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Test : Nikon J1

Annoncés en septembre dernier, le Nikon J1 et le Nikon V1 ont beaucoup fait parler d’eux et ce n’est pas vraiment étonnant puisque ce sont les tous premiers hybrides de Nikon. Des hybrides qui sont arrivés bien après la concurrence et qui se sont donc retrouvés sur un marché plutôt encombré. Et justement, cela faisait pas mal de temps que j’avais envie de mettre les mains dessus alors je n’ai pas eu besoin de réfléchir très longtemps lorsque LDLC m’a proposé de les tester tous les deux. Yep et on va même commencer par le J1, tiens.

Test : Nikon J1

Présentation & packaging

On va commencer par essayer de présenter cette nouvelle gamme de Nikon en quelques mots. La série 1 a donc pour vocation de permettre à la marque de s’imposer sur le marché des appareils photo hybrides. Pour se faire, Nikon a mis au point une nouvelle monture et un nouveau capteur. Concernant la monture, il n’y a pas grand chose à en dire si ce n’est qu’elle n’intègre pas de motorisation. Tout est effectivement déporté sur les objectifs. Pour le capteur, il faut savoir que ce dernier est loin de faire l’unanimité auprès des photographes. Le CX, c’est son nom, offre effectivement une densité de pixels très inférieure à celle d’un compact (moins c’est, mieux c’est) mais tout de même supérieure à celle d’un Sony Nex-5N ou à celle d’un Lumix GF3.

Pour finir, il faut tout de même préciser que les Nikon 1 sont compatibles avec la monture F de Nikon, il suffit d’investir dans un adaptateur dédié et vous pourrez ainsi parfaitement monter vos anciens objectifs dessus. Forcément, si vous avez déjà un reflex Nikon et une batterie d’objectifs, vous risquez d’avoir de quoi vous amuser. Et si le coeur vous en dit, sachez qu’il est possible de trouver sur la Wikipédia un article complet dédié à la nouvelle gamme d’hybride de Nikon, avec toutes les références techniques qui vont bien.

En ce qui me concerne, le Nikon J1 qui m’a été prêté est celui vendu en kit avec deux objectifs : un Nikkor VR 10-30 mm f/3.5 et un Nikkor VR 30-110 mm f/3.8. Concernant la packaging, en plus du boitier et de ces deux objectifs, on va évidemment trouver la notice qui va bien, la batterie, la sangle pour frimer et tout le câblage. C’est plutôt complet et on appréciera également le fait que l’un des objectifs soit livré avec un pare soleil.

Pour le reste et pour connaître toutes les spécifications techniques du boitier, je vous invite à vous rendre directement sur le site de Nikon.

Atout(s) : compacitité du boitier, compatibilité avec monture F, package complet.

Faiblesse(s) : capteur un peu faiblard face à la concurrence (du moins en apparence).

Test : Nikon J1

Ergonomie & prise en main

Passons maintenant à l’ergonomie et à la prise en main. Pour les courbes générales du produit, on retrouve des lignes assez traditionnelles, voire même un peu rétro. Le boitier est de forme rectangulaire, légèrement arrondi sur les côtés et il lui manque finalement une chose cruciale : une poignée. Ce qui est d’autant plus regrettable que le J1 est tout de même assez lourd. Bon, il est loin du réflex, hein, mais son poids tourne tout de même autour de 400 grammes avec le premier objectif et autour de 450 grammes avec le second. Cela dit, si l’on excepte l’objectif, il propose tout de même des dimensions très compactes et c’est évidemment un atout. Ceci étant dit, avec un capteur aussi petit, on aurait sans doute été en droit de s’attendre à un encombrement encore plus réduit.

Et les commandes alors ? Sur le dessus du boitier, nous allons trouver trois boutons. Le premier permet d’allumer ou d’éteindre l’appareil, le second servira de déclencheur pour la photo et le troisième de déclencheur… pour la vidéo. Le Nikon J1, tout comme le Nikon V1, intègre effectivement deux déclencheurs et c’est assez perturbant. Durant mes tests, il m’est ainsi arrivé plusieurs fois de me tromper entre les deux. Question d’habitude, sans doute. Sur la gauche, on va trouver la trappe camouflant le flash intégré. En revanche, le boitier du J1 n’intègre malheureusement pas de griffe pour un flash externe ou pour un accessoire. Question évolutivité, c’est regrettable. Ensuite, sur la tranche droite, on va trouver une languette de plastique qui camoufle la connectique de l’appareil, soit un port mini USB et un port HDMI. En revanche, pas d’entrée audio et c’est bien dommage puisqu’on ne pourra pas connecter de micro externe. Les amateurs de vidéo risquent donc d’être très déçus. La trappe pour la batterie et pour la carte SD se trouve quant à elle sous l’appareil, à proximité du pas de vis dédié au trépied. Un emplacement pas vraiment idéal puisque si vous shootez sur un trépied et que vous souhaitez changer de carte SD, vous n’aurez d’autre choix que de tout démonter.

Finalement, c’est comme souvent derrière l’appareil que tout va se jouer. En dehors d’un écran de 3 pouces vraiment très lumineux (non inclinable malheureusement) et très agréable à utiliser, on va retrouver toutes les commandes avancées. Sur le haut, on trouvera ainsi trois boutons permettant d’activer le flash ou encore d’accéder à des fonctions supplémentaires. En dessous se trouve le sélecteur de mode. Un sélecteur de mode plutôt succinct puisqu’il ne comprend que quatre modes : vidéo, photo (automatique), sélecteur de photo optimisé et mode instant animé. On reviendra sur ces modes un peu plus tard mais il faut insister sur le fait qu’il est impossible d’accéder aux modes manuels en passant par cette roue, il faudra donc aller fouiner dans les options du menu pour trouver notre bonheur et c’est tout sauf pratique ! Plus bas, on va retrouver une roue codeuse qui est vraiment très agréable à utiliser et qui nous permettra également d’accéder à quelques options. En revanche, là encore, pour aller un peu plus loin et régler la sensibilité ou encore la balance des blancs, il faudra malheureusement passer par le menu de l’appareil.

Si ces derniers points ne manqueront pas de décevoir le photographe éclairé, ils risquent toutefois de rassurer le néophyte qui se sentira plutôt à l’aise avec ce boitier et qui n’aura pas forcément besoin de lire la notice en long, en large et en travers avant de commencer à shooter.

Atout(s) : compacitité du boitier, allure générale du produit, roue codeuse, accessibilité des commandes (pour le néophyte).

Faiblesse(s) : manque une poignée, emplacement de la trappe batterie / carte sd, pas d’entrée audio externe, pas de griffe, sélecteur de mode trop succinct, pas de prise directe sur les options les plus communes (ISO, balance des blancs, etc), écran non inclinable.

Test : Nikon J1

Performances & qualité d’image

Maintenant que les présentations sont faites, nous allons passer aux choses sérieuses et nous intéresser aux performances du Nikon J1. Première constatation et pas des moindres, ce dernier est vraiment très rapide et on peut même dire que le processeur double coeur embarqué – l’Expeed 3 – remplit parfaitement son office. En mode rafale et avec actualisation de l’autofocus, l’appareil monte à 5 images par seconde. En ne touchant pas à l’autofocus, on peut même monter beaucoup plus haut. Même chose pour l’autofocus qui est une réelle bonne surprise. J’ai rencontré quelques bugs avec certains plans, c’est vrai, mais il n’en reste pas moins performant. Par contre, si vous préférez la mise au point manuelle, sachez que cette dernière n’est pas vraiment très ergonomique.

Avec le capteur qu’il embarque, je m’attendais à ce que le Nikon J1 soit un peu poussif et je pensais même que j’allais être déçu par la qualité des clichés.  Même si ce dernier pèche un peu en haute sensibilité, il n’en reste pas moins très performant et il tient parfaitement la comparaison avec ce que propose la concurrence. Quelle que soit l’ambiance, il s’en sort très honorablement. Signalons également la présence du D-Lightning qui n’est pas configurable mais qui permet néanmoins de corriger la luminosité des prises de vue à la volée.

Et la vidéo alors ? Très clairement, c’est le gros point fort du Nikon J1. Capable de filmer en 1080p / 60i, l’appareil intègre également deux grilles en façade pour la prise de son en stéréo. En outre, Nikon a également intégré une fonction permettant d’enregistrer des vidéos au ralenti. Ce mode ne m’a franchement pas conquis, c’est vrai, mais il devrait intéresser tous les amateurs de vidéos sportives.

Atou(s) : rapide, très bon autofocus, de belles performances sur les prises de vue, très bonne qualité sur les enregistrements de vidéos.

Faiblesse(s) : mise au point manuelle peu ergonomique, mode ralenti anecdotique pour la vidéo.

Test : Nikon J1

Instant animé & sélecteur de photo optimisé

Il faut également parler des deux autres modes proposés par Nikon : le mode « instant animé » et le mode « sélecteur de photo optimisé ». Si le photographe averti n’éprouvera aucun plaisir à les utiliser, le grand public risque au contraire d’en user et d’en abuser. Et pour cause, puisqu’ils sont tout de même très pratiques. Le mode « instant animé », pour commencer, va tout simplement vous permettre de créer une animation avec une photo. Très concrètement, lors de la prise de vue, l’appareil va enregistrer une vidéo d’une seconde. Vous pourrez alors choisir la bande son de votre choix et créer ainsi une photo dynamique qui ne manquera pas de ravir la famille.

Le mode « sélecteur de photo optimisé » ne manque pas non plus d’intérêt. Le concept est assez simple, au moment où vous allez appuyer sur le déclencheur, l’appareil va capturer 20 images en rafale (ça ne dure qu’une seconde) et il va ensuite conserver les cinq meilleures en mettant en avant l’image qui, selon lui, fait vraiment la différence. L’utilisateur aura parfaitement le droit de changer de photo, évidemment, mais il faut avouer que les résultats du J1 sur le sujet sont assez étonnants et le bougre parvient ainsi très souvent à sélectionner la meilleure photo de toutes.

Test : Nikon J1

En conclusion

Nikon est victime de son propre succès. On le sait bien, les réflex de la firme sont très bien implantés sur le marché de la photographie professionnelle. Avec ceux de Canon, en effet. Dans ce contexte, lorsque le constructeur a lancé ses premiers hybrides, il a fait en sorte de ne pas se concurrencer lui-même et c’est ainsi qu’il a pris la décision de les destiner avant tout au grand public. Oh, bien sûr, ce n’est pas un choix officiel, aucun porte parole de Nikon n’a jamais tenu ces propos, mais c’est vraiment l’évidence qui s’est imposée à moi durant ces quelques semaines de test.

Qu’on se le dise, le Nikon J1 est un appareil créé, pensé et développé pour le grand public. Nous verrons d’ailleurs dans un autre article qu’il en va de même pour le V1. Et la plus belle preuve de cet état de fait, c’est sans doute l’absence de modes personnalisés sur la roue du même nom. Plutôt que de mettre en avant les réglages avancés de l’appareil, le constructeur a préféré les dissimuler aux yeux de l’utilisateur et mettre ainsi en avant deux modes gadgets qui n’apportent absolument rien au photographe éclairé ou professionnel.

C’est un choix assez étrange, c’est vrai, mais c’est aussi ce qui fait paradoxalement le charme du Nikon J1. Il faut bien l’avouer, ce dernier est très simple d’utilisation et il est parfaitement possible de faire de jolies choses sans pour autant connaître la photographie. Et au final, tout dépendra finalement de l’utilisation que vous comptez faire de votre hybride. Les professionnels auront peut-être tendance à le fuir mais les amateurs se laisseront sans doute charmer.

Pour finir, le prix de la bête. Vous le trouverez entre 519 € et 679 € chez LDLC (tout dépend de l’optique, évidemment). Et si vous voulez d’autres photos, n’hésitez pas à aller faire un tour du côté du Facebook ou du Google+ de la Fredzone. Et encore un grand merci à Gilles pour le prêt !

Atout(s) : compacitité du boitier, compatibilité avec monture F, package complet, allure générale du produit, roue codeuse, accessibilité des commandes (pour le néophyte), rapide, très bon autofocus, de belles performances sur les prises de vue, très bonne qualité sur les enregistrements de vidéos.

Faiblesse(s) : manque une poignée, emplacement de la trappe batterie / carte sd, pas d’entrée audio externe, pas de griffe, sélecteur de mode trop succinct, pas de prise directe sur les options les plus communes (ISO, balance des blancs, etc), mise au point manuelle peu ergonomique, mode ralenti anecdotique pour la vidéo.




Test : Nikon J1

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