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Un journaliste développe un chatbot pour discuter avec son père décédé

James Vlahos, journaliste du New York Times, a eu une idée étonnante pour donner une vie artificielle à son père, décédé des suites d’un cancer en février dernier.

Il a ainsi créé un chatbot, un programme de discussion « robot » basé sur des mots prononcés par son père.

Une sorte de Siri basée sur la communication d’une personne pour qu’elle perdure après la mort.

L’immortalité grâce à la technologie ?

Les technologies pour faire de nous des êtres immortels ou pour transférer notre conscience dans un robot sont des idées dignes de la science-fiction, et sont parfois mises en oeuvre à travers le cinéma. Mais nous sommes bien sûr très loin de pouvoir espérer parvenir à cela.

L’initiative de James Vlahos va cependant dans ce sens, et sa création donne une idée des possibilités technologiques qui sont à notre disposition pour éterniser la vie après la mort. À l’époque, les peintures étaient légion pour assurer la pérennité. Puis, les photos ont pris le relais, avant les vidéos qui offrent toujours plus de souvenirs visuels externes, en plus des souvenirs cérébraux intégrés au fil du temps.

Pour aller plus loin, James Vlahos, qui a pu se préparer à ce tragique événement, a eu un projet assez incroyable : développer un système qui lui permettrait d’échanger avec son père après sa mort. L’idée rappellera à certains la saison 2 de Black Mirror, dans laquelle le concept était extrêmement abouti avec un robot qui avait « aspiré » l’ensemble des données numériques d’un être humain.

Pendant des mois, le journaliste a passé des heures à enregistrer son père avec un dictaphone. Pour redonner une certaine forme de « vie » à ses paroles, il s’est tourné vers la plateforme Pullstring, conçue par les studios Pixar, pour créer son propre « Dadbot ».

Une initiative courageuse basée sur de multiples enregistrements

Un travail fastidieux qu’il a méticuleusement effectué en enregistrant des réponses susceptibles d’être données par son père. Il a ainsi recueilli 91 970 mots dans son dictaphone, ce qui représente une base précieuse pour les mettre en oeuvre, grâce aux connaissances et aux souvenirs de son fils.

Car le concept repose bien évidemment sur la connaissance parfaite de la personne enregistrée, pour connaître et anticiper les réponses données aux questions, les habitudes verbales, et les expressions. Cela amène logiquement à une subjectivité liée à l’image que le fils s’est faite de son père.

James Vlahos a testé son travail en décembre, auprès de sa mère et de son père affaibli, et les résultats sont plutôt concluants. Son père a compris que son histoire sera à nouveau racontée, notamment à ses petits-enfants. Et c’est bien là l’intérêt de cette programmation.

En effet, les petits-enfants auront l’impression de parler quasi réellement à leur grand-père, et se forgeront une autre image de celui-ci grâce à ce système novateur. Ils auront ainsi une image nouvelle de sa répartie, de sa voix, et de ses expressions.

L’idée peut paraître étrange, mais l’on ne peut que saluer l’aboutissement de cet énorme travail réalisé par James Vlahos. Peut-être que cela donnera des idées à d’autres personnes, ou bien cette méthode se démocratisera-t-elle pour permettre à chacun de conserver une mémoire 2.0 de ses proches ?

Mots-clés chatbot

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JB

Infirmier | Passionné par les nouvelles technologies et la photo