Une pétition demande à ce que le clitoris soit représenté dans les manuels scolaires

Une pétition réclame l’intégration du clitoris dans les manuels scolaires. Ces derniers jours, des affiches représentant l’organe féminin du plaisir apparaissent dans plusieurs grandes villes de France, collées par de très nombreux volontaires.

L’objectif est de lutter contre la méconnaissance généralisée du clitoris en l’insérant dans tous les livres de sciences dans l’enseignement.

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Crédits Pixabay

La campagne est menée par Julia Pietri, créatrice du compte Instagram « Gang du clito », Bouchera Azzouz, Ouarda Sadoudi, de l’association Féminisme populaire, et Axelle Jah Njiké, administratrice du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles. Les militantes considèrent leur acte comme une interpellation au gouvernement.

La demande coïncide avec toutes sortes de manifestations en relation avec la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, célébrée le 8 mars dernier.

« Ce n’est ni un bretzel, ni un extraterrestre, ni un fantôme »

Une publication de ces quatre jeunes femmes a paru dans le magazine Le Monde. Elle évoque le fait que, en France, « le corps de la femme n’est jamais, ou très rarement, représenté intégralement et correctement par les outils éducatifs à disposition des enseignants ». « It’s not a bretzel », « It’s not an alien » ou encore « It’s not a ghost », ont-elles clamé haut et fort.

Le clitoris est exclusivement dédié au plaisir sexuel. Il mesure près de dix centimètres. Pourtant, son absence est très remarquée dans les programmes scolaires. Parfois, sa représentation est tronquée. Il n’y a qu’un manuel des éditions Magnard sur huit qui en parle correctement.

Les autres se contentent d’un plan de coupe du vagin et de l’utérus avec une vue extérieure de la vulve.

L’idée selon laquelle le vagin est l’homologue féminin du pénis est erronée. En effet, le plaisir sexuel de la femme provient de l’excitation du clitoris. Selon un rapport sur l’éducation sexuelle remis par le « Haut Conseil à l’égalité », un quart des filles de quinze ans ignorent son existence et quatre-vingt-trois pour cent d’entre elles ne connaissent pas sa fonction érogène. Or, cinquante-trois pour cent d’entre elles connaissent bien le sexe masculin.

« Nous voulons que l’organe soit fidèlement représenté comme faisant partie intégrante de l’appareil génital. Un moyen de lutter contre les stéréotypes de genre, la culture du viol, et de mesurer la portée des mutilations dans la volonté de détruire le désir féminin », ont réclamé les militantes. « La connaissance permettra de sortir du schéma sexuel dans lequel les femmes sont en situation de passivité ou de simple réactivité. »

Contre l’analphabétisme sexuel

L’appel s’adresse directement à Marlène Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, et à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale. Pour les militantes, il est important de faire connaître l’anatomie et d’expliquer le rôle du clitoris aux jeunes.

Jusqu’à présent, plus de quarante-trois signatures ont été déposées sur la requête, y compris celles de nombreux personnages célèbres et d’associations féministes. La pétition est aussi lancée en ligne, sur la plateforme change.org.

« Nous devons lutter contre l’analphabétisme sexuel, c’est un enjeu d’égalité ! Le sexe de la femme n’est ni tabou ni honteux », ont déclaré les signataires.

 

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