Trappist-1 : un scientifique veut féconder les planètes du système

Trappist-1 fascine les astronomes et les astrobiologistes depuis plusieurs mois et l’un d’entre eux a justement présenté un projet ambitieux visant à féconder les planètes du système en envoyant des semences sur place.

Trappist-1 est un système planétaire situé dans la Voie lactée, à environ trente-neuf années-lumière de notre propre planète.

Espace

Découvert en 2015 grâce aux deux télescopes composant l’observatoire belge du même nom, le système se compose d’une étoile et de sept planètes placées dans son orbite. Il offre donc de nombreux points communs avec notre propre système.

Trappist-1, un système pas comme les autres

Trappist-1 a fait l’objet de plusieurs études par la suite et les astronomes en sont venus à la conclusion que le système pouvait héberger des planètes potentiellement habitables en raison de leur éloignement et de la taille de leur étoile. Bien sûr, cette théorie ne fait pas l’unanimité dans le milieu scientifique et plusieurs planétologues s’inquiètent ainsi des effets que pourrait avoir la naine rouge sur ces mêmes planètes.

Le SETI s’intéresse beaucoup au système lui aussi et l’institut a ainsi décidé de procéder à des écoutes prolongées du système afin de rechercher une éventuelle trace d’une civilisation extraterrestre.

Claudius Gros travaille pour sa part comme physicien à l’université Goethe de Francfort et il se passionne depuis longtemps pour la délicate question de la vie extraterrestre. L’année dernière, il avait même publié un essai portant sur un projet visant à féconder les mondes distants en envoyant des sondes habitées par des microbes à travers l’espace.

Pour lui, l’humanité ne doit effectivement pas attendre de découvrir une quelconque forme de vie extraterrestre et il est ainsi de son devoir de prendre une part active à l’ensemencement de l’univers.

Bien sûr, cet essai audacieux avait créé un certain remous dans la communauté scientifique. Plusieurs chercheurs avaient ainsi soulevé les problèmes éthiques induits par une telle démarche.

Envoyer des microbes sur d’autres mondes comporte en effet de nombreux risques et on peut légitimement se demander si l’humanité doit s’arroger le droit d’influencer le cours de la vie sur toute une planète.

De l’importance du freinage dans l’espace

Toutefois, ces hésitations n’ont pas entamé l’enthousiasme du chercheur et ce dernier vient ainsi de publier un nouvel article consacré cette fois aux voiles magnétiques.

Dans cet article, le scientifique rebondit en réalité un projet porté par Stephen Hawking et Iouri Milner : la Breakthrough Starshot Initiative. Pour la présenter en quelques mots, cette dernière vise à envoyer des milliers de sondes spatiales à travers l’espace vers les systèmes les plus proches de notre monde.

Il se focalise ainsi sur les voiles magnétiques, des voiles permettant d’assurer le freinage de ces fameuses sondes.

Si fabriquer des sondes capables de se déplacer suffisamment vite pour pouvoir atteindre des systèmes distants en un minimum de temps n’est pas facile, leur permettre de freiner leur allure une fois la destination atteinte l’est encore moins.

Dans ce contexte, le rôle de ces voiles magnétiques ne doit pas être pris à la légère, et encore moins dans le cadre du projet Genesis porté par ses soins. Si l’humanité doit réellement envoyer des microbes à travers l’espace pour féconder d’autres mondes, alors elle devra s’assurer de permettre à ces organismes de survivre au voyage et d’atteindre leur destination.

Un voyage long et difficile par ailleurs. Dans l’état actuel de nos connaissances, ces fameuses sondes mettraient en effet quelque chose comme douze mille ans pour atteindre Trappist-1.