Wasp-69b, l’exoplanète qui a une queue

Les astronomes ont découvert une exoplanète munie d’une queue, comme une comète.  Après avoir effectué des études, les scientifiques ont conclu qu’il s’agit d’« une queue de gaz ». Ce phénomène serait causé par le rayonnement ultraviolet de son étoile, poussant des particules d’hélium à quitter son champ gravitationnel.

L’objet céleste est situé à une centaine d’années-lumière du Soleil. « WASP-69b » est un satellite géant, comme Jupiter. Toutefois, sa masse ressemble à celle de Saturne.

WASP-69b

Crédits Gabriel Perez Diaz/IAC.

En principe, une planète doit être suffisamment massive pour jouir de sa propre gravité et, ensuite, acquérir la forme de globe. La comète, par contre, a un noyau minuscule. Il est constitué de morceaux de roches et de glaces. Leur longue queue de gaz et de poussière n’apparait que lorsqu’elle se trouve à proximité du soleil.

La principale auteure de l’étude, Lisa Nortmann, a déclaré que « c’est la première fois que nous pouvons réellement observer une queue d’hélium ». Apparemment, même les planètes peuvent avoir des queues, si les conditions sont propices.

Des mondes semblables à la Terre ou à Vénus ?

Les études ont été effectuées grâce à CARMENES, un spectrographe de trois mètres et demi, de l’observatoire Calar Alto à Almería, en Espagne.

Cet instrument a permis aux astronomes de déterminer la vitesse à laquelle les particules d’hélium s’échappent et de mesurer la longueur de la queue qu’ils produisent.

Les observations ont démontré que le rayonnement peut réduire les planètes géantes en des petits noyaux rocheux. Ainsi, dépouillés de leur enveloppe gazeuse, ces mondes seraient semblables à la Terre, ou à Vénus.

Notons que WASP69b n’est pas la première exoplanète connue pour avoir une queue. En 2014, les astronomes ont découvert « Gliese 436b » qui traîne derrière elle une queue composée d’hydrogène.

Vers la compréhension de l’évolution des exoplanètes

« C’est un grand pas pour comprendre l’évolution des exoplanètes dans le temps », a expliqué Enric Pallé, coauteur de l’étude. « Auparavant, les études sur les fuites atmosphériques étaient basées sur les observations des hydrogènes dans l’ultraviolet, un accès très limité. Désormais, les résultats montrent que l’hélium est un nouveau traceur très prometteur pour l’étude ».

Les scientifiques disposent actuellement d’un instrument relativement efficace pour étudier l’atmosphère des exoplanètes. Les spectrographes permettent de détecter et de localiser, avec une grande précision, la présence d’hélium à des centaines d’années-lumière.

« Depuis le sol, nous pouvons voir Mars à l’œil nu tout comme l’hélium qui s’en échappe, car l’instrumentation offre une résolution plus élevée », a ajouté Lisa Nortmann.