Tringa, le premier bateau amphibie routier

Les véhicules amphibies ont toujours étonné du fait de leur polyvalence et de leur design souvent atypique. Ils ont connu une évolution constante depuis les premières ébauches mises au point au 15e siècle.

Mais la transformation des véhicules dotés de cette capacité « marine » a toujours été dans un unique sens, celui du véhicule routier vers celui du bateau.

Désormais, le concept va à contre-courant grâce au Tringa, le premier « vrai » bateau capable de circuler sur la route.

Du jamais vu entre mer et route

Daniel Guirec, 55 ans, ancien ingénieur habitant de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), vient d’inventer le Tringa, le premier bateau routier de plaisance. Après six ans de développement, la fabrication est lancée pour une livraison prévue en 2018.

Le bateau mesure 6 mètres 50 de long et conserve une coque classique dite « open ». Il dispose de trois roues rétractables dans des encastrements fermés et parfaitement étanches qui lui permettent de passer de la mer à la route en une minute, et ce de manière autonome, simplement à l’aide d’un bouton. Des phares sont logiquement intégrés à la coque.

« Plaisancier, je me suis rendu compte que l’accès à l’eau est une véritable difficulté selon les endroits. Ce bateau est une solution simple et immédiate. Il se conduit comme une voiture, en boite de vitesses automatique. Quand il est en mer, les roues sont rentrées et invisibles. C’est un bateau normal ! »

Sur la mer, il pourra embarquer six personnes à son bord et pourra atteindre les 30 noeuds. Des caractéristiques parfaites et habituelles pour ce genre de bateau. Sur la route, il pourra accueillir seulement quatre personnes, règles sécuritaires obligent. Sa vitesse sera de 16 kilomètres par heure. Une vitesse lente, mais suffisante pour parcourir quelques kilomètres pour rentrer sans avoir à s’encombrer d’une remorque.

Maman, on est suivi par un bateau !

Tout cela est le résultat d’un an de pré-études effectué par l’inventeur puis cinq ans d’études réglementaires et techniques pour parvenir à mettre au point l’embarcation. Car des modifications ont dû être apportées au projet au fil du temps pour rentrer dans les normes pour la circulation routière. Bien tombé, un décret entré en vigueur le 6 janvier 2017 autorise la circulation des véhicules amphibies de plaisance et de sauvetage sur la route.

L’inventeur a réussi à lever 700 000 euros de fonds pour lancer la construction du prototype. Et pour l’acquérir, il faudra débourser la somme de 90 000 euros et posséder (uniquement) le permis B pour pouvoir l’utiliser sur la route.

Et pour cela, il bénéficie d’un moteur essence de 27 chevaux relié à un réservoir commun route/navigation de 102 litres. Sur la mer, il est propulsé par un moteur de 150 chevaux, mais peut accueillir une puissance maximale de 175 chevaux.

Le modèle existera en quatre versions : pique-nique, bain de soleil, pêche, et sports nautiques. De quoi ajouter au choix une glacière, un bikini, des portes-cannes, ou des racks pour bouteilles de plongée et un ancrage pour palonnier de ski nautique.

Toutes ces options offrent (et prouvent) une diversité accrue à un modèle déjà très polyvalent de par sa conception unique au monde. Un concept abouti, très pratique, qui séduira les plaisanciers et qui se verra dès l’été prochain sur toutes les côtes du littoral français.

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