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Vivendi lâche définitivement la grappe d’Ubisoft

Après deux ans et demi de suspense et de combats, Ubisoft est enfin débarrassé de Vivendi. La holding française des médias et des télécoms, dirigée par Vincent Bolloré, vient en effet de relâcher son emprise sur l’éditeur de jeux vidéo en acceptant de revendre l’intégralité de ses actions – acquises de manière plus ou moins hostile au cours de ces dernières années.

Pour mener son projet à bien et s’implanter durablement dans le secteur du jeu vidéo en prenant le contrôle d’Ubisoft, Vivendi aurait dû passer par une offre publique de rachat (OPA), dont le montant aurait alors atteint le seuil prodigieux des 7 milliards de dollars. Un pactole que le groupe, propriétaire d’Universal Music et de Canal+, a finalement préféré garder bien au chaud.

C’est officiel, Vivendi revend toutes ses parts acquises au capital d’Ubisoft. Une excellente nouvelle pour l’éditeur français – et une défaite qui prend des airs de victoire pour la holding de Vincent Bolloré.

Avec ce désengagement de Vivendi, ce sont aussi les parts tenues par la holding qu’il faut redistribuer (27,27 % au total). De ce côté pas de problème, tout le monde y trouve son compte, et notamment Ubisoft qui s’est rapidement porté acquéreur à hauteur de 8,1 %. Le reste est partagé entre la Famille Guillemot (2,7 %), le fonds de pension Ontario Teachers (3,4 %), le chinois Tencent (5%), tandis que les 8 % toujours disponibles seront placés sur le marché par la banque d’affaires JPMorgan Chase.

Une retraite stratégique et non une défaite pour Vivendi

Ce qui sonne comme une victoire pour Ubisoft, n’est pas pour autant une débâcle pour Vivendi. Le groupe de Vincent Bolloré sort en effet grandi de cette délicate opération financière, qui commençait – avouons-le – à prendre des airs de roman-feuilleton. En augmentant son capital au sein d’Ubisoft, Vivendi a étonnamment contribué à faire grimper peu à peu l’action en bourse de l’éditeur.

Au final, c’est une confortable plus-value de 1,2 milliard d’euros que la holding peut à la fois empocher et porter à son crédit. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir toujours pour ambition de s’installer dans le secteur du jeu vidéo, décidément de plus en plus apprécié des boursicoteurs. Dans son dernier communiqué, le groupe rappelle avoir réussi à faire main basse en 2016 sur Gameloft (ex-filiale d’Ubisoft) et réitère « son intention de renforcer sa présence dans le secteur particulièrement dynamique des jeux vidéo ». 

Affaire à suivre…

Mots-clés ubisoftvivendi

Nathan

Breton (presque) pure souche, Nathan est un nerd mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R. Selon lui, en matière de musique, plus c'est vieux... mieux c'est.