Ears poussée à plein volume. Pour rappel, cette dernière fait la taille d’une bouteille de 50cl et son niveau sonore maximal culmine à 90 dbA.

Autant dire que l’enceinte d’Energy Sistem manquera clairement de puissance dans le cas d’une fête. Si vous prévoyez d’inviter plus de 4 personnes et que vous souhaitez avoir un volume suffisant pour couvrir les conversations et les rires de vos convives, le Party 6 aura du mal à assurer – d’autant plus en extérieur – et c’est justement là qu’il loupe sa vocation de meilleur compagnon des teufeurs.

On aurait clairement pu passer à l’appareil son look un peu tape-à-l’oeil, ses fonctionnalités dispensables, ou la qualité passable de ses accessoires, mais un manque de puissance sur un appareil dédié à faire la fête est, selon nous, totalement impardonnable.

Un point rapide, pour conclure, sur la connexion Bluetooth. Cette dernière s’avère assez capricieuse avec un temps de connexion souvent long, des plantages fréquents et une portée limitée à quelques mètres tout juste. On trouve une fente sur le dessus de l’enceinte. Elle est destinée à y accueillir les smartphones et tablettes connectées au dispositif, et du coup on comprend pourquoi.

DESIGN & ASSEMBLAGE6
FONCTIONS & ACCESSOIRES6
SON7
PRIX7
Le Party 6 d’Energy Sistem est un appareil que l’on ne saurait vous recommander. Son manque de puissance le fait passer à côté de sa vocation d’enceinte taillée pour les fêtes entre copains, et l’on voit mal comment l’appareil - de par son look et sa signature sonore - pourrait convenir à un autre usage. Le constructeur espagnol aurait probablement mieux fait de faire plus simple, d’éviter les fonctionnalités et accessoires superflus, pour nous proposer un appareil plus polyvalent, et donc plus convaincant.
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Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.