Un centre de désintoxication en Algérie aide les accros du web à décrocher

C’est un centre d’addictologie bien particulier qui se trouve à Constantine, en Algérie. Depuis 2016, le CISA (Centre intermédiaire de soins en addictologie) est spécialisé dans la désintoxication des personnes accros à Internet. L’établissement propose des thérapies pour le sevrage de la dépendance au web. Les patients sont âgés entre 13 à 63 ans, tous accros à Internet, et souvent aux réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram.

Ces patients un peu particuliers du CISA suivent une thérapie de soutien moral qui les aide à surmonter les sensations de manque grâce à des exercices de relaxation. À cela s’ajoute une thérapie cognitive et comportementale pour traiter le déni. La désintoxication commence avec deux séances hebdomadaires de trois quarts d’heure, plus une séance de thérapie de groupe de plus d’une heure.

CISA

Ouvert cinq jours sur sept, le Cisa est le premier centre spécialisé dans la désintoxication pour les accros au web en Afrique. Par contre, il existe déjà deux établissements similaires en Corée du Sud et en Chine.

De l’aide pour les accros à Internet

« Internet c’est une toile qui vous engloutit quand vous n’êtes pas vigilant. » Tels sont les propos de Fayçal (pseudo), un radiologue de 48 ans qui est pensionnaire du CISA depuis fin 2016. L’homme, marié et père de deux enfants, avait décidé de suivre une thérapie quand il s’est rendu compte que son addiction au web a complètement ruiné sa vie familiale. « Ma femme a décidé de divorcer. Je devais choisir : ma famille ou Internet. »

Au CISA, les patients sont pris en main par plusieurs spécialistes. Ils font également la connaissance d’autres personnes vivants à peu près les mêmes problèmes et avec qui, ils peuvent échanger leurs expériences. Une véritable « bouée de sauvetage » selon les dires de Fayçal qui a beaucoup progressé dans son combat contre son addiction.

À noter qu’il faut environ six à huit mois de thérapie, voire même une année entière, pour pouvoir se sevrer entièrement et reprendre sa vie en main.

Une véritable « drogue des temps modernes »

Voilà comment Fayçal qualifie le web et les réseaux sociaux. « … j’allais au cybercafé de 16 h à 20 h, puis en rentrant à la maison, je m’enfermais dans la chambre face à l’écran jusqu’à 5 h du matin, » raconte-t-il. Il se souvient également que pendant cette période très noire de sa vie, il n’avait plus d’appétit, de vie sociale et encore moins l’envie d’aller travailler.

Tout ce qui comptait pour lui c’était se connecter sur Internet.

Un des principaux signes d’une addiction au web se traduit par 38 heures de connexion hebdomadaire, horaires professionnels non compris. Un autre symptôme se manifeste par des signes d’irritabilité quand il est impossible de se connecter, ce qui est un comportement similaire aux addictions à la drogue quand ils sont en manque.

La dépendance à Internet n’est pourtant pas considérée comme une maladie par l’OMS. Un fait que les médecins et thérapeutes du CISA déplorent beaucoup, regrettant d’ailleurs que cette forme d’addiction ne soit pas étudiée plus sérieusement.

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