Uber a visiblement un problème avec la notion de viol

Uber a commis un nouvel impair. L’entreprise a en effet manœuvré pour obtenir l’accès au dossier médical d’une femme violée par un de ses chauffeurs en Inde en 2014. Le dossier en question aurait d’ailleurs circulé entre les mains de plusieurs membres de l’équipe exécutive de la société. Travis Kalanick en ferait partie.

L’affaire remonte en 2014. Shiv Kumar Yadav, le chauffeur impliqué, est passé prendre sa victime dans la capitale indienne. Cette dernière avait une vingtaine d’années à l’époque et elle rentrait d’un dîner avec des amis.

Uber Viol

L’homme ne l’a pas directement raccompagnée chez elle. Il a en effet arrêté sa voiture dans un quartier calme et il l’a ensuite violée avant de l’abandonner dans une rue près de chez elle.

Uber : une affaire qui remonte à 2014

L’affaire s’est rapidement retrouvée sur le devant de la scène et Uber a été accusé de ne pas avoir suffisamment vérifié les antécédents de son chauffeur. Ce dernier n’en était effectivement pas à son coup d’essai et il avait ainsi été mêlé à plusieurs autres affaires d’agressions par le passé, sans pour autant être condamné.

Face à la situation, les autorités ont momentanément suspendu les activités de l’entreprise dans la capitale indienne. Le violeur a été jugé dans le cadre d’une procédure accélérée pour sa part, une procédure mise en place après le viol en réunion d’une étudiante dans un bus à la fin de l’année 2012. L’homme a alors été condamné à la prison à perpétuité.

Amit Jain, le président d’Uber India avait d’ailleurs exprimé sa joie au travers d’un communiqué de presse : « L’agression sexuelle est un crime terrible et nous sommes heureux que [l’agresseur] ait été traduit en justice. La sécurité est une priorité pour Uber et nous avons apporté de nombreuses améliorations (…) à la suite des leçons que nous avons apprises de cette terrible affaire ». L’entreprise avait ensuite repris tranquillement son activité.

Toutefois, l’affaire ne se termine pas là. Plus tôt dans le mois, Recode et le New York Times ont en effet révélé des informations importantes au sujet de l’enquête et de la procédure judiciaire lancée en 2014.

Les dirigeants de l’entreprise sont accusés d’avoir accédé au dossier médical de la victime

Eric Alexander occupait le poste de président des affaires en Asie-Pacifique à l’époque et il faisait donc partie de l’équipe exécutive de l’entreprise. D’après de multiples sources, l’homme aurait manœuvré afin d’obtenir auprès des médecins chargés de l’examen de la victime une copie de son dossier médical et de toutes leurs observations.

Pour ne rien arranger, l’homme n’aurait pas conservé ces informations pour lui seul et il les aurait ainsi communiquées à plusieurs collègues et notamment à Emil Michael et à Travis Kalanick.

Pourquoi avoir cherché à obtenir ce dossier médical ? Toujours d’après ces fameuses sources, les dirigeants d’Uber souhaitaient simplement vérifier les déclarations de la victime. En réalité, ils pensaient que leur principal concurrent avait monté de toute pièce l’affaire afin de nuire à l’image de l’entreprise et l’empêcher ainsi de trouver ses marques sur le marché.

La victime du viol a été extrêmement choquée par les révélations de nos confrères, bien entendu, mais elle ne compte visiblement pas se laisser faire puisqu’elle a décidé d’entamer des poursuites.

Uber a pour sa part publié un communiqué de presse pour exprimer toute sa sympathie à la victime : « Personne ne devrait vivre une expérience aussi horrible et nous sommes vraiment désolés qu’elle ait dû revivre ces événements ces dernières semaines ».

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