Un scientifique veut devenir un surhomme en modifiant son ADN

Josiah Zayner, biochimiste américain d’une trentaine d’années, a réussi l’exploit de modifier son propre ADN. Cet ancien employé de la NASA est parvenu à retirer une protéine qui empêche la croissance musculaire en utilisant la technologie du ciseau moléculaire « CrispR ». Le scientifique poursuit l’objectif de renforcer ses capacités physiques et devenir un surhomme.

Le jeune homme a présenté son projet lors d’une conférence à Mission Bay San Francisco. Il a même fait une démonstration en s’injectant « de l’ADN mélangé avec une polyéthylèneimine » dans le bras. Selon ses explications, la solution va transformer les gènes de ses muscles et les faire grossir.

ADN sédiments

Pour mener à bien son projet, Josiah Zayner a monté sa propre start-up The Odin en 2015. Il a également fait appel à des dons et il est parvenu à récolter 60 000 euros.

Modifier son ADN, un procédé à la portée de tous

Josiah Zayner affirme que tout le monde peut également le faire. Nul besoin d’être un grand scientifique pour « ne plus être esclave de sa génétique ». Pour preuve, The Odin propose des kits complets qui permettent d’éditer soi-même son ADN, depuis chez soi sans assistance médicale ou autre.

Pour ceux qui ne le savent pas, la méthode CrispR est une technique révolutionnaire qui consiste à associer une protéine spécifique appelée Cas9 avec une séquence d’ADN modifiée. L’ensemble permet de « couper » une partie précise d’un gène et le remplacer par un nouveau fragment.

Baptisée « ciseau moléculaire », la technologie a été développée en 2012 dans le but de guérir les maladies en remplaçant les morceaux d’ADN contaminés par de nouvelles pièces saines.

Bonne ou mauvaise idée ? Des scientifiques mettent en garde

Si Josiah Zayner soutient que la modification d’ADN devrait être à la portée de tous et non la chasse gardée des scientifiques et compagnies pharmaceutiques, ses confrères ne partagent pas son avis.

Des experts mettent en garde contre le risque de s’infecter et provoquer une réaction inflammatoire. Des avertissements soutenus par Dana Carroll, biochimiste et experte CRISPR à l’université de l’Utah, en indiquant qu’il est risqué de s’injecter de l’ADN modifié dans un environnement non stérile.

De son côté, Zayner a affirmé que les injections d’ADN réalisées sur lui-même n’ont pas affecté son organisme. Il a également admis que des résultats concrets ne s’étaient pas encore manifestés, mais cela ne devrait pas tarder. En attendant, la commercialisation des kits par son entreprise est au cœur de plusieurs polémiques notamment auprès de la FDA.

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