Une langue universelle pour pouvoir communiquer avec les extraterrestres ?

Los Angeles a accueilli un atelier organisé par le METI dans le cadre d’un événement intitulé « Language in the Cosmos ». Durant l’événement, des chercheurs et linguistes ont imaginé créer une langue humaine universelle pour faciliter la communication avec d’éventuels extraterrestres.

Le METI, ou Messaging to Extra-Terrestrial Intelligence, est plus ou moins né en 2015 suite à la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’avancement des sciences.

Espace

En discutant entre eux, Douglas Vakoch, David Grinspoon, Seth Shoshtak et David Brin en sont venus à la conclusion qu’il était indispensable de réfléchir à un message pouvant être facilement transmis aux éventuelles espèces extraterrestres intelligentes peuplant la galaxie.

Le METI a organisé un atelier linguistique à Los Angeles

Durant les années suivantes, le METI a mis en oeuvre plusieurs projets et l’organisation a ainsi envoyé plusieurs messages en direction de différentes étoiles comme Altair, Spica  ou encore Polaris.

Si de nombreux chercheurs soutiennent l’initiative, le METI est tout de même critiqué par une bonne partie de la classe scientifique. Beaucoup lui reprochent en effet de faire courir des risques inconsidérés à notre monde en lançant des messages à travers l’espace, des messages susceptibles de révéler la position de notre planète à un éventuel envahisseur.

Toutefois, ces critiques n’ont pas entamé l’enthousiasme des membres de l’organisation et ces derniers ont animé un atelier à Los Angeles la semaine dernière afin de revenir sur la problématique de la langue universelle.

Plusieurs intervenants étaient présents. Sheri Wells-Jensen a ainsi pris la parole pour revenir sur les problématiques liées aux messages envoyés à travers l’espace, des messages comme le Golden Record des sondes Voyager.

La problématique de la langue universelle

Durant son intervention, la chercheuse a ainsi démontré que ces messages étaient tous sujets à interprétation et qu’ils étaient donc susceptibles d’être mal compris par une éventuelle civilisation extraterrestre.

Douglas Vakosh est revenu pour sa part sur les premiers messages radio envoyés à travers l’espace, des messages longtemps encodés avec des principes logiques reposant sur les mathématiques et les sciences appliquées propres à notre propre monde. Il a notamment expliqué avoir été raillé par les membres du SETI lorsqu’il avait proposé d’envoyer des messages écrits ou enregistrés dans notre langue.

L’atelier a cependant beaucoup tourné autour des travaux et des écrits de Noam Chomsky, un linguiste extrêmement réputé.

Dans un essai, l’homme expliquait que les langues de notre planète partagent toutes une structure grammatical commune, une structure ne se limitant pas forcément à notre espèce.

En réalité, le linguiste était plutôt optimiste dans son article et il évoquait ainsi l’existence d’une sorte de grammaire universelle propre à toutes les espèces intelligentes de notre monde et de l’univers.

Si les extraterrestres existent, alors leur langue repose peut-être sur une structure grammaticale similaire à la nôtre

Chomsky est en effet un ardent défenseur de la théorie de la mutation mineure et il pense ainsi que l’acquisition du langage a été marquée par une opération baptisée « fusion », une conditionnée par une mutation mineure survenue il y a environ 80 000 ans.

Bibliobs avait d’ailleurs consacré un dossier complet sur le sujet l’année dernière.

D’après sa théorie, si une espèce extraterrestre a acquis un langage complexe, alors il est fort probable que l’opération se soit faite par le biais d’une mutation similaire à la nôtre. Dans ce cas, le plus grand obstacle ne serait pas de comprendre la grammaire de cette civilisation, mais plutôt le canal utilisé dans leur processus de communication.

Une problématique largement évoquée dans le film Premier Contact du monumental Denis Villeneuve.

Jeffrey Punske et Bridget Samuel, des chercheurs de la Southern Illinois University et de l’Université de Californie du Sud, en sont arrivés eux aussi à une conclusion similaire. De leur point de vue, les langues humaines ont des contraintes physiques et biologiques résultant de la physique. Puisque les mêmes lois s’appliquent partout, les langues extraterrestres devraient logiquement souffrir des mêmes contraintes que les nôtres.

Dans ce contexte, le meilleur moyen de communiquer avec une éventuelle civilisation extraterrestre serait peut-être de créer une nouvelle langue universelle suffisamment simple et claire pour être comprise par le plus grand nombre… et par d’hypothétiques aliens.