Un shooter en milieu scolaire fait polémique avant même son arrivée sur Steam

Développer un jeu ayant pour facette principale de tirer à tout va sur des lycéens est assez discutable d’un point de vue éthique. Le commercialiser quelques semaines après la succession de réelles fusillades ayant eu lieu au sein de campus et lycées américains relève tout autant de la faute de goût que d’un timing résolument bancal.

C’est pourtant ce qu’a prévu de faire Revived Games, en préparant l’arrivée sur Steam d’un titre répondant au nom d’Active Shooter. Il permettra d’incarner, au choix, un membre des brigades d’interventions américaines (SWAT), un étudiant terrorisé au travers d’un mode survie… ou le tireur fou lui-même. Le but sera alors de « massacrer autant de civils que possible » note la BBC à propos du titre, toujours en développement à l’heure où nous rédigeons ces lignes.

Active Shooter, un jeu de tir en milieu scolaire qui s’apprête à faire son entrée sur Steam, s’attire d’ores et déjà les foudres de certaines associations, notamment en Angleterre.

Attendu pour le 6 juin prochain sur la plateforme de téléchargement de Valve, Active Shooter fait – pour des raisons évidentes – face à une levée de bouclier provenant à la fois de certains joueurs et d’associations anti-armes. En tête de liste, la Charity Infer Trust. Une association britannique remontée comme jamais par le projet de Revived Games.

Peut-on vraiment jouer à (ou se jouer de) n’importe quoi ?

Bien évidemment ce genre de production relance une nouvelle fois un débat aussi vieux que le jeu vidéo lui-même : peut-on vraiment créer une oeuvre vidéoludique plaçant le joueur dans la peau d’un meurtrier notoire ? Voilà une question qui trouvera probablement des réponses différentes en fonctions des sensibilités de chacun, mais pour la Charity Infer il est évident qu’active Shooter n’a rien à faire sur Steam.

« C’est de très mauvais goût » indique un porte-parole de l’association avant de poursuivre « il y a eu 22 fusillades dans des écoles américaines depuis le début de l’année. C’est ignoble, qui peut penser que c’est une bonne idée de commercialiser quelque chose de violent comme ça, en étant insensible à la mort d’autant d’enfants ? Nous sommes consternés que ce jeu soit [sur le point] d’être commercialisé« .

De leur côté les développeurs du soft se défendent de vouloir créer des vocations de tueurs de masse chez les jeunes les plus fragiles psychologiquement, certes, mais semblent en difficulté lorsqu’il s’agit de plaider efficacement la cause de leur projet. Si le studio n’a pas donné suite aux demandes d’interview de la BBC, il explique mollement sur la page Steam d’Active Shooter : « S’il vous plait, ne prenez rien de tout cela au sérieux. Le jeu n’a pas pour but d’être autre chose qu’une simulation« .

Pas sûr que ces justifications suffisent à convaincre. On rappellera en outre que Revived Games avait fait parler de lui par le passé pour avoir développé des titres en usant de la méthode de l’asset-flipped. Il s’agit en deux mots de créer un jeu en réutilisant au maximum la structure et le moteur graphique de jeux third-party déjà existants. L’idée étant bien sûr de commercialiser un titre ayant nécessité le moins de temps de développement possible.