Un juge fédéral ordonne la formation des policiers à la surveillance des médias sociaux

Un département de police a admis en fin d’année dernière avoir créé une fausse page sur Facebook pour espionner les militants de Black Lives Matter. Ces partisans font campagne pour lutter contre les actes de violence à l’égard des Noirs. Le département de police a avoué qu’il a créé un compte avec le nom d’utilisateur « Bob Smith » pour se rapprocher et espionner les activistes.

Grâce à ce faux compte, des policiers ont envoyé des demandes d’amis à des membres du mouvement Black Lives Matter sur Facebook. Un juge fédéral a réprimandé cette pratique et l’a même qualifié de violation de l’accord conclu il y a 40 ans qui interdit aux polices de la ville de collecter des informations politiques sur les citoyens.

Le juge fédéral déclare également que cet espionnage est une grave atteinte aux droits à la liberté d’expression des militants.

Une réforme innovante

Après que cette surveillance effectuée par le département de police ait été découverte, les tribunaux ont mis en place une nouvelle réforme. Le juge fédéral Jon McCalla a ordonné aux policiers de Memphis, dans le Tennesse, d’être formés à la surveillance des médias sociaux.

Le juge a déclaré que Memphis « a la possibilité de devenir l’un des rares, si ce n’est le seul service de police métropolitain du pays, doté d’une politique robuste en matière de protection de la vie privée à l’ère numérique. » Il ajoute que « Le tribunal reconnaît qu’être un pionnier est généralement un lourd fardeau. »

La police a violé un accord judiciaire vieux de 40 ans

Par rapport à la surveillance illégale effectuée par le département, le juge du district américain a déterminé que cette pratique était une violation d’un accord judiciaire qui interdisait à la police de la ville de collecter des informations politiques sur des militants exerçant leur droit à liberté d’expression.

En outre, McCalla explique que c’était une chose que la police amende un suspect dans le cadre d’une enquête sur des narcotiques. Par contre, le magistrat souligne que c’en est une autre que des policiers utilisent Facebook comme outil de surveillance à grande échelle des manifestants légitimes.