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Text2PDF, pour convertir du texte en PDF ou comment pondre des services inutiles…

Faut bien l’avouer, le lundi, cela n’a jamais été mon truc. Reprendre le boulot après un chouette week-end, cela n’a rien de facile. Et du coup, je suis de très mauvais poil. Dans ce contexte, Text2PDF est bien tombé parce que j’avais vraiment envie de me défouler et de laisser éclater ma mauvaise humeur. Car en effet, comme service inutile et incomplet, on a rarement fait mieux.

Text2PDF : Ouah, trop ouaibe 2.0 la page d'accueil !

Parfois, le web 2.0 me fait bien rigoler. C’est sûr, l’avènement du haut débit et des nouvelles techniques de développement ont donné vie à un web plus interactif, plus humain, tendant davantage vers le collaboratif et le UGC (User Generated Content). On a vu fleurir plein d’applications vraiment chouettes, de celles qui nous rendent de sacrés services et qui parviennent à s’ancrer dans notre quotidien. Oui, mais le revers de la médaille, c’est qu’on se tape aussi un gros paquet de services complètement stupides, incomplets et totalement inutiles.

Vous l’aurez compris, Text2PDF fait partie de ceux-là.

Aujourd’hui, lorsque vous voulez convertir un texte en PDF, c’est très facile. Il suffit d’installer un logiciel qui va bien pour créer une chouette imprimante virtuelle qui vous permettra de convertir n’importe quel document au format d’Adobe. Simple comme bonjour, n’importe qui peut le faire, y compris le néophyte (pour peu qu’il se documente un minimum et qu’il sache se servir à la fois de sa souris et de ce qui se trouve entre ses deux oreilles).

Soulager nos machines et adapter cet outil au web n’est pas forcément une mauvaise chose.  Après tout, il arrive parfois que l’on soit pris de court, que l’on doive convertir rapidemment des documents, et il suffit que l’on se trouve sur une machine qui n’embarque pas ce genre d’outils pour qu’on soit très vite pris à la gorge. Donc non, je n’ai rien contre les services web 2.0 du genre, à condition qu’ils remplissent correctement leur boulot.

Text2PDF : un des documents que j'ai tenté de convertir...

Ce qui n’est évidemment pas le cas de Text2PDF.

Non car le gros problème de ce service, c’est qu’il ne prend pas en compte les différentes mises en forme que l’on peut appliquer à ses documents. Si vous mettez du texte en gras, il s’en foutra royalement. Même chose pour l’italique, pour les styles divers et variés ou encore pour du texte réparti sur plusieurs colonnes. Le bougre ne comprend rien, il n’interprête rien et se contentera de vous filer un document PDF moche, vide, simplifié à l’extrême et que vous ne pourrez par conséquent pas exploiter correctement.

Text2PDF : et le résultat que le service me renvoie...

Et forcément, cela m’agace quelque chose de bien.

Oui, parce que ce genre d’initiatives navrantes nous replonge tout droit dans les années 90 – 2000, lorsque la première bulle internet avait explosé. A l’époque, tout le monde pensait pouvoir faire du web. Il suffisait d’un nom, d’un éditeur HTML comme Dreamweaver et on partait voir ses investisseurs pour lever des fonds et lancer sa boîte. Très rapidemment, le marché s’est saturé et c’est là que nos emmerdes ont commencé.

Se planter une fois, ce n’est pas dramatique, cela arrive à tout le monde, mais nous sommes exactement en train de reproduire les mêmes erreurs. On choppe une vraie fausse bonne idée, on balance un peu d’AJAX dedans, on remue le tout avec quelques publicités adSense et on envoie ça sur le premier FTP qui passe, en prenant soin de trouver un nom qui ne veut rien dire pour se la jouer un peu plus.

Et c’est comme ça qu’on se ramasse avec une tonne de services estampillés web 2.0 et qui ne servent strictement à rien si ce n’est à bouffer la bande passante des blogueurs qui se doivent quand même de les tester avant d’en parler. Ou pas.

Alors évidemment, on peut penser que tous ces services de merde finiront par disparaître d’eux-mêmes. La sélection naturelle, c’est encore d’actualité, hein, mais nous ne vivons pas dans un monde imaginaire avec des fées et des lutins. Si c’était le cas, seuls les services minables disparaîtraient. Sans bruit, sans vague, sans foutre en l’air tout un marché, sans faire couler des entreprises innovantes et dotées d’un fort potentiel. Oui, dans ce monde imaginaire complètement virtuel, cela se passerait bien, on s’endormirait tous le sourire aux lèvres et la faim dans le monde n’existerait plus.

Sauf que voilà, nous ne vivons pas dans un monde imaginaire. Le web, même lui, appartient à la vraie vie. Et lorsqu’un marché commence à saturer, il faut s’attendre à un paquet de dommages collatéraux.

En bref, je n’aime pas Text2PDF.

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