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Word passe à l’écriture inclusive

Microsoft Word, dans sa dernière mise à jour,  n’intègre pas encore le point milieu. Par contre, il propose une nouveauté inattendue : l’option de l’écriture inclusive. Il s’agit d’un courant de pensée amorcée il y a une vingtaine d’années. Faisant partie intégrante des débats publics contemporains, cette idée de naturalité a été longtemps défendue par les mouvements féministes.

L’option « langage inclusif » est désormais disponible dans les paramètres de grammaire et de style du logiciel de Microsoft. L’objectif de cette innovation serait notamment d’éviter au maximum les formulations sexistes ou pouvant exclure les minorités.

Word Inclusive

Par exemple, le terme « les experts » est remplacé par « les experts et les expertes ».

Principes du langage inclusif

Sur le site du groupe, il est expliqué que cette graphie « cible le langage genré à même d’exclure, de rejeter ou de stéréotyper ».

Le principe du langage inclusif implique que le féminin soit séparé par des points (ex : mes ami·e·s) dans les noms, pour plus de visibilité et de neutralité. Par ailleurs, les expressions susceptibles d’offenser, de discriminer, ou encore estimées comme radicalement sensibles sont déconseillées.

Les termes « indien » ou « noir », par exemple, sont donc signalés par le correcteur et remplacés par « amérindien » et « afro-américain ».  Il sera également recommandé à l’utilisateur d’écrire « les personnes malentendantes » au lieu de « sourds ».

Dans le même ordre d’idée, « un aveugle » deviendra « une personne à déficience visuelle ». Le mot épouse est également jugé discriminatoire et il sera alors conseillé de le remplacer par « conjointe » ou « partenaire ».

Idem du côté du terme « policiers » – ou « policemen » en anglais – qui deviendra « officiers de polices » ou « police officers ».

Redoublement de complexité

Néanmoins, l’Académie française n’approuve pas la nouvelle fonctionnalité. L’institution a affirmé sa position dans un communiqué du 26 octobre.

Elle a prévenu que cela pourrait rendre la langue française « désunie, disparate dans son expression ». Elle craint pour la francophonie en évoquant un « redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. »

L’option est pour l’instant réservée aux abonnés Office, pour lesquelles elle est activée par défaut. Toutefois, elle sera disponible dès 2018 pour ceux qui souhaiteront s’en servir. Le point médian sera également intégré sur les claviers pour l’année prochaine, selon l’Afnor (Association française de normalisation).

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  • KWAL01 kwal

    perso je suis contre pour au moins 2 raisons :

    – comme l’académie le dit : cela rend plus complexe. déjà que je suis loin d’être bon en orthographe (merci le correcteur), ce type d’écriture est une horreur.

    je n’ose imaginer les élèves dans leur apprentissage. sans compter les dyslexiques….

    – c’est contre productif. au lieu de faire évoluer les mentalités, c’est forcer le rythme.
    c’est également plus stigmatisant : cela laisse à penser aux jeunes que certain mots sont par nature péjoratifs, qu’il faut les bannir.

    c’est faux : ce sont les apriori et le rejet de l’autre qu’il faut bannir.

    les différences lié à la couleur de peau ou aux infirmités (ou au sexe) ne doivent pas impliqué un sentiment de supériorité ou d’infériorité.

    supprimer les mots ou les modifier c’est légitimé qu’ils puissent constituer des arguments en faveur d’une supériorité ou d’infériorité.

    c’est de la nov-langue ni plus ni moins !

     » Il sera également recommandé à l’utilisateur d’écrire « les personnes malentendantes » au lieu de « sourds ». »

    un sourd aimerait (peut être) être mal entendant. vu qu’il n’entend rien.

    parler d’un sourd (personne d’une autre couleur de peau que soi, d’un autre sexe, couleur de cheveux, origine sociale ou autre) n’empêche pas le respect auquel chaque être humain à le droit.

    mais je comprend que des personnes subissant (ayant subis) des rejets (je pèse mes mots…) désirerait que tout aille plus vite. (de plus je ne sais pas si ceux – ou celles même dans le cas spécifique ici présent – qui préconisent ce type de chose soient ceux qui soit le plus concerné -> un peu comme les politiques ;) )

  • thotho

    ça sent des lag sous Word …. pff mais penser à l’IT bon dieux !

  • tichodrome

    option clairement « débile » (mot que word souligne en pointillés en stigmatisant ce que ce terme a de politiquement incorrect!! c’est bête à pleurer). L’écriture cursive est une écriture qui, étymologiquement, court sur le support d’écriture. Avec ces points inclusifs, elle s’interrompt à tout bout de champ, ce qui est déjà condamnable. Ensuite, l’idéologie n’a rien à foutre dans notre façon d’écrire, qui obéit à des structures ancestrales inconscientes. Notre époque devient bien tragi-comique.