Un pare-soleil spatial pour découvrir de nouvelles exoplanètes

L’Origami, le célèbre art japonais du pliage de papier, a inspiré un certain nombre de conceptions spatiales uniques. Il n’est donc pas étonnant que cet art ancestral continue de fasciner les ingénieurs de la NASA, car si l’origami peut sembler simple en apparence, il cache dans ses plis des formules mathématiques complexes.

Outre la beauté esthétique, l’origami répond à un problème persistant rencontré par les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory (JPL), basé à Pasadena aux États-Unis :

Starhade

Comment mettre le plus grand nombre de composants spatiaux dans le plus petit volume possible ?

Une « fleur géante » pour mieux observer les exoplanètes

Une réponse à cette question pourrait être trouvée grâce au projet Starshade, un immense pare-soleil spatial en forme de fleur d’iris pliable qui pourrait servir à bloquer la lumière des étoiles éloignées afin de mieux observer les exoplanètes lors de leurs transits. Il se déroulerait à un diamètre d’environ 34 mètres dans l’espace.

L’obstruction de la lumière d’une étoile améliorerait la capacité d’un télescope spatial à détecter les exoplanètes en orbite. Un futur projet qui permettra de tester Starshade en condition réelle est le télescope WFIRST (Wide Field Infrared Survey Telescope), qui emploiera un coronographe spécial pour photographier de grandes planètes gravitant autour d’autres étoiles. Mais en le combinant avec Starshade, WFIRST sera également en mesure de détecter de plus petites planètes.

Un moyen pour augmenter la performance des télescopes

« Quelque chose d’aussi grand que Starshade court plus de risque d’être frappé par de micrométéorites; or toute fissure pourrait laisser passer la lumière, ce qui obscurcirait la vision du télescope. Voilà pourquoi JPL a pensé à un engin pliable inspiré des origamis », a déclaré Manan Arya, un technologue travaillant sur Starshade.

« Nous utilisons plusieurs couches de matériel pour bloquer la lumière des étoiles, séparées par des espaces, de sorte que, si on se heurte, il y a de bonnes chances qu’il n’y ait pas d’altération de la ligne de vue », affirme Arya. « La clé était de développer des algorithmes qui permettent à Starshade de se plier en douceur, de manière contrôlable et à plusieurs reprises ».

D’autres applications de l’origami dans l’espace en vue…

Starshade n’en est qu’au stade de prototype, mais Arya souligne qu’on pourra voir l’origami de l’espace très prochainement. CubeSats est une autre application prometteuse de l’origami : ces satellites miniaturisés sont de la taille d’une mallette, et la NASA compte lancer plusieurs missions clés en utilisant ces engins modulaires dans les années à venir.