Voilà pourquoi la maladie de Lyme ne peut pas être une arme biologique échappée d’une base militaire

D’après le professeur Sam Telford, la maladie de Lyme n’est pas une arme biologique qui s’est échappée d’une base militaire. En effet, selon une vieille théorie de complot qui s’est répandue aux États-Unis, ce mal serait le résultat d’un rejet accidentel, issu d’une expérience secrète.

Cette maladie dévastatrice se propage actuellement dans la nature. D’après une étude, trois cent mille Américains en seraient touchés.

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Dernièrement, le Congrès a donné du corps à cette théorie en évoquant une recherche qui a mal tourné. Selon les législateurs, les spirochètes de la maladie de Lyme auraient été trouvés pour la première fois dans les tiques de l’île Shelter, à New York, près de Plum Island. Cet endroit abrite un établissement isolé, utilisé comme laboratoire de recherche militaire jusqu’en 1954.

Telford est un expert en maladies infectieuses et en santé publique à la Tufts University. Il a fait plus de trente ans de recherches sur l’épidémiologie et l’écologie de la maladie de Lyme, afin de connaître les risques qu’elle représente.

La maladie de Lyme serait inefficace en tant qu’arme

La plupart des agents servant à la guerre biologique sont transmis par des tiques ou des moustiques. Ils peuvent également provenir d’autres arthropodes, comme le cas de la peste, la tularémie, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et l’encéphalite russe. Le taux de mortalité attribué à ces maladies est très élevé.

« La biodéfense était autrefois utilisée par les États-Unis et bien d’autres pays. Elle est capable de neutraliser rapidement les soldats ciblés. Cependant, les bactéries qui causent la maladie de Lyme ne peuvent pas agir ainsi », a expliqué Telford.

Il s’agit d’une maladie pseudo-grippale qui peut rendre très malade, mais qui n’est généralement pas mortel. Les cas non traités peuvent se compliquer et se transformer en arthrite ou en problèmes neurologiques. La période d’incubation dure environ une semaine. Cette maladie est donc inefficace si elle est utilisée comme arme biologique.

« J’ai effectué des recherches sur les spécimens de tiques et de souris conservés dans les musées si ceux-ci contenaient des preuves d’infection avant les premiers cas humains en 1970. Évidemment, les tiques prélevées à South Fork, à Long Island, en 1945 étaient infectées. Aussi, les souris de Cape Cod, prélevées en 1896, étaient également infectées », a-t-il raconté.

Ainsi, des décennies avant que la maladie ne soit identifiée, la Borrelia burgdorferi, le microbe qui en est responsable, vivait déjà dans la nature. De plus, il existe d’autres données qui montrent que le microbe responsable de la maladie ne nécessite pas une intervention humaine pour exister.

D’autres paramètres infirmant la théorie

Le premier cas de la maladie a été enregistré en Amérique, à Spooner, au Wisconsin, en 1970. Le patient avait déclaré n’avoir jamais quitté la région. Si le microbe provenait réellement d’un rejet accidentel depuis l’île Shelte, la bactérie n’aurait pas pu se retrouver dans un endroit si éloigné.

Lors de l’apparition de la maladie, les laboratoires à tiques dans le monde n’existaient presque plus. Le président Richard Nixon a interdit ce genre de recherche en 1969. Pourtant, la Borrelia burgdorferi n’a été manipulée qu’à partir de 1981. Ainsi, du point de vue chronologique, la théorie du rejet accidentel ne se tient pas.

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