Un groupe veut financer et exploiter la première flotte de ferries à hydrogène des Etat-Unis

La start-up Golden Gate Zero Emission Marine (GGZEM) a annoncé le mercredi 12 juin dernier son partenariat avec Switch Maritime.

Leur projet ? Construire une flotte de ferries fonctionnant à l’hydrogène et la mettre en service aux États-Unis. GGZEM a en effet reçu une somme de 3 millions de dollars de la part du California Air Resources Board (CARB) en novembre dernier pour construire un ferry de 70 pieds pouvant transporter 84 passagers et fonctionnant à l’hydrogène.

Le premier traversier à hydrogène, qui sera nommé le Water-Go-Round, est actuellement en cours de fabrication à Alameda, en Californie. Il sera utilisé pour transporter les passagers traversant la baie de San Francisco.

Sa première traversée en septembre de cette année débutera un test de trois mois pour collecter des données sur sa performance.

Switch Maritime sera l’entreprise qui s’occupera d’opérer le Water-Go-Round. Son objectif est principalement de décarboniser le transport maritime à travers les États-Unis.

Un petit bémol

La société GGZEM a été créée à partir d’un projet académique de Sandia Laboratories. Les chercheurs de ce laboratoire ont alors déclaré que les traversiers fonctionnant à l’hydrogène ont de nombreux avantages comparés à ceux marchant au gasoil.

Cependant, les scientifiques derrière le projet ont aussi indiqué que l’hydrogène utilisé actuellement est encore produit à partir d’un procédé conventionnel à base de méthane. L’hydrogène doit alors être stocké puis transporté par des véhicules fonctionnant au gasoil avant d’être utilisé. Cette situation fait qu’à long terme, l’émission de carbone des ferries à hydrogène sera la même que celle des ferries fonctionnant directement au gasoil.

Les points forts du nouveau système

Pour répondre à ce problème soulevé par les scientifiques, Joe Pratt, le PDG de GGZEM a indiqué qu’il y a d’autres avantages à l’utilisation de l’hydrogène qui ne sont pas liés à l’émission de carbone. Il a cité le fait que les ferries seront approvisionnés en carburant directement à partir d’un camion-citerne. La différence selon lui est que le ravitaillement en hydrogène ne présente aucun risque de pollution de l’eau.

D’autre part, Pace Ralli, le PDG de Switch Maritime a indiqué que le groupe prévoit également de travailler avec une compagnie dénommée Clean Marine Energy. Il s’agira de construire une infrastructure qui pourra approvisionner les futurs ferries d’une façon écologique. Le procédé utilisé dans ce cas sera principalement la synthèse de l’hydrogène par électrolyse de l’eau.

Les initiatives pour réduire le taux d’émission de carbone dans l’atmosphère commencent à se faire une place sur le marché. Ce projet de ferries à hydrogène en est un exemple et permettra peut-être d’ouvrir la voie aux gros transporteurs avec zéro émission de carbone.