Visite des bureaux de Google France

Google est sans aucun doute l’une des plus grosses firmes de ce monde. Une firme qui est d’ailleurs présente dans bien des pays, et notamment en France. Et si vous vous intéressez à l’histoire de la société, alors vous devez savoir que cette dernière a inauguré en 2011 de nouveaux locaux situé dans le neuvième arrondissement, non loin de la Gare Saint Lazare. Des locaux gigantesques, impressionnants et entièrement décorés aux couleurs de Google. Oui, et figurez-vous que votre humble serviteur a eu l’insigne honneur d’être invité à déjeuner dans les locaux de Google France hier midi. Une belle aventure, qui méritait bien un compte-rendu complet.

Un compte-rendu qui sera essentiellement textuel, finalement, car mon Sony NEX-7 était resté bien au chaud à la maison. Dans cet article, vous ne trouverez ainsi qu’une poignée de photographies prises avec mon iPhone 4S. C’est dommage mais sachez cependant que ce n’est que partie remise. La prochaine fois, vous aurez droit à plus de photos et à quelques vidéos, c’est promis.

Google France : "I'm feeling lucky"

Pour trouver les locaux de Google France, il vaut mieux avoir de la chance… et ouvrir l’oeil.

Pour la petite histoire et pour remettre les choses dans leur contexte, les bureaux de Google France ont longtemps été basés sur le boulevard de l’Opéra. Toutefois, ces derniers ne convenait plus aux ambitions du géant et c’est ainsi que ce dernier a investi en 2011 de nouveaux bureaux nettement plus spacieux et situés dans un hôtel particulier de 10.000 mètres carrés, hôtel situé au 8 rue de Londres et donc à quelques dizaines de mètres de la Gare Saint Lazare. Au total, ce projet aura nécessité un investissement de plus de 150 millions d’euros. Une somme impressionnante, certes, mais il est important de préciser que ce sont 500 personnes qui travaillent actuellement dans les locaux de Google France.

Google France : la ville dans la ville

De l’extérieur, rien ne laisse présager de la démesure de ces locaux. Notez d’ailleurs qu’il n’est aucunement fait mention de Google sur la devanture de l’hôtel. En réalité, le seul indice laissé par la firme, c’est une jolie plaque très colorée et portant une simple mention : « I’m feeling lucky ». Une plaque qui m’a d’ailleurs sauvé la vie puisque j’ai la fâcheuse tendance à me perdre très rapidement. Et sans elle, et bien je serais sans doute toujours en train d’arpenter fiévreusement la rue de Londres, agitant mon plan fait à la main aux passants.

Une fois la lourde porte en bois franchie, on se retrouve propulsé dans un sas donnant sur une magnifique baie vitrée, une baie à travers laquelle il est possible de distinguer la cours intérieure de l’hôtel. Là, derrière le comptoir, vous tombez nez-à-nez avec une charmante demoiselle qui vous invite à créer votre badge. L’accès aux locaux de Google France est sécurisé et chaque visiteur doit ainsi montrer patte blanche en indiquant son nom, la raison de sa visite et le nom de son Googler. La procédure prend quelques minutes à peine et on se retrouve donc très rapidement dans cette belle cours au style haussmannien.

Quelques mètres plus loin, une immense porte en verre donnant sur l’accueil de Google France. Le ton est donné, un gigantesque paillasson aux couleurs de Google nous met tout de suite dans l’ambiance, de même pour ce robot vert d’un mètre de haut. Un robot à la mine avenante, par ailleurs, et qui trouverait tout-à-fait sa place dans mon salon. Un tour par le comptoir est nécessaire afin de se présenter et pour que les standardistes soient à même de « pinger » notre Googler. Oui, vous avez bien lu, chez Google, on n’envoie pas de mail, on n’expédie pas de SMS, on ping carrément les gens. Comment ? Avec quoi ? Le mystère reste entier et tous mes efforts pour tenter d’en savoir plus se sont révélés vains.

Quelques minutes plus tard, Constantin fait son entrée, un sourire aux lèvres. L’accueil est cordial, chaleureux et il m’invite immédiatement à l’accompagner à la « cafétéria ». Je franchis le seuil de la porte sécurisée, lorgne du côté des sièges colorés et de la sculpture à l’effigie du logo de la marque et nous nous engouffrons dans un large couloir menant au réfectoire de l’entreprise. Un réfectoire immense, capable d’accueillir simultanément 500 personnes et dont les couleurs vives nous mettent tout-de-suite dans le bain.

Plus qu’une banale cafétéria, c’est carrément un restaurant qui a été construit dans les locaux de l’entreprise. Un restaurant, avec des chefs qui travaillent dans les cuisines toute la journée pour nourrir les Googlers et leurs invités. Ces derniers peuvent d’ailleurs faire le choix parmi une large gamme de produits, il leur suffit ainsi de se rendre au comptoir correspondant au type de mets dont ils ont envie. D’un côté, nous avons donc les grillades, de l’autre les accompagnements, un peu plus loin on trouve le fromage, les pâtisseries ou encore la saladerie qui nous permet de confectionner nous-mêmes notre salade. Tout ça avec les sauces, un placard réfrigéré contenant une dizaine de boissons différentes et même une machine pour faire des smoothies. De vrais smoothies.

Mais plus que les plats proposés, c’est sans nul doute l’énergie qui se dégage du lieu qui impressionne le plus. Car ce qu’il faut savoir, c’est que tous les Googlers se côtoient le plus naturellement du monde, sans aucune distinction. Peu importe que vous soyez simple technicien, communicant, ingénieur ou directeur, vous mangez tous à côté les uns des autres. Chez Google, ce qui prime, ce sont les échanges, les interactions et les émulsions qui en résultent.

Google France : Google, partout, même par terre

Il faut bien l’avouer, les locaux de Google France ne peuvent pas laisser indifférent.

Google France : ce n’est pas qu’une succursale

Durant le repas, Constantin m’explique le fonctionnement de la société. Google France n’est pas qu’une simple succursale. Les ingénieurs basés sur place travaillent effectivement main dans la main avec les ingénieurs des autres succursales, et donc avec les ingénieurs de Mountain View. Ensemble, ils élaborent des technologies que l’on retrouve ensuite sur tous les services et les produits de la firme, comme YouTube, Gmail ou même Android et Chrome OS. Tout n’est donc pas centralisé aux Etats-Unis.

Autre point intéressant, Google France applique un fonctionnement identique à celui de Mountain View. Tout est effectivement fait pour que les employés de la société travaillent dans les meilleures conditions possibles. Ces derniers peuvent ainsi accéder à une salle de sport situé au rez-de-chaussée du bâtiment, une salle de sport particulièrement bien achalandée et où ils pourront trouver des appareils de musculation ou même de cardio. Mieux, deux formateurs sont même présents sur place toute la journée afin d’accompagner les Googlers, et des cours sont également organisés à intervalles réguliers pour ceux qui le souhaitent.

Toujours dans la même optique, un coiffeur passe régulièrement dans les locaux de la société. C’est assez pratique, puisque les Googlers peuvent alors se concentrer sur leurs tâches, se réservant ainsi le week-end pour passer de bons moments entre amis ou en famille. Autre prestation intéressante, Google fait également appel à une masseuse et chaque employé peut ainsi se faire masser gratuitement une demie-heure chaque mois. Idéal pour se détendre après une journée de dur labeur.

Dans les étages, on trouve également de nombreuses salles axées sur le repos et la détente. Les Googlers ont ainsi accès à des cafetières, des viennoiseries, des fruits et même un stand de bonbons. Là encore, tout est gratuit, chacun n’a qu’à se servir. A côté, il y a des baby-foots et des consoles de salon pour ceux qui ont besoin de faire une pause entre deux projets. Parce qu’on travaille plus facilement dans le calme, Google France a également installé une « Silent Room », soit une pièce entièrement dédiée au silence. Une pièce dans laquelle il est interdit de parler, ou même de téléphoner.

Toutes ces pièces, j’ai eu l’occasion de les visiter en personne et il faut avouer qu’elles sont effectivement très agréables, et très bien décorées. Là encore, on retrouve l’identité visuelle de Google à chaque coin de couloir. Jusqu’aux portes donnant sur les toilettes, des portes qui arborent fièrement de brave petits robots. Certains penseront sans doute que c’est un peu « too much », mais sachez que cela vaut vraiment le détour.

Et puis, Constantin m’a également expliqué l’histoire du 20%. Vous ne connaissez peut-être pas ce terme mais il faut savoir que Google permet aux employés qui le souhaitent de se libérer une journée par semaine afin de travailler sur des projets connexes, des projets qui doivent évidemment avoir un lien avec la firme et qui peuvent parfaitement se monter en équipes si besoin est. Un système simple, certes, mais qui a donné vie à plusieurs outils et services particulièrement intéressants et novateurs, dont le désormais très célèbre Street View. Là encore, Google France applique exactement la même méthode que la maison mère et ce 20% est donc aussi disponible dans l’hexagone.

Google France : le Chromebook Pixel

Le Chromebook Pixel profite d’une esthétique soignée et de finitions particulièrement impressionnantes.

Google France : le Chromebook Pixel

Constantin m’avait réservé une petite surprise, soit un Chromebook Pixel flambant neuf et venu tout droit du Royaume-Uni. Une véritable aubaine, d’autant plus que j’ai eu l’occasion de m’amuser avec pendant quelques minutes.

Pour rappel et pour ceux qui n’ont pas forcément suivi l’affaire, le Chromebook Pixel a été annoncé par Google en début d’année. Il s’agit d’une machine haut de gamme tournant sous Chrome OS et produite par les soins de la firme. Une machine vraiment étonnante et qui n’a absolument rien à voir avec les autres Chromebook, tant au niveau de son design que de ses caractéristiques techniques. Sous le capot, on trouve ainsi un écran tactile de 12.85 pouces offrant une résolution de 2560×1700, un processeur Intel Core i5 cadencé à 1.8 Ghz, une carte graphique Intel HD Graphics 4000, 4 Go de mémoire vive en DDR3 et 32 Go d’espace de stockage au format SSD. Le tout avec des ports USB 2.0, un port mini Display Port, un lecteur de cartes SD, le WiFi 802.11 a/b/g/n et du Bluetooth 3.0.

Une belle machine, donc, qui impressionne en premier lieu par son esthétique léchée. Le Pixel arbore ainsi une belle coque en aluminium anodisée, une coque qui rappelle celle des MacBook Pro, mais en plus sombre. Le résultat est vraiment joli à regarder et les finitions sont parfaites. Un large touchpad, un clavier particulièrement agréable à utiliser, on se retrouve finalement avec une machine qui n’a absolument rien à envier aux portables d’Apple.

Et que dire de son écran ? Au début, on n’y prête pas vraiment attention mais il a suffit que Constantin lance la lecture d’une vidéo tournée en Full HD pour me faire littéralement fondre d’amour. C’est évidemment très difficile d’expliquer en quelques mots mes impressions, mais disons pour faire simple que le rendu est similaire à celui du MacBook Pro Retina. En gros, donc, c’est la claque assurée. Ceci étant, j’ai peut-être plus de doutes sur le côté tactile de l’écran. Certes, pour jouer à Angry Birds ou même pour se balader dans la galaxie en passant par 100.000 Stars, c’est très pratique, très fun, mais je ne suis pas certain que cela soit utile au quotidien.

Reste la question du prix. Car en effet, pour profiter du Chromebook Pixel, il faudra débourser pas moins de 1.299$. Toutefois, ce qui est très intéressant, c’est qu’il s’accompagne d’une offre spéciale sur Google Drive : 1 To offert pendant trois ans. Sachant que cette formule est habituellement facturée 49.99$ par mois, cela veut donc dire qu’on profite d’une remise de 1.799.64$. En gros, donc, si vous avez besoin de beaucoup d’espace sur Drive, alors il vaudra mieux acheter un Pixel et profiter ainsi de l’offre associée plutôt que de souscrire un abonnement sur le service.

Une belle surprise, donc. Après, le gros problème du Pixel, c’est qu’il n’est disponible qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Et donc en version QWERTY. C’est vraiment dommage et sachez que personne ne sait si le Pixel arrivera un jour en France, ou même dans le reste du monde. Le réel objectif de Google, c’est surtout de prouver qu’il est possible de faire du haut de gamme avec un Chromebook. La firme souhaite donc encourager ses partenaires – Samsung, Acer et plus récemment HP – à faire des efforts en ce sens.

Quoi qu’il en soit, j’en ai également profité pour faire remonter mes observations au sujet de Chrome OS. Le système m’a fortement impressionné lors de mon test du dernier Chromebook de Samsung, c’est un fait, mais je trouve que certains points mériteraient d’être améliorés :

  • La lecture de vidéos : Trop de codecs ne sont pas supportés. C’est très handicapant lorsqu’on consomme beaucoup de films et de séries.
  • Le bureau : Il manque un système similaire à Linux et OS X, et donc permettant de profiter de plusieurs bureaux virtuels placés les uns à côté des autres.
  • Les raccourcis personnalisés : J’aimerais beaucoup pouvoir créer des raccourcis personnalisés et les intégrer à la barre de lancement de Chrome OS, des raccourcis qui pointeraient directement vers les sites de mon choix.

J’oublie peut-être des choses mais je pense que ces petits ajouts pourraient être très profitables à la plateforme.

Google France : oh tiens, un robot

Les robots verts sont légion dans les locaux de Google France.

Et après ?

Il y a beaucoup d’autres choses à dire. Tenez, par exemple, saviez-vous que l’on trouve dans l’un des espaces dédiés aux ingénieurs une… Citroën 2CV ? Bizarre, non ? Certes, mais le mieux reste à venir car cette voiture sert en réalité… d’espace de visio-conférence. Si quelqu’un a un appel à passer, il lui suffit effectivement de rentrer dans la voiture et il se retrouvera alors face à un ordinateur qui lui permettra d’appeler son correspondant. Très amusant. Même chose pour les vitrines que l’on trouve dans les couloirs de la société, des vitrines qui abritent des câbles et des accessoires. Les Googlers n’ont alors qu’à passer leur badge pour se servir. Pratique, évidemment.

Et puis, il y a cette salle incroyable à laquelle Google n’a pas touché. Une salle magnifique, dans le plus pur style haussmannien et qui comporte de magnifiques boiseries d’époque. Une véritable pépite, donc.

Voilà pour le récit de mon aventure. Pour finir, et bien sachez que j’ai tout fait pour tenter d’obtenir des informations de la part de Constantin sur les prochains Motorola, sur Google Babel ou même sur Key Lime Pie, mais ce dernier est resté totalement imperturbable et il n’a absolument rien laissé transparaître. Je tiens d’ailleurs à le remercier pour cette sympathique visite.

Et si vous avez des questions, les commentaires sont là pour ça.

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