Un tribunal admet le lien entre l’usage du smartphone et le cancer

Le 11 avril 2017, le tribunal de l’Ivréa, en Italie, a prononcé un jugement assez controversé. La décision de justice a été proclamée en faveur d’un homme cancéreux de cinquante-sept ans. L’entreprise au sein de laquelle il travaillait l’obligeait à utiliser un téléphone portable entre trois à quatre heures par jour. Ce rythme a duré pendant quinze ans. Le tribunal italien reconnait ainsi le lien entre l’usage excessif du smartphone et le cancer.

Le jugement a été rendu public le 20 avril 2017. D’après le diagnostic médical, le patient est atteint d’une tumeur bénigne au cerveau, plus précisément d’un neurinome. D’après les affirmations, il aurait commencé à ressentir les symptômes de sa maladie en 2010. Concrètement, il aurait eu en permanence l’impression que ses oreilles étaient bouchées.

Justice Cancer Smartphone

D’après l’expert nommé par le juge, le préjudice corporel est évalué à 23 %. L’INAIL a été condamné à verser une indemnité à vie de cinq-cents euros par mois à la victime.

Le jugement est-il fondé ?

D’après la victime, « par chance, il ne s’agit que d’une tumeur bénigne, mais néanmoins invalidante. J’ai dû subir l’ablation du nerf acoustique et je suis sourd du côté droit. » La responsabilité a donc été attribuée à l’INAIL (Institut national d’assurance contre les accidents du Travail). Toutefois, le fondement du jugement est soumis à quelques controverses.

Jusqu’à aujourd’hui, aucune étude scientifique n’a encore pu prouver l’existence d’un lien entre le cancer et l’usage du portable. En 2011, l’OMS avait initié une étude sur le sujet en mobilisant une trentaine d’experts internationaux. La recherche était notamment axée sur l’utilisation intensive des téléphones mobiles. Toutefois, aucune conclusion définitive n’a été retenue, comme toutes les autres études menées sur le même propos.

Des résultats scientifiques divers et discordants

Ce n’est pas une première en Italie. En 2012, un cadre supérieur d’une entreprise a été diagnostiqué d’une tumeur. La Cour de cassation a reconnu que sa maladie était causée par l’usage intensif du téléphone portable. Aux États unis également, un jugement similaire a été rendu en faveur d’un bureaucrate.

Néanmoins, les résultats scientifiques concernant le lien téléphone-cancer sont variés et parfois discordants. De leur côté, les autorités sanitaires préfèrent opter pour la prudence. « Les expositions environnementales de la population générale et leurs variations temporelles devraient être mieux documentées, » soulignait l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) dans un rapport publié en 2013.

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